BORNES ÉLECTRIQUES

De toutes les nouvelles parutions des Éditions Pow Pow de cet automne, j’avoue que celle que j’attendais le plus était « Les cousines vampires » du duo Alexandre Fontaine Rousseau (« Poulet grain-grain ») et Cathon (« La liste des choses qui existent »). Pourquoi? D’abord parce que j’adore les univers de vampires. Ensuite, parce que peu de bandes dessinées québécoises en mettent en scène. Et, finalement, parce que je savais que je n’allais pas lire une histoire quétaine ou ultra-clichée.

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Les cousines vampires, c’est un peu comme regarder un vieux film d’horreur en noir et blanc dans lequel on aurait saupoudré des touches de « modernité ». On suit l’histoire de Camille, une jeune femme qui retourne dans un vieux manoir dans lequel elle s’était beaucoup amusée avec sa cousine Frédérique, dans sa jeunesse.

Le propriétaire de l’immeuble, son oncle Roland, est mort depuis quelque temps déjà. Il ne reste que Frédérique. Mais quelque chose ne va pas. Si Camille ne se doute de rien, nous, les lecteurs, savons que sa cousine cache un terrible secret. C’est une vampire! Et, malheureusement, quand elle le saura, il sera vraisemblablement trop tard…

L’histoire prend donc souvent des allures de huis clos, alors que Camille discute avec Frédérique, dans ce manoir sombre et lugubre. La séquence semble parfois être calquée sur celle où Jonathan Harker visite le Comte Dracula dans le roman de Bram Stoker. Les seules fois qu’elle s’absente, c’est pour aller voir les habitants superstitieux du village qui tentent, en vain de la mettre en garde contre une force maléfique. 

Rire ou fuir?

Cathon a fait à ce propos un merveilleux travail pour réussir à créer une ambiance glaciale et souvent étrange. Mais bon!  Cathon étant reconnue pour son sens de l’humour, l’oeuvre n’est pas non plus la plus sérieuse du monde. Il suffit d'admirer le regard espiègle de l’héroïne ou encore celui faussement épeurant de sa cousine pour s’en convaincre. 

En fait, il y a peu de chance que vous ayez réellement peur durant votre lecture. Il s’agit plus d’une comédie que d’un roman d’épouvante.  Attention toutefois, car on ne tombe jamais dans le vulgaire. On est très loin de la série Film de peur.

L’humour dans Les cousines vampires est beaucoup plus subtil. Alexandre Fontaine Rousseau n’a souvent besoin que d’une phrase bien placée pour provoquer en nous un sourire ou un rire. L’un des meilleurs exemples est lorsque les villageois tentent de trouver une solution à la menace qui tue des habitants régulièrement. Disons qu’ils ont de la difficulté à trouver une idée constructive et viable…

En ce qui concerne le rythme, le récit ne déçoit pas. Le scénariste ne prend jamais trop son temps et, de l’autre côté, ne va jamais trop vite. Aucune scène ne nous semble superflue. En d’autres mots, voilà une bande dessinée que l’on dévore d’une traite!

Verdit

Bref, on prend beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Camille. Et à voir comment le récit se termine, on espère ardemment que les auteurs vont nous offrir une suite. Qui a dit qu’au Québec, on ne pouvait pas faire des histoires intéressantes et originales de vampires?

 

Les cousines vampires 

Alexandre Fontaine Rousseau et Cathon 

Éditions Pow Pow

132 pages

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5.

 

 

Source(s) image(s):
Editions Pow Pow

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