BORNES ÉLECTRIQUES

Le film d'animation est un genre de plus en plus populaire au cinéma. Étrangement, ce genre est boudé par les cinéastes québécois, peut-être en raison des coûts élevés de production et de la difficulté d'obtenir du financement canadien. Avec « La légende de Sarila », la réalisatrice Nancy Florence Savard prouve qu'il est possible de produire un long métrage d'animation 3D stéréoscopique bien de chez nous. L'initiative est louable, mais le résultat final est-il assez de qualité pour convaincre les cinéphiles du Québec d'aller voir ce film au cinéma?

Les Inuits au cœur de l'histoire
 
La légende de Sarila raconte l'histoire de trois Inuits. Il y a d'abord Markussi (Guillaume Perreault), un jeune homme qui a de la difficulté à gérer ses dons de chaman. Le deuxième est Poutulik (Maxime Le Flaguais), le fils du chef de village et meilleur ami de Markussi. La belle Apik (Mariloup Wolfe), promise de Poutulik, vient compléter ce joli trio. 
 
La bande se voit confier une mission des plus importantes. Elle doit, en effet, trouver Sarila, une terre qui, selon la légende, regorgerait de gibier et de petits fruits. Les jeunes doivent rapidement la trouver, car leur village est secoué par la famine. Le clan aurait offensé la déesse Sedna (Elisapie Isaac).
 
On s'en doute, leur quête ne sera pas de tout repos. Croolik (Mario St-Amand), le vieux chaman du village, qui sent que ses pouvoirs s'affaiblissent et qui a peur de perdre sa place, va tenter de leur bloquer la route par tous les moyens en invoquant les esprits du mal.
 
Un film pour toute la famille
 
À la base, les films d'animation sont censés s'adresser à un public jeune, mais bon, on envoie rarement ses enfants de 6 ans au cinéma tout seul. Les adultes doivent souvent les accompagner. Conscient de cela, les artisans parsèment leur long métrage d'éléments (souvent des blagues) que seuls les « grandes personnes » peuvent comprendre.
 
La légende de Sarila ne déroge pas à cette règle. Il y a quelques scènes loufoques, mais contrairement aux films de Pixar, ces dernières risquent de surtout faire rire les enfants. Je ne dis pas que les parents ne vont pas rire, mais disons qu'ils vont trouver ça un peu moins drôle que les plus jeunes.
 
La plupart des scènes comiques concernent les animaux, comme c'est souvent le cas dans ce genre de film. Dans cette production québécoise, c'est surtout Kimi, un petit lemming toujours sur ses gardes, qui joue le rôle du bouffon de service. Il est vraiment attachant!
 
L'action est également au rendez-vous. Quelques scènes époustouflantes viennent pimenter ce long métrage. J'ai toutefois trouvé que ce film manquait un peu d'intensité dramatique. On a un peu de la difficulté à s'identifier au trio. Il est vrai que les trois protagonistes jouent les rôles les plus importants du film, mais leur aventure est constamment coupée par les séquences racontant ce qui se passe au village. C'est comme s'il y avait deux intrigues à la fois. On n'est pas perdu (et les enfants ne risquent pas de l'être non plus), mais ça enlève un peu d'intensité à l'action.
 
Des animations de qualité
 
Pour une première tentative dans le domaine, La légende de Sarila se débrouille très bien. Les artisans ont pu trouver leur propre style sans avoir à copier les ténors du domaine. En termes de design, les personnages et les animaux sont assez « carrés » (ils me font penser à la série d'animation sur Star Wars). Personnellement, j'adore. Les décors sont un peu fades, mais il est difficile de rendre le Grand Nord attrayant.
 
Comme mentionné plus haut, le film utilise la 3D. Comme dans bien des films, elle n'est pas indispensable pour profiter de la projection. C'est davantage un accessoire, mais on aime bien le fait que les producteurs aient pensé à l'intégrer.
 
En parlant des producteurs, La légende de Sarila a été coproduite par Carpediem Film&TV, une entreprise de production qui travaille dur pour donner un second souffle au secteur de l'animation québécois. Espérons qu'ils vont y arriver et inspirer d'autres maisons de production.
 
Une musique accrocheuse et un bon jeu des acteurs
 
La musique ne joue pas un grand rôle dans le film. Malgré cela, sa chanson thème interprétée par Elisapie Isaac est très accrocheuse. En sortant du film, pendant que je me promenais sur la rue, je me suis surpris en train de la fredonner. J'avoue que ça ne m'arrive pas souvent.
 
La légende de Sarila a été capable de réunir beaucoup de comédiens de qualité pour le doublage. Outre ceux mentionnés plus haut, on retrouve Dorothée Berryman, Rémy Girard et Marina Orsini. La plupart des acteurs livrent une prestation sincère et de qualité.
 
Verdict
 
La légende de Sarila n'est pas un film parfait. Le scénario connaît quelques lacunes. On aurait, par exemple, apprécié plus de scènes d'humour. Ce long métrage d'animation québécois n'a pas pour autant à avoir honte en se comparant aux méga-productions américaines qui disposent d'un budget illimité. Les animations sont de qualité et le jeu des comédiens est très correct. Bref, c'est un très bon film à aller voir avec toute la famille pendant la relâche scolaire.
 
Cote : 3,5 étoiles sur 5 

La légende de Sarila prend l'affiche le 1er mars 2013. Consultez le site Internet officiel pour plus de détails. 

Merci à Entertainment One de nous avoir permis d'assister à la projection de la presse. 


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