BORNES ÉLECTRIQUES

Dans un couple, il peut arriver, dans certains cas, un moment où on a envie de tout laisser et de recommencer sa vie ailleurs ou encore de vivre ses rêves de jeunesse inassouvis. C'est là-dessus que s'est penché Anthony Marciano dans la nouvelle comédie française « Les gamins ». Voici notre avis sur cette production qui doit arriver en salles au Québec le 17 mai.

Refaire sa vie
 
Thomas (Max Boublil) fait de la musique, mais n'a jamais réussi à être assez connu pour gagner sa vie dignement. Après un spectacle qu'il a donné dans un mariage, il fait la rencontre de Lola (Mélanie Bernier). Les deux tourtereaux tombent presque immédiatement amoureux l'un de l'autre.
 
Tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que le jeune homme fasse la rencontre de ses beaux-parents, Suzane (Sandrine Kiberlain) et Gilbert (Alain Chabat). Ce dernier, qui a vendu récemment sa société, est en pleine crise de la cinquantaine. Il passe ses journées devant la télé et plus rien ne l'attire. Il croit avoir passé à côté de sa vie. Pour éviter à Thomas de faire les mêmes erreurs que lui, il lui suggère de ne pas épouser sa fille. Pis encore, il l'incite à tout plaquer et à le suivre dans ses folles aventures.
 
Un film à gags
 
Les gamins est avant tout un film à gags qui ne se prend vraiment pas au sérieux. En tant que tels, les gags sont majoritairement comiques. Certains font sourire et quelques-uns nous font rire. Une faible minorité est incompréhensible ou frise tout simplement le mauvais goût.
 
Je ne dis pas que les blagues sont mauvaises, mais disons qu'il est clair que certaines s'adressent clairement plus à un public français que québécois. Et c'est normal, Les gamins est avant tout un film pour la France.
 
Contrairement à de grosses comédies américaines, l'histoire est quand même crédible et n'est pas seulement un prétexte pour nous présenter de nouveaux gags. On traite (certes avec une dose d'humour) de sujets comme l'amour, les choix que l'on fait dans la vie et la famille.
 
Le fait que de gros efforts aient été mis sur le scénario nous permet de nous attacher un peu plus aux personnages et même, parfois, de nous identifier à eux. Certaines scènes sont même plutôt impressionnantes (même si elles ne sont pas les plus drôles), comme celles tournées à l'UNESCO, qui a demandé quelque 300 figurants.
 
Du point de vue de la direction artistique, on retiendra surtout les prestations de Max Boublil et Alain Chabat. Ce n'est pas le duo le plus comique de tous les temps (on préfère ici le duo Fabrice Luchini et Lambert Wilson dans Molière à bicyclette), mais ils s'en sortent quand même très bien.
 
Très musical
 
Par son approche et son scénario, le long métrage d'Anthony Marciano est une œuvre très musicale. Il faut dire qu'une partie du récit se déroule dans le monde du disque français. On découvre des producteurs avides de succès facile, des vedettes prêtes à vendre leur âme pour un peu de fric et des jeunes vedettes vraiment détestables.
 
Tout cet univers est assez crédible, même si certains personnages frôlent la caricature. Mais on ne va pas trop dans l'excès ni dans la grossièreté.
 
La bande sonore joue un rôle capital. Presque dans chaque scène, on peut entendre de la musique. Heureusement, les pièces choisies collent bien à l'action, notamment la pièce Forever Young. On a droit également à quelques compositions originales de Max Boublil et Anthony Marciano, qui sont franchement pas mal du tout.
 
Verdict
 
Les gamins est une comédie à gags plutôt divertissante qui s'adresse avant tout à un public un peu plus vieux. Ce ne sont pas toutes les blagues qui font rire aux éclats, mais heureusement, quelques-unes sont assez drôles pour sauver la mise.
 
Cote : 3 étoiles sur 5    

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