BORNES ÉLECTRIQUES

«East of west» est l’une des séries de comics les plus complexes et captivantes des dernières années. Jonathan Hickman et Nick Dragotta y décrivent une version remaniée de notre monde où la guerre de Sécession n’aurait jamais cessé. Les États-Unis sont maintenant divisés en plusieurs nations et vivent dans une paix fragile. Et comme si ce n’était pas assez, les quatre cavaliers de l’apocalypse sont revenus dans le but de mettre fin à notre existence. Seul Guerre, le protagoniste de la série, s’oppose à eux.

Dans A qui profite la guerre?, le quatrième tome paru récemment en français chez Urban Comics, les auteurs nous invitent à suivre Babylon, la Bête de l’Apocalypse et fils de Mort. Récemment libéré, l'enfant découvre la beauté et, surtout, la laideur de notre monde, en compagnie d’un robot volant dénommé affectueusement par Babylon « Ballon ». 

Cette première sortie dans le monde réel sera pour le garçon une sorte de mise à l’épreuve. Il devra faire des choix importants qui risquent d’avoir un impact sur l'ensemble de la population.

Les intrigues politiques à la Trône de fer occupent une place importante dans East of west. Celles-ci sont légèrement mises de côté ici pour permettre au lecteur d’en apprendre plus sur le fils de Mort. Ce changement de ton n’est pas du tout désagréable. J’ai même trouvé que c’était bénéfique pour la série, car ça nous permettait de respirer un peu et d’assimiler tout ce qu’on avait vu dans les trois premiers volumes.

D’ailleurs, en introduction, on retrouve un superbe dossier, d’une trentaine de pages, qui permet de faire le point sur les différents acteurs de East of west. Ainsi, chaque nation bénéficie d’un portrait dans lequel nous retrouvons notamment une carte de son territoire, ses forces et ses faiblesses et des anecdotes. 

Très instructif, ce dossier est même à mon avis indispensable pour bien comprendre tous les tenants et les aboutissants de l’intrigue. Il faudra le garder à proximité et s’y référer de temps en temps quand on sera perdu. 

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de dire que l’univers de East of west est confus. Il y a seulement plusieurs variables à prendre en considération et si on a une mémoire défaillante (comme moi), il est facile de se perdre. Bref, tout ça pour dire que ce dossier était plus que le bienvenu!

Du côté du graphisme, Nick Dragotta fait encore une fois un travail remarquable. Son dessin atteint une finesse et une sophistication qui se rapproche beaucoup des plus belles bandes dessinées françaises et belges. Peu de romans graphiques américains récents peuvent rivaliser dans ce domaine avec A qui profite la guerre?

Verdict 

Dans ce quatrième opus,  East of west dépeint un univers de plus en plus vaste qui ne cesse de nous surprendre. Avec une intrigue solide, des personnages originaux et attachants et un dessin qui ne laisse rien au hasard, il est impossible de ne pas être conquis!

 

East of west 04 : A qui profite la guerre?

Jonathan Hickman et Nick Dragotta

160 pages

Urban Comics 

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5

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Prologue

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