Assez régulièrement, nous avons droit à des films permettant au protagoniste de voyager dans le temps. Cette fois-ci, c’est le Britannique Richard Curtis qui nous propose sa vision des choses dans « À travers le temps » (version française de « About Time »).

Un don unique

Le lendemain du jour de l’An, Tim (Domhnall Gleeson), un jeune homme de 21 ans, découvre qu’il peut voyager dans le temps. Son père (Bill Nighy) lui apprend en effet que les hommes de sa famille ont toujours eu cette drôle d’habileté. Cependant, ils ne peuvent pas modifier tout et n'importe quoi. Il leur est, par exemple, impossible de remonter dans le temps pour tuer Hitler.

Un beau jour, il fait la rencontre de Mary (Rachel McAdams) dans un restaurant où l’on mange complètement dans le noir. Après la soirée, confiant, il lui demande son numéro de téléphone, et elle accepte. De retour chez lui, il réalise qu’il doit remonter dans le temps pour changer un autre événement. Par contre, cela a comme conséquence qu’il n’a jamais rencontré Mary. Il va devoir trouver une autre façon de la rencontrer. Comme quoi, il n’est jamais aisé de faire des allers-retours dans son passé.

Tout n’est pas sans conséquence

À travers le temps met beaucoup d’emphase sur la relation amoureuse de Tim et Mary, ce qui devrait plaire davantage à un public féminin. Mais de l’autre côté, Richard Curtis (qui signe également le scénario) est allé plus loin et a voulu explorer les conséquences que pourrait avoir le voyage dans le temps sur nos relations avec nos enfants, mais également avec nos parents.

Car Tim va vite réaliser qu’il ne peut pas changer le passé à sa guise. Plusieurs de ses actions peuvent avoir des conséquences directes sur sa progéniture qu'il aura avec Mary et sur les gens qu’il aime. À quelques reprises, il va d’ailleurs être confronté à des choix difficiles. Améliorer le sort de ses proches ne sera jamais sans conséquence.

À travers le temps n’est pas non plus un drame. Il s’agit plutôt d’une comédie saupoudrée d’éléments dramatiques et fantastiques. Les blagues ne sont pas toutes drôles, mais certaines sont particulièrement efficaces. L’humour est tout de même un peu plus recherché que dans beaucoup de films américains.

Pendant 2 h 03, on assiste donc à une certaine évolution de Tim en ce qui a trait à son don. Si, au début, il va s’en servir un peu n’importe comment (surtout pour recommencer certains moments de son existence afin de créer le moment parfait), il va rapidement apprendre à l’utiliser avec parcimonie et intelligence.

Trop gentil?

Comme personnage principal, Domhnall Gleeson (qui interprétait Bill Weasley dans Harry Potter) est attachant, peut-être un peu trop même. Certains le trouveront probablement « trop gentil ». Il reste qu’il maîtrise bien son rôle. Il forme un couple assez crédible avec Rachel McAdams. Moins visible à l’écran, cette dernière offre quand même une bonne prestation.

En revanche, certains personnages secondaires nous apparaissent un peu trop caricaturaux. Heureusement, ceux-ci n’ont qu’un tout petit rôle.

Évidemment, on pourrait reprocher au long métrage d’être incohérent dans la manière qu’il présente le voyage dans le temps. Je ne l’ai pas encore dit, mais le héros n’a qu’à se trouver dans une pièce et à serrer les mains pour être transporté à l’endroit qu’il désire. C’est bien sûr tiré par les cheveux, mais personnellement, ça ne m’a pas trop choqué. D’ailleurs, en tant que tel, peu de gens peuvent se vanter d’avoir l’habileté à faire des voyages dans le temps…

Verdict

Avec À travers le temps, Richard Curtis a réussi à donner un visage beaucoup plus personnel aux voyages dans le temps, et ce, en tombant rarement dans la redondance.

Cote : 3 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Universal Pictures (Images)

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