BORNES ÉLECTRIQUES

Il y a quelques semaines, je vous ai parlé de « Far Out » paru chez le Studio Lounak. Pour rappel, il s’agissait d’une bande dessinée qui, à la base, paraissait toutes les semaines sur le portail québécois kimiq.com. Comme je le disais, on trouve de vraies petites perles sur ce site Internet. Cette semaine, j’ai pu lire « Dominique » de Yan Mongrain, un autre album provenant de ce site et édité encore une fois par le Studio Lounak. Même si le style est totalement à l’opposé de « Far Out », la qualité est toujours au rendez-vous.

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Que vous lisiez souvent des bandes dessinées ou à l’occasion, Dominique ne vous laissera pas indifférent. Il faut dire qu’il adopte une narration sensiblement différente de ce qu’on a l’habitude de lire. Autant le dire tout de suite, le personnage principal ne s’exprime que par l’entremise de symboles ou de petits dessins. 

Si le processus nous sort de notre zone de confort et nous demande un peu plus de concentration, il a le mérite d’être la plupart du temps très clair. Quand on lit des BD, on peut passer rapidement sur certaines planches. Avec ce procédé scénaristique, vous comprendrez que c’est tout simplement impossible.

Le plus clair du temps, le petit dessin fait part d’une émotion (fâché, content, triste) ou d’un ordre (viens ici, arrête-toi, etc.). Si on ne s’attarde qu’à celui-ci, on risque de ne pas trop suivre l’histoire. Il faut au minimum regarder la case dans laquelle il se retrouve pour comprendre le concept. Une fois que l’on a compris cela, Dominique est très facile à suivre, et ce, peut-être encore plus qu’une bande dessinée traditionnelle. Comme on le dit souvent, une image vaut mille mots et c’est particulièrement vrai ici. 

Bon, je vous ai peut-être un peu menti. Il y a du texte dans Dominique. En fait, mis à part les quelques affiches dissimulées dans l’oeuvre, on retrouve, dans le prologue, un texte de Victor Hugo qui, je dois l’avouer, nous met tout de suite dans l’esprit de cet album. 

Impressionnant

Yan Mongrain, tout comme Gautier Langevin et Olivier Carpentier dans Far Out, a préféré prendre son temps, mais peut-être un peu moins que ces derniers. L’action progresse lentement, mais comporte quelques scènes d’action. 

Dominique est un fantôme qui vient de se réveiller. Une mystérieuse photo montrant un personnage encerclé de bleu avec la mention « Trouve-moi » gît à côté de lui. Il essaiera, jusqu’à la dernière planche de l’album, de trouver cette personne et, en même temps, d’en apprendre un peu plus sur lui-même. 

Graphiquement, Dominique m’a vraiment impressionné. Le dessin est à la fois sobre et expressif. Seuls les personnages sont colorés (en bleu), alors que les environnements sont dessinés dans plusieurs teintes de gris. Le contraste est visible dès la première case et permet vraiment aux personnages de se démarquer. En revanche, cela ne veut pas dire que les décors n’ont pas été travaillés. Les environnements urbains sont particulièrement impressionnants. 

Verdict

Et un autre bon coup pour le studio Lounak! Dominique est une oeuvre qui bouleverse le lecteur par son approche originale, tant du point de vue des illustrations que de la narration, et par sa grande sensibilité. Car, dans le fond, on est tous un peu comme Dominique. On passe notre vie à rechercher quelque chose…

 

Dominique

Yan Mongrain

140 pages

Studio Lounak 

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5 

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Critique de bande dessinée : « Far Out »

Source(s) image(s):
Studio Lounak

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