BORNES ÉLECTRIQUES

Un beau matin, les policiers se présentent à votre domicile en vous disant qu’ils doivent effectuer des fouilles dans votre cour. Vous êtes surpris, mais puisque vous n’avez rien à vous reprocher, vous acquiescez en espérant qu’ils ne découvriront rien. Or, après quelque temps, ils déterrent un os, puis un autre et un autre encore. Bientôt, on compte par dizaines le nombre d’os ensevelis ! Vous croyez que ce scénario est de la pure fiction ? N’en soyez pas si sûr puisqu’il s’agit de l’histoire derrière la mystérieuse disparition de Monika Rizzo, encore aujourd’hui irrésolue.

Une femme visiblement perturbée

Le 5 mai 1997, Monika Rizzo se lève du bureau qu’elle occupe, vraisemblablement pour aller manger. Or, quelques heures plus tard, ses collègues n’ont aucune nouvelle et on ignore où elle se trouve. Encore plus troublant : Monika est partie sans prendre ses effets, incluant son porte-monnaie. Où est-elle allée et qu’a-t-elle fait ? Nul ne le sait.

Les jours passent et Rizzo ne retourne pas au travail. Elle ne motive pas ses absences, poussant son patron à lui téléphoner pour lui demander si elle compte revenir travailler. Or, ce n’est qu’après huit jours que l’homme parvient à rejoindre son employée. Elle affirme se sentir encore mal et ne pouvoir travailler dans sa condition actuelle. Elle le rassure en lui disant qu’elle reviendra au travail le lundi suivant. Or, cela ne se produira pas.

Les collègues de Rizzo s’inquiètent fortement pour elle. Elle ne donne plus de nouvelles et on ne la voit plus à l’extérieur. La police est contactée et un patrouilleur finit par se rendre au domicile de la famille. Or, surprise, c’est Monika Rizzo elle-même qui répond à l’agent de la paix, non sans inquiéter ce dernier. Même si elle affirme que tout va bien et qu’elle est simplement fatiguée, le policier remarque que la moitié du visage de la femme est tuméfiée, ce qu’elle explique par le fait qu’elle soit tombée. Malgré l’instance du patrouilleur, Rizzo refuse d’en dire davantage et lui claque la porte au nez. Ce sera la dernière fois que quelqu’un l’entendra parler.

Un appel inquiétant

En juillet 1997, Monika Rizzo est officiellement portée disparue. Or, un inconnu contacte la police de San Antonio pour leur dire que Monika Rizzo est morte et que ses os se trouvent dans le jardin de la résidence familiale. Même s’ils croient à un canular, les policiers ne peuvent prendre cet appel à la légère et dépêchent une voiture sur les lieux. Lorsqu’ils parviennent à pénétrer dans la demeure, ils découvrent Leonard Rizzo en pleine crise d’épilepsie. L’un de ses fils est ahuri, ne sachant pourquoi son père est dans cet état puisqu’il était à l’étage au cours des dernières heures.

Les policiers font venir une ambulance tout en poursuivant leurs recherches. Les vêtements de Monika Rizzo sont toujours accrochés dans la penderie et sa voiture est garée dans l’entrée. Bref, tout est dans l’ordre si ce n’est que la femme manque à l’appel. Le fils aîné du couple Rizzo mentionne aux enquêteurs ne pas avoir vu sa mère depuis environ une semaine. Les policiers poursuivent leur ronde et se rendent dans le jardin, où reposeraient les restes de la femme. Ils y trouvent bel et bien des os, mais appartenant sans l’ombre d’un doute à des animaux. La recherche de Monika se poursuit donc comme si l’appel n’avait jamais eu lieu.

Un second appel insistant

Quelques jours plus tard, la mystérieuse voix se manifeste de nouveau aux policiers, se montrant cette fois-ci plus insistante. Elle intime les policiers à retourner à la résidence des Rizzo puisque les os de Monika y sont. La voix ajoute que Leonard Rizzo est responsable du meurtre de sa femme et que les policiers n’ont rien trouvé puisqu’il a bien dissimulé les ossements. Les constables retournent sur les lieux, accompagnés d’enquêteurs de la brigade criminelle.

Cette fois-ci, des ossements humains (dont un crâne) sont découverts sous des décombres. Pire, on trouve un sac de plastique contenant ce qui semble être de la chair humaine ! Les agents poursuivent leurs recherches jusque dans la maison, où ils dénichent des indices laissant croire qu’il y a eu un violent combat. En outre, on trouve des trous dans les murs ainsi que des traces de sang.

Leonard Rizzo est immédiatement suspecté et interrogé par les policiers. Or, l’homme est aussi abasourdi qu’eux. Il affirme s’être réveillé un matin et avoir constaté que sa femme était disparue. Il n’en a pas informé les policiers puisqu’il ne pouvait croire que sa femme s’était envolée. En outre, il entretenait l’espoir qu’elle revienne. Au niveau des trouvailles de sa cour, il dit ignorer la provenance des os et de la chair humaine. Quant aux trous et au sang dénichés dans sa résidence, il explique que la disparition de sa femme l’a fortement ébranlé et qu’il s’est énervé à un point tel d’avoir défoncé les murs à mains nues. Il nie avoir battu sa femme et affirme avoir toujours été proche d’elle.

Le jardin des horreurs

Deux semaines après leurs découvertes, les policiers reçoivent les résultats des analyses effectuées sur les ossements. S’attendant à ce qu’ils appartiennent à Monika Rizzo, ils sont stupéfaits d’apprendre qu’ils proviennent plutôt d’un illustre inconnu ! Les enquêteurs décident de poursuivre leurs recherches et font appel à une équipe d’archéologues de l’Université du Texas. Leur travail consistera à effectuer des fouilles et à poser un drapeau sur chaque point qu’ils jugent intéressant pour les policiers.

Rapidement, le jardin de Rizzo est jonché de petits drapeaux. Les policiers sont abasourdis : il y a des centaines de fragments d’os un peu partout dans le jardin ! On en trouve même dans la cuve du barbecue de la famille ! Les archéologues confirment aux policiers que les ossements sont récents puisqu’ils sont gras. Contrairement aux os trouvés sur des sites archéologiques anciens, les os du jardin des Rizzo ne sont pas secs, confirmant donc qu’ils ont été disséminés dans le jardin récemment, probablement il y a une ou deux semaines.

Au total, les archéologues découvriront plus de 200 fragments d’os, la plupart ayant été coupés à l’aide d’un puissant outil mécanique. Beaucoup d’os, donc ceux trouvés dans le barbecue, proviennent de membres tels que des mains. Au total, on estime que les os d’au moins trois personnes ont été récupérés dans le jardin des Rizzo. Si, en 1997, aucune analyse n’a permis de les relier à Monika Rizzo, des tests d’ADN ultérieurs permettront de déterminer que certains d’entre eux appartenaient bel et bien à cette femme.

Une enquête toujours menée

Si tout semble pointer en direction de Leonard Rizzo, les enquêteurs n’ont jamais pu amasser assez de preuves pour l’accuser. Encore aujourd’hui, il continue de nier avoir un quelconque rapport dans la disparition de sa femme et affirme avoir vécu plus de 25 ans de bonheur avec elle. Sa théorie est qu’un individu a voulu tourner les soupçons vers lui en disséminant des preuves en faisant le principal suspect. Néanmoins, les parents de Monika Rizzo sont convaincus que leur gendre est responsable de ce crime, notamment en raison de son tempérament violent. En outre, Leonard Rizzo fut arrêté pour assaut armé et possession de drogues suite à la disparition de sa femme.

Quoi qu’il en soit, la justice cherche toujours un coupable dans cette affaire et continue de se demander comment un jardin familial en apparence banal pouvait être un véritable musée des horreurs sous-terrain.

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