BORNES ÉLECTRIQUES

Pascale Ferland, surtout connue dans le monde du documentaire, a décidé de s’attaquer à la fiction et signe, avec « Ressac », son premier long métrage du genre. Est-ce que cette incursion était une bonne chose?

La mort frappe

Chloé (Clémence Dufresne-Deslières) est une adolescente qui doit terminer son secondaire dans à peine quelques mois. Elle habite avec sa mère Gemma (Nico Lagarde) et sa grand-mère Dorine (Muriel Dutiel). Étant donné que le travail se fait rare dans leur région, son père a décidé de partir momentanément dans la grande ville pour travailler.

Alors que Chloé s'habitue tranquillement à vivre sans son père, elle apprend que celui-ci est mort d’un « accident ». Ce triste événement suscitera en elle de l’incompréhension, mais également de la tristesse et de la colère. Mais comme on dit, la vie continue…

À la recherche de son identité

À l’instar du personnage principal, le cinéphile est projeté dans une véritable quête identitaire. Tout le long du film, les endroits non identifiés, les personnages sans nom et les situations présentées sans introduction vont l’amener à se questionner.

Ressac n’apporte pas de réponses et le spectateur en ressort avec encore plus de questions en tête. Il est vrai qu’on dit souvent que c’est cela le but du cinéma – nous faire réfléchir – et on peut dire qu’ici, le film de Pascale Ferland atteint son objectif à 100 %. Cependant, le spectateur reste parfois un peu trop sur sa faim et cherche un fil conducteur qu'il ne trouvera vraisemblablement jamais complètement.

Précisons quand même que Ressac n’est pas un ovni dans le sens péjoratif du terme. Lorsque le générique apparaît, on n’a pas non plus l’impression de n’avoir rien compris. Le récit est beau, souvent touchant et beaucoup plus profond qu’il n’y paraît.

On éprouve, en effet, beaucoup de compassion pour Chloé, une adolescente qui, à première vue, est comme toutes les autres. Elle n'est ni heureuse, ni particulièrement malheureuse. Elle est à l’âge des expériences. Elle expérimente la drogue, rencontre ses premiers garçons et a des rêves (elle veut partir loin). Sans bouleverser ses habitudes, la mort de son père va réveiller quelque chose d’enfoui profondément en elle.

Relation mère-fille

Le film tourne également autour de la relation entre Chloé et sa mère. Dès les premières minutes, on réalise qu’elle était beaucoup plus proche de son papa. Elle semble même éprouver plus d’affection pour sa grand-mère. Le deuil ne va pas arranger les choses et le fossé entre les deux va s’agrandir. Gemma sera d’ailleurs incapable de consoler sa fille.

En fait, en y regardant de plus près, on sent que Gemma a beaucoup de difficulté à montrer de la tendresse et de l’amour, comme la plupart des protagonistes d’ailleurs. Si nous n’avons pas de réponses claires, nettes et précises, on peut penser que le déclin économique de la ville y est pour quelque chose.

Un jeu « calme »

Ressac n’est pas un film où les personnages extériorisent leurs émotions. Ils sont fâchés, tristes ou contents, mais ne le montrent jamais beaucoup. Il faut tenter de les déchiffrer.

Évidemment, il n’est pas toujours facile pour des comédiens de jouer de la sorte, soit en « douceur ». Mais je pense qu’ici, ils remportent le pari haut la main. J’ai particulièrement aimé le jeu de la jeune comédienne Clémence Dufresne-Deslières.

Verdict

Film émouvant sur le deuil, l’adolescence et les relations fille-mère, Ressac est une quête identitaire pas toujours facile à suivre, mais qui ne laisse pas de marbre.

Cote : 3 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
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