« Mais c'est évident! » vous êtes-vous peut-être exclamé en lisant le titre de cet article. Or, s'il fait du sens que les psychopathes ne pensent pas comme le commun des mortels, peu savent en quoi ils ne réfléchissent pas comme la majorité des gens. Une récente étude de l'Université de Montréal vient éclaircir cette question et apporte quelques réponses afin de déterminer quels mécanismes du cerveau de ces criminels réagissent autrement.

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La psychopathie 101

Commençons par un petit cours de criminologie 101. Un diagnostic de psychopathie est établi en fonction d'une évaluation rigoureuse faisant notamment usage de l'échelle PCL-R de Hare. Créée dans les années 70, cette échelle regroupe 20 éléments donnant, au bout du compte, une note à la personne évaluée.

Si la cote est assez élevée, la personne est déclarée psychopathe. Parfois, il arrive que des éléments soient retranchés s'ils ne s'appliquent pas à la situation de la personne, transformant ainsi la cotation globale à l'aide d'une échelle révisée. Si l'impulsivité est un trait marqué chez la plupart des psychopathes, il peut arriver que l'on supprime l'élément « délinquance juvénile » si la personne n'a commis aucun crime étant plus jeune.

Outre l'impulsivité, on retrouve trois traits prédominants chez les psychopathes. Le premier est le narcissisme, soit cette conviction profonde que les règles sont faites pour les autres et qu'ils sont meilleurs que n'importe qui. Les psychopathes ont également des traits antisociaux marqués, soit cette difficulté à se plier aux règles de la société et à fonctionner adéquatement au sein de cette dernière. Les psychopathes ont aussi une grande difficulté, voire une absence totale d'empathie. Ils ne peuvent se mettre à la place de l'autre et percevoir les émotions d'autrui.

 

En quoi le cerveau des psychopathes est-il différent?

C'est justement sur cette absence d'empathie que l'étude de l'Université de Montréal vient jeter un nouveau regard sur la psychopathie. Si on sait que les psychopathes sont antipathiques, on ignore pourquoi ils sont ainsi. Or, selon la recherche de Sheilagh Hodgins et Nigel Blackwood, les cerveaux des psychopathes contiennent des anomalies dans les régions associées aux remords et à l'apprentissage par la punition.

Menée sur 32 criminels violents (dont 12 diagnostiqués avec de la psychopathie) et 18 personnes sans troubles particuliers, la recherche a démontré qu'en effectuant des activités neuropsychologiques, les criminels violents et plus particulièrement les psychopathes n'arrivaient pas à tirer de leçons par rapport à des indices de punition, échouaient à changer leurs comportements selon un changement de situation et prenaient de moins bonnes décisions même si on leur donnait plus de temps de réflexion.

Les chercheurs ont également découvert que la matière grise (responsable de la cognition et du traitement de l'information) et la matière blanche (responsable du transfert d'information dans le cerveau) comportaient plusieurs anomalies dans le cerveau des psychopathes. En effet, il y avait moins d'activité dans les régions de la matière grise où sont situés l'empathie, la honte et le remords. La matière blanche affichait aussi des anomalies dans le processus d'apprentissage par la récompense et la punition.

 

D'où viennent ces anomalies?

Pour les chercheurs, cette découverte tend à démontrer que la structure cognitive des psychopathes est complètement différente en ce qui a trait aux processus d'apprentissage. Pour eux, il est clair que les psychopathes ont beaucoup de difficulté à apprendre de conséquences négatives afin de changer leurs comportements.

Fait intéressant à noter, il se pourrait que ces mauvaises connexions relèvent de l'enfance des individus. Effectivement, des signes de psychopathie pourraient être détectables dans l'enfance, plus spécifiquement lors du processus d'apprentissage de l'enfant. Si on intervient à ce moment et qu'on construit le cerveau adéquatement afin que la personne apprenne ce qui est bon et mauvais en fonction des conséquences en découlant, nous pourrions réduire le nombre de crimes violents aux dires des chercheurs.

Voilà donc en quoi le cerveau des psychopathes serait différent de celui de la population générale. Or, faites bien attention puisque cela ne signifie pas qu'ils soient déficients. Au contraire, les psychopathes seraient même très intelligents et connaîtraient les conséquences négatives de leurs gestes. En soi, c'est ce qui les rend aussi effrayants!

 

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