BORNES ÉLECTRIQUES

Vous demandez-vous parfois d'où les scénaristes de films d'horreur tirent leur inspiration ? S'il y a des histoires produites à partir du folklore populaire, de légendes ou d'histoires « vraies », il y en a d'autres qui sont confectionnées à travers les récits de vrais meurtriers. Prenez notamment Ed Gein, un tueur en série et dépeceur ayant inspiré la majorité de vos films d'horreur préférés ! Voici son histoire.

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Un père alcoolique et une mère malsaine

Edward Theodore Gein naît le 27 août 1906 dans le Wisconsin. Benjamin de la famille, Ed est plongé dans le coeur d'une enfance particulièrement troublée. En outre, son père est alcoolique et incapable de garder un emploi sur une longue période.

Sa mère, qui est souvent en conflit avec son conjoint, est une fervente croyante qui troublera Ed au plus haut point. Ainsi, elle éduquera ses fils en les isolant du monde extérieur, qu'elle juge rempli d'influences néfastes. Elle inculque aussi à ses fils que les femmes naissent prostituées et qu'elles sont des instruments du diable. Qui plus est, chaque après-midi, elle prend le temps de lire à ses enfants des passages particulièrement crus de l'Ancien Testament avec des thèmes comme la mort, le meurtre et la punition divine.

À l'école, les camarades et les professeurs d'Ed le décriront comme un enfant timide ayant des comportements bizarres. Ainsi, il n'est pas rare de voir le bambin rire seul, comme s'il se répondait et qu'il s'esclaffait de ses propres blagues. Il est aussi intimidé par ses pairs, mais parvient tout de même à bien réussir ses cours, surtout la lecture.

Malheureusement, sa mère se mettra encore sur le chemin de cette réussite. En effet, chaque fois qu'Ed rapporte s'être fait un ami, sa mère le punit sévèrement. De plus, en 1914, elle isole davantage ses enfants alors qu'elle achète une ferme. Elle les empêche de quitter cette dernière sauf pour qu'ils aillent à l'école. Les enfants Gein n'ont donc aucune occasion de socialiser ni de jouer, leur mère les contrôlant totalement au niveau de leurs allées et venues.

Des morts perturbantes

Alors qu'il entre dans la vie adulte, Ed doit affronter de nombreux deuils dans sa famille immédiate. Ainsi, en 1940, son père meurt d'une crise cardiaque, forçant les enfants à occuper des emplois pour subvenir aux besoins familiaux.

Quatre ans plus tard, son frère Henry est retrouvé mort alors que les frères faisaient brûler des mauvaises herbes sur la ferme. Or, son décès est rapidement considéré suspect puisqu'aucune trace de brûlure n'est trouvée sur son corps. Pire, on démontre qu'Henry était mort bien avant la propagation du feu et on retrouve des blessures sur son crâne. Ed est longtemps suspecté, mais en l'absence de preuves, on conclut qu'Henry est mort asphyxié par la fumée du feu.

Cependant, c'est en 1945 qu'Ed vivra le deuil qui changera sa vie à jamais. En effet, cette année, sa mère subit un accident qui la paralysera. Même s'il en prend soin, elle moura vers la fin de l'année, ce qui traumatisera Ed à un degré inimaginable. Selon l'auteur Harold Schechter, Ed Gein « vouait un véritable culte à sa mère » et, lorsqu'elle mourut, il « perdit sa seule amie et son amour de toujours ». La relation fusionnelle malsaine qu'ils entretenaient venait ainsi de prendre fin, ce qui fera glisser Ed sur une pente qu'il ne remontera jamais.

Le début d'une carrière criminelle et d'obsessions déviantes

Après la mort de sa mère, les comportements d'Ed deviennent de plus en plus étranges. En outre, il n'occupe qu'une petite chambre de la maison familiale, laissant le reste intact. De plus, il commence à s'intéresser à la lecture de magazines plutôt sombres ayant des thèmes tels que le cannibalisme, la torture nazie et la mort.

En 1957, Ed est vu dans une quincaillerie la veille de la disparition de sa propriétaire. Immédiatement suspecté, les policiers se rendent à son domicile et y font des découvertes qui leur lèveront le coeur. En outre, non seulement trouvent-ils le corps de la propriétaire affreusement mutilé, mais ils découvrent aussi des os ainsi que des fournitures faites à partir de la charpente humaine. Voici d'ailleurs quelques exemples de ce qu'ils trouvèrent chez Gein:

 

  • Une poubelle faite de peau humaine
  • Des crânes sur ses tables de chevet
  • Des leggings conçus à partir de peau de jambes humaines
  • Un corset fabriqué avec des os
  • Une ceinture taillée avec des mamelons de femmes
  • Quatre nez
  • Des masques faits de peau humaine

 

Lorsqu'on le questionna, Gein mentionna aux enquêteurs qu'entre 1947 et 1952, il a effectué quelque 40 visites nocturnes dans trois cimetières afin d'y déterrer des corps fraîchement enfouis. Il ajouta que lorsqu'il déterrait des cadavres, il prenait soin d'excaver des corps de femmes qui, selon lui, ressemblaient à sa mère afin de les ramener chez lui pour les dépecer.

Par ailleurs, Gein mentionna que peu après la mort de sa mère, il a commencé à confectionner un « habit de femme » qui ressemblait à sa génitrice, et ce, dans le but de pouvoir « se fondre dans sa mère ». Il nia avoir eu des relations sexuelles avec les corps, affirmant qu'ils « sentaient trop mauvais ». Gein confessa aussi un autre meurtre, soit celui d'une tenancière de bar disparue depuis 1954.

Le procès et la mort de Gein

L'enquête sur les crimes de Gein eut des hauts et des bas. En outre, on rapporte que le shérif du comté de Waushara tortura Gein en frappant sa tête et sa face dans un mur de briques. Selon des proches, le shérif était non seulement dégoûté des crimes de son suspect, mais il avait aussi une peur bleue de devoir témoigner à son procès. Peut-être par un signe improbable du destin, il mourut avant le début de celui-ci.

Le 21 novembre 1957, Ed Gein fut officiellement accusé de meurtre au premier degré, pour lequel il plaida non-coupable pour cause de troubles mentaux. Des psychiatres confirmèrent que Gein était schizophrène, mais en 1968, ils affirmèrent que l'accusé était suffisamment sain d'esprit pour comprendre son procès. Ce dernier s'ouvra le 18 novembre de la même année et ne dura qu'une semaine.

Le juge Robert H. Gollmar le reconnut coupable du meurtre au premier degré de la propriétaire de la quincaillerie. On ne fit pas de procès pour les autres crimes commis par Gein afin de « sauver de l'argent ». En raison de son état mental, Gein fut confiné à vie dans un institut psychiatrique.

Ed Gein mourut d'une défaillance respiratoire le 26 juillet 1984. Au fil des ans, sa tombe fut fréquemment vandalisée par des pilleurs en quête de souvenirs morbides, incluant sa pierre tombale qui fut volée en 2000 avant d'être retrouvée l'année suivante.

L'influence de Gein dans la culture populaire

Aussi atroces furent-ils, les délits d'Ed Gein eurent une influence majeure dans la culture populaire, spécialement au niveau des films d'horreur. Ainsi, on s'inspira de son histoire afin d'écrire le roman Psycho (qui sera porté au grand écran par le mythique Alfred Hitchcock), en plus d'en avoir tiré des bribes pour réaliser des films tels que Deranged, In the Light of the Moon, House of 1000 Corpses et The Devil's Rejects. Plusieurs personnages de films d'horreur sont également inspirés de l'histoire de Gein, dont les tueurs en série Norman Bates (Psycho), Leatherface (Massacre à la Tronçonneuse) et Buffalo Bill (Le Silence des Agneaux).

Bref, l'histoire d'Ed Gein démontre une fois de plus à quel point les traumatismes de l'enfance et l'éducation déficiente d'un enfant peuvent mener à des répercussions aussi horribles que funestes. Même si le film d'horreur n'aurait pas été pareil sans l'existence de Gein, n'oublions pas que ce dernier était un homme malade et fortement troublé qui n'aura finalement jamais trouvé sa propre identité.

 

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