J'ai pour vous cette semaine deux cirques : Le tome 2 de La Mondaine de Zidrou et de Jordi Lafebre et Bernadette de Guillermo El Don.

La Mondaine, tome 2

Le premier tome de La Mondaine, cette série de Zidrou et de Jordi Lafebre faisait partie de mes coups de coeur de 2014. J’attendais, évidemment, avec grande impatience le deuxième et dernier tome de la série. 

Un bombardement

Comme toujours, le récit débute pendant un bombardement. Aimé Rouzeau et d’autres Parisiens sont sous terre pour tenter d’éviter les bombes. Après un bref instant, il va replonger dans ses souvenirs, du temps où il était membre de la brigade des moeurs à Paris. 

Si le personnage d’Aimé était « immaculé » et plein de bonnes intentions dans le premier tome, il semble maintenant être comme tous les autres agents du service dans lequel il travaille : corrompu, désabusé et peu soucieux du respect de la loi.  

En fait, c’est un peu ça La Mondaine : une série de personnages blessés et humiliés. N’oublions pas que ce second tome se déroule en pleine occupation allemande. Les policiers ne sont que des pantins aux services des Allemands. Dur pour l’orgueil…

Pas d’enquête policière sérieuse dans cette suite ; juste Aimé qui erre dans la ville à la recherche d’une « connaissance » qu’il avait autrefois connue, mais qui le hante depuis. Sur ces temps libres, il va visiter des bordels et assister à des tragédies familiales. La routine, quoi. 

La Mondaine n’est pas un album particulièrement violent, ni vraiment émouvant. Mais, pour une raison qu’il me serait difficile à expliquer, il a ce petit quelque chose qui fait d’elle une bande dessinée à part. Comme Aimé et sa « connaissance », elle vient presque à nous hanter. 

Loin d'être un ange

Le héros n’est pas un ange. Plus d’une fois, il fait des choses vraiment ignobles. On lui en veut, mais on finit par lui pardonner sachant que ce n’est pas vraiment de sa faute. Sa souffrance est tellement grande…

Le dessin est toujours aussi beau, même encore plus que dans le premier tome. Les décors intérieurs sont l’une des grandes réussites de cet album. Il s’agit d’un vrai travail de reconstitution historique de la part de Jordi Lafebre. 

Comme on en voit rarement dans le 9e art, une atmosphère particulière se dégage de chaque case. Dans les scènes se déroulant dans un bordel, par exemple, on y sent presque la sueur et les mauvaises odeurs. On a presque l'impression d'y être physiquement. C'est très impressionnant! 

Verdict

Si vous avez apprécié le premier tome, je crois que vous ne serez pas déçu par cette suite. Zidrou et Jordi Lafebre ont réussi l’impossible : nous offrir un album encore meilleur que le premier. 

 

La Mondaine tome 2

Zidrou et Jordi Lafebre 

64 pages

Dargaud

 

Cote : 4,75 étoiles sur 5.

 

Bernadette 

Ce n’est pas tous les jours que j’ai la chance de lire une bande dessinée destinée à un public averti. Il  reste que chaque année, on peut voir un grand nombre d’ouvrages érotiques voir le jour dans les rayons des librairies. C’est peut-être un univers moins « glamour » que la grande bande dessinée européenne, mais on peut quand même tombé sur de vraies petites perles. J’ai d’ailleurs récemment mis la main sur Bernadette de Guillermo El Don.

À l’instar des films pour adultes, l’histoire de Bernadette est assez simple. Comme chaque année, Nadine s’en va passer les vacances au camping du Dauphin Vert. Là, elle y retrouve sa bonne amie Bernadette. Si Nadine n’a jamais couché avec un gars, Bernadette, elle, raffole des mecs, et ce, à toute heure du jour et de la nuit. 

Elle va tenter, peu à peu, de déniaiser son amie avec des trucs plus ou moins originaux comme lécher des boules de crèmes glacées. Va-t-elle atteindre sa mission? Il faut lire l’album jusqu’à la toute fin pour le savoir!

Du sexe, du sexe et encore du sexe… mais aussi de l’humour!

Le sexe fait partie intégrante de « Bernadette ». Sans sexe, il n’y a pas d’album. Attendez-vous donc à voir une tonne d’organes génitaux masculins et féminins, mais aussi plusieurs scènes de sexe. 

Il y a du sexe, certes, mais on rigole aussi plus d’une fois. Il faut dire quand même que le dessin est moins soigné que dans la plupart des bandes dessinées européennes. Le style est plus libre (et fait penser à ce que l'on retrouve dans la bd québécois), ce qui rend les images moins « graphiques », mais aussi plus comiques. 

Car les scènes sexuelles ont souvent des prémisses complètement stupides et tirées par les cheveux. Mais contrairement à des films pour adultes, ici, l’auteur assume complément le ridicule de la chose. Plusieurs séquences nous font bien marrer. Au final, on a plus l’impression qu’on a vu un spectacle d’humour que l’on a regardé un film XXX. 

Même si Bernadette comporte plusieurs scènes d’humour, il faut garder en tête qu’il s’agit d’un album destiné à un public adulte. C’est donc une mauvaise idée de l’apporter dans l’autobus ou le métro. Vous risquerez de vous faire jugez, surtout s’il y a des enfants pas loin…

Verdict

Si vous détestez les scènes de sexe dans les bandes dessinées, n’achetez pas Bernadette. Si, de l’autre côté, vous avez envie de rire en regardant des gens nus se mettent dans des situations improbables, l’album de Guillermo El Don est fait pour vous!

 

Bernadette

Les Requins marteaux 

Guillermo El Don

128 pages

 

Cote : 3,5 étoiles sur 5.

Commentaires