BORNES ÉLECTRIQUES

Ariel Vromena a décidé de s'attaquer, dans son nouveau film « The Iceman », à l'histoire de Richard Kuklinski, un homme rendu tristement célèbre pour avoir mené, pendant plus de 20 ans, une double vie de tueur à gages et de père attentionné. Le film arrive en salles le 17 mai. Voici notre avis.

Le jour, un tueur à gages; le soir, un père de famille aimant
 
L'action débute dans les années 60. On nous présente un Richard Kuklinski (Michael Shannon) qui n'a pas encore commencé à commettre des meurtres pour les organisations criminelles. Il s'intéresse à la ravissante Deborah (Winona Ryder) qui va vite devenir sa femme et avec qui il aura deux filles.
 
Très vite, Roy DeMeo (Ray Liotta), un soldat de la famille Gambino, lui demande de commettre des meurtres pour lui en échange de beaucoup d'argent. Voulant ce qu'il y a de mieux pour sa famille, il accepte. On va ainsi suivre Kuklinski dans son « travail » pendant une vingtaine d'années, jusqu'à son arrestation dans les années 80. Ayant plus de 100 meurtres à son actif, sa famille ne connaîtra jamais son vrai visage.
 
Un homme des glaces très froid
 
Le moins que l'on puisse dire, c'est que, dans le rôle-titre, Michael Shannon est très convaincant. Il joue quelqu'un de froid, et même affreusement froid. Stoïque, il ne montre jamais d'émotions quand il exécute des meurtres. Pour le personnage qu'il incarne, ce n'est qu'un travail comme un autre. Il travaillerait dans une usine et il aurait le même caractère.
 
En fait, le seul moment où on peut discerner l'once d'une émotion dans son visage est lorsqu'il est avec sa femme et ses enfants. Pour lui, il n'y a rien de plus précieux et on le comprend assez vite. Une seule insulte adressée à sa femme est souvent synonyme de mort pour l'agresseur. 
 
Malheureusement, ces quelques scènes sont trop peu nombreuses pour que l'on puisse avoir de la sympathie pour cet homme. Dans les faits, il est bien rare que l'on ressente de la sympathie pour qui que ce soit dans ce film qui est, à l'instar de son protagoniste, plutôt froid.
 
En fait, ce récit nous montre bien des choses sans nous en apprendre véritablement sur l'être. Évidemment, Kuklinski nous paraît froid parce que son quotidien est rempli de cadavres, mais on aurait bien aimé comprendre d'où cela peut bien venir. Il est vrai qu'on nous parle un peu du contexte familial. Par exemple, la rencontre avec son frère Joseph (Stephen Dorff) est pour nous le moment d'en apprendre un peu plus sur son passé, mais il faut bien avouer qu'on a beaucoup de difficulté à comprendre ses motivations. 
 
Une belle distribution
 
Le film est doté d'un scénario bien ficelé présentant beaucoup de scènes violentes. Les meurtres perpétrés par Kuklinski ne font pas dans la dentelle. Par contre, beaucoup sont souvent trop impersonnels pour que l'on puisse bien comprendre le concept ou encore ressentir quelque chose pour la victime. En fait, il n'y a que la scène avec James Franco qui est mémorable. Même si l'acteur de Spring Breakers n'apparaît à l'écran que pendant un court moment, il réussit à insuffler un peu de chaleur dans la froideur de ce long métrage.
 
Vers la fin du film, Michael Shannon partage la vedette avec Chris Evans. La vedette du film Le cellulaire y interprète un tueur du nom de Robert « Mr. Softee » Pronge. Le comédien de 31 ans, que l'on a plus l'habitude de voir jouer les super-héros dans des grosses productions comme Les Quatre Fantastiques et Capitaine America : Le premier Vengeur est méconnaissable. Même s'il y incarne quelqu'un de beaucoup moins en vogue qu'à l'habitude, il s'en tire très bien et nous livre une interprétation somme toute à la hauteur des attentes.

Avant de conclure, j'aimerais dire que j'ai adoré le travail qui a été fait sur les décors, les costumes et les coiffures. Ils demeurent convaincants du début à la fin, et ce, même si on se promène à travers les années 60, 70 et 80. Bref, ils apportent une dose de crédibilité que l'on apprécie bien. 
 
Verdict
 
The Iceman n'est pas un mauvais film. Il réunit une solide distribution qui joue avec authenticité. Dans le rôle de Richard Kuklinski, Michael Shannon est plus que convaincant. Le scénario est également assez intéressant et on embarque rapidement dans l'histoire. Toutefois, il est souvent trop froid dans son approche, si bien qu'il est difficile de s'identifier à quiconque dans le film ou encore de comprendre les motivations profondes de ce meurtrier. 
 
Cote : 3 étoiles sur 5

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