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« Esclave pendant douze ans » : L’histoire vraie d’un homme qui a vécu en esclavage pendant 12 ans

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01/11/2013, par Philippe Michaud, dans Divertissement - Cinéma

L’esclavage est une chose horrible et fait malheureusement tristement partie de notre histoire. Steve McQueen a voulu traiter de ce sujet difficile dans son nouveau film « Esclave pendant douze ans » (version française de « 12 Years a Slave »).

D’homme libre à esclave

En 1841, Solomon Nothup (Chiwetel Ejiofor) est un homme noir libre qui vit avec sa femme et ses deux enfants à Saratoga dans l’État de New York. Il gagne sa vie en jouant du violon. Un jour, il se fait offrir par deux hommes de partir en tournée, laquelle promet d’être payante. Après une nuit passée avec les deux hommes, il se réveille dans une espèce de prison. Il est enchaîné au sol et ne peut se sauver.

Il apprend rapidement qu’il a été kidnappé pour devenir un esclave. Il est vendu à un propriétaire d’une plantation, William Ford (Benedict Cumberbatch). L’homme le traite relativement bien compte tenu de la situation. Par la suite, il est vendu à un autre homme, Edwin Epps (Michael Fassbender), et c’est là que les choses se compliquent réellement.

Il est violent et cruel, et n’hésite pas à fouetter ses esclaves dès que l’envie lui passe par la tête. Solomon Nothup va un beau jour rencontrer un charpentier canadien (Brad Pitt) qui va changer sa vie à jamais. Mais il aura passé tout de même 12 ans en tant qu’esclave.

Dur et cruel

12 Years a Slave est un film dur à regarder. On ne s’en étonne pas. Il est difficile de faire des blagues avec l’esclavage. Mais même s’il traite d’un sujet pénible, le long métrage de Steve McQueen comporte toujours une dose cachée de lumière, d’espoir. Elle est difficilement perceptible, mais on sait qu’elle est toujours là.

Évidemment, le personnage principal va beaucoup souffrir. Et quand on sait que c’est basé sur une histoire vraie, les scènes de violence nous atteignent encore plus. 12 Years a Slave comporte, par exemple, plusieurs séquences de torture et de mutilation.

Mais attention! Ce long métrage ne fait pas dans la violence gratuite. Contrairement à des films comme Machete Tue, vous ne verrez pas de décapitations sanglantes ou encore des membres se faire arracher.

Il reste que les scènes de violence sont parmi les plus difficiles à regarder que j'ai vues cette année. L’emploi de plans-séquences (superbement réalisés, soit dit en passant) est courant et apporte un « vérisme » étonnant (et dérangeant) à ces séquences.

En d’autres mots, on a rarement vu autant de souffrance au grand écran. La scène la plus mémorable est sans aucun doute quand le maître de Solomon lui demande de fouetter l’une de ses amies esclaves. C’est franchement perturbant.

Une distribution solide

Dans le rôle du propriétaire de la plantation machiavélique, Michael Fassbender est incroyable. J’ai rarement vu l’acteur de 36 ans aussi colérique et « hors de contrôle ». Il joue à la perfection quelqu’un qu’on ne peut faire autrement que de détester. Il brille dans le rôle du parfait salaud.

Il serait cependant injuste de ne pas parler de la performance tout en nuances de Chiwetel Ejiofor. Il offre une performance parmi les plus émouvantes des derniers mois. Rarement on a vu quelqu’un souffrir autant, mais en même temps, faire preuve d’une aussi grande résilience.

Verdict

12 Years a Slave n’est pas la première tentative visant à nous montrer la dureté du monde de l’esclavage. Cependant, peu de films avant lui nous ont fait voir la cruauté humaine avec autant de vérité.

Cote : 4 étoiles sur 5

Source image : 20th Century Fox

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À propos de l'auteur

Philippe Michaud
Philippe Michaud

Même si ma spécialisation est d’abord la techno (j’ai écrit pour nombre de médias, dont Québec Micro, Branchez-Vous, Game-Focus, le blogue de Best Buy, et MSN), je m’intéresse depuis ma plus tendre enfance au cinéma. Lorsque j’étais encore enfant, ma mère m’a offert une caméra pour Noël. La fin de semaine (et tout l’été) avec mes amis, je m’amusais à faire des courts métrages calqués sur mes films d’action préférés. À l’adolescence, j’ai eu une autre caméra et j’ai continué à faire des films, à mesure que j’améliorais mes techniques. Au cégep, je me suis beaucoup impliqué dans le milieu des films étudiants où j’ai joué dans quelques courts métrages, en plus d’occuper divers postes. À l’université, même si j’avais moins le temps, j’essayais de voir beaucoup de films (de toutes les époques et de tous les styles). 


On dit souvent que la bande dessinée se rapproche du 7e art. Comme le cinéma, j’ai été attiré très tôt. Quand j’allais au primaire, on m’avait offert un exemplaire de Tintin. Ça a été le coup de foudre. Depuis, ce temps, le monde du 9e art fait partie de ma vie.