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Crimes horribles : Les mystérieux torses humains de Cleveland

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05/06/2014, par Daniel Carosella, dans Société - Autres

Peut-on s’habituer à l’horreur? Jour après jour, les policiers sont confrontés à des situations aussi invraisemblables qu’épouvantables, frappant de plein fouet leur réalité à la limite du supportable. Même s’ils arrivent à se forger une armure pour se protéger de certaines atrocités, des crimes repoussant l’entendement peuvent les amener à la frontière de l’horreur humaine. On compte parmi ces épouvantables délits la mystérieuse vague de meurtres ayant éclaboussé la ville de Cleveland dans les années 30 et demeurant encore aujourd’hui sans explications formelles.

Une vague de meurtres horribles

En 1935, quelques années à peine avant le début de la Deuxième Guerre mondiale, les habitants de la région de Cleveland sont épouvantés par ce qui semble être l’œuvre d’un dangereux tueur en série. En effet, en septembre de cette année, deux corps sont retrouvés à 30 pieds de distance l’un de l’autre. Si les enquêteurs sont capables de les identifier en tant que corps masculins, on est incapables de dire de qui il s’agit. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on a coupé la tête et les parties génitales des cadavres !

Aucune trace de sang n’est retrouvée sur les lieux, laissant croire que le tueur a assassiné ses victimes à un endroit avant de transporter les corps plus loin. Les policiers n’ont jamais pu identifier le premier cadavre, mais on a déterminé que la deuxième victime était Edward W. Andrassy après qu’on ait retrouvé sa tête. Andrassy était connu des milieux policiers en tant que petit malfaiteur. Quant au premier cadavre, on a conclu qu’il s’agissait de la première victime du tueur inconnu puisqu’elle fut tuée plusieurs semaines avant Andrassy.

Pour les policiers, cela est clair : on recherche un tueur s’en prenant à des hommes. Or, en janvier 1936, la découverte d’un autre corps les déboussolera. Effectivement, on retrouve un autre corps décapité et mutilé au niveau des parties génitales, mais appartenant cette fois-ci à une femme ! Contrairement à la plupart des tueurs en série, le meurtrier ne s’en prend pas à des victimes d’un genre en particulier, mais bien des deux sexes ! On finit par identifier la victime comme étant Florence « Flo » Pollilo, une cliente assidue des bars locaux.

La découverte de torses humains se poursuit de plus belle. En juin 1936, on retrouve un autre corps arborant cette fois plusieurs tatouages. Puis, en septembre 1936, on découvre un autre torse avec, cette fois-ci, un chapeau à proximité. L’enquête révélera que le chapeau fut donné à un sans-abri par une femme.

Des torses humains seront retrouvés pendant un peu moins de 2 ans, soit jusqu’en août 1938. Au total, on estime que le tueur a fait 12 victimes, dont 10 qui n’ont jamais pu être identifiées. Afin de les cataloguer, les policiers leur ont donné les noms fictifs de John et Jane Doe, ce qui explique la présence de ces noms dans les documents reliés à cette affaire. Néanmoins, tout comme pour Jack L’Éventreur, une controverse existe au sein des forces de l’ordre quant au nombre réel de personnes assassinées. Alors que le nombre officiel s’élève à 12, certains croient que 13 meurtres voire même plus seraient attribuables au tueur. De plus, il n’aurait pas seulement tué entre 1936 et 1938, mais aussi durant les années 1920 et 1950. En effet, le 22 juillet 1950, le corps mutilé de Robert Robertson fut retrouvé, laissant croire que le tueur a ressurgi une dernière fois.

Une enquête policière toujours menée

Évidemment, lorsqu’on a affaire à un tueur en série, on réclame une chose : son identification et son arrestation. Dans le cas d’un tueur en série sadique, ce sentiment ne s’en trouve que renforcé. Malheureusement, le fameux meurtrier n’a jamais identifié, et ce, même si un grand nom de la police fut impliqué dans l’enquête. En effet, le célèbre Eliot Ness a pris les rênes de l’affaire alors qu’il occupait le rôle de directeur de la sécurité publique de la ville de Cleveland. Or, toutes ses pistes se sont butées à des murs. À chaque fois qu’il pensait être sur la trace d’un suspect, un cul-de-sac se dressait. Encore aujourd’hui, on ignore qui a bien pu décapiter toutes ces personnes et pour quel motif. L’enquête est toujours ouverte et les policiers pensent qu’un jour, en raison des avancées technologiques, on parviendra à résoudre cette affaire, mais pour l’instant, aucune explication valable n’a été avancée pour lever le voile sur cette sombre tuerie.

En revanche, Ness et son équipe ont émis certaines conclusions intéressantes. Ainsi, un point commun semble relier les victimes : leur statut social. Selon les éléments prélevés sur les scènes de crimes et les informations colligées, toutes les victimes semblaient être pauvres. En outre, le profil de Robert Robertson, dernière présumée victime du tueur, semble coller à celui des autres victimes. Robertson était un alcoolique rejeté par sa famille et ayant eu des démêlés avec la justice. Dû au fait qu’ils semblaient provenir de la basse société, les victimes du tueur auraient été des cibles plus faciles à approcher et à assassiner.

Pas de coupable, mais deux suspects « forts »

Même si aucun individu n’a été formellement relié à la découverte des torses, la police a quand même détenu 2 suspects très importants dans cette affaire.

Le premier fut Frank Dolezal, un homme de 52 ans arrêté le 24 août 1939 pour l’assassinat de Flo Polillo. Les policiers avaient découvert que Dolezal se rendait souvent dans un bar fréquenté par plusieurs des victimes. Il y était connu pour ses sautes d’humeurs et sa tendance à menacer les gens lorsqu’il était saoul. Après avoir été interrogé par les enquêteurs, Dolezal a confessé être l’auteur de Flo Polillo, mais a déclaré qu’il l’a assassinée en légitime défense. Envoyé en détention, les policiers pensaient pouvoir l’interroger au sujet des autres meurtres. Or, avant même de pouvoir le faire, Dolezal a mis fin à ses jours. Une controverse existe quant à la véracité de l’aveu de Dolezal de même qu’au traitement qu’il a reçu lors de son interrogatoire. En effet, à l’autopsie, on a révélé que Dolezal avait 6 côtes fracturées, os qui étaient, aux dires de ses amis, intacts avant qu’il ne soit arrêté par les policiers. Aurait-il été battu et contraint d’avouer sous la menace ?

Quelque temps plus tard, Eliot Ness a eu dans sa mire un médecin du nom de Francis E. Sweeney. Ayant exercé lors de la Première Guerre mondiale sur une unité médicale pratiquant les amputations, Sweeney fut personnellement interrogé par Ness lors d’un interrogatoire serré où il aurait échoué à 2 tests du polygraphe. Or, malgré cela, l’enquêteur pensait que Sweeney s’en sortirait facilement en raison de ses liens politiques. En effet, Sweeney était le cousin du membre du Congrès Martin L. Sweeney, qui a traîné Ness dans la boue pour son incapacité à attraper le tueur. Rien n’a pu lier Sweeney aux meurtres, mais le médecin a volontairement choisi d’entrer dans un hôpital psychiatrique peu de temps après que les derniers assassinats aient été commis. Bizarrement, la vague d’atrocités s’est stoppée après cet internat jusqu’à la découverte du corps de Robert Robertson. Durant son séjour en psychiatrie, Sweeney ne cessait d’envoyer des cartes postales d’injures et de menaces à Ness, et ce, jusqu’à ce qu’il pousse son dernier souffle en 1964.

C’est en 1997 qu’on a émis l’hypothèse que « le tueur » était en fait « des tueurs ». En se basant sur les données des autopsies, certains ont déclaré que les marques trouvées sur les corps n’étaient pas identiques. Sur certains cadavres, les coupures étaient fines tandis que sur d’autres, elles étaient grossières. Cela laisse croire que plus d’un meurtrier aurait pu être à l’œuvre.

Malgré tout, encore aujourd’hui, les torses de Cleveland continuent d’alimenter l’imagination et la culture populaire. Diverses œuvres y font référence, tout comme des légendes urbaines farfelues. Quoi qu’il en soit, des corps issus de la classe ouvrière ont bel et bien été découverts dans les environs de Cleveland il y a quelques décennies, concrétisant ainsi l’idée que l’humain est capable du meilleur comme du pire !

Cet article a été présenté par:

Source(s) image(s):
SK Central
Cleveland Magazine
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Syndaver

À propos de l'auteur

Daniel Carosella
Daniel Carosella

J’ai 32 ans. Et je suis un homme qui s’est longtemps cherché. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être stable puisque je partage la vie d’une merveilleuse femme. À la suite d’études en psychologie, je me suis dirigé vers la criminologie. Cela m’a permis entre autres de découvrir des réalités méconnues du grand public et de développer une pensée plus nuancée. Avec ces études, je souhaitais ardemment établir une relation d’aide avec des individus marginalisés. Et je voulais les aider à trouver, eux aussi, leur place dans la société. Suite à une courte réorientation dans le domaine de l'informatique, je me suis trouvé un emploi dans mon domaine d'origine en tant qu'intervenant psychosocial auprès des victimes d'actes criminels afin d'épauler ces dernières dans les épreuves difficiles qu'elles traversent. Ha, j’oubliais! J'ai aussi développé une connaissance approfondie de l'industrie du jeu vidéo. J'ai collaboré pendant plus de 10 ans au site HardGamers et je couvre de façon approfondie les activités de l'industrie du jeu vidéo pour AffairesDeGars depuis décembre 2012. Ce que j'aime par-dessus tout, c’est partager mes connaissances et échanger avec autrui. Ma chronique a elle aussi trouvé sa place!