La demoiselle en blanc - critique BD - #adg

Pour leur première collaboration, la scénariste Dominick Parenteau-Lebeuf et la dessinatrice Éléonore Goldberg signent «La demoiselle en blanc», un roman graphique envoûtant et d’une grande sensibilité, qui nous fait revivre l’histoire moderne de l’Allemagne par les yeux… d’un négatif!

La demoiselle en blanc, c’est comme ça qu’elle s’appelle, a été créée en 1932 par un jeune photographe en vacances dans le nord de l’Allemagne. De retour chez lui, l’homme semble fasciné, voire terrifié par ce négatif qu’il n’ose développer. Quelques mois plus tard, il décide de partir en voyage, mais ne reviendra jamais. Pendant 28 000 nuits, la pellicule photographique va espérer son retour…

Ce drôle de négatif va traverser les époques et assister aux différents changements qui vont toucher sa ville de résidence, Berlin. Comme seul compagnon, elle va avoir le sketch d’un chat. Tout comme elle, l’animal attend le retour de son maitre pour enfin trouver sa finalité. 

Si ce sont surtout les oeuvres pour les tout-petits qui ont l’habitude de mettre en scène des personnages inhabituels et originaux, cet album, adapté de la pièce de théâtre éponyme de Parenteau-Lebeuf, n’a rien d’enfantin. 

Bien sûr, il traite de l’attente futile de l’être aimé et plus précisément, de l’acharnement et de l’aveuglement volontaire dont nous faisons preuve lors de douloureuses ruptures. Cependant, La demoiselle en blanc transcende cette thématique reliée à l’amour pour aborder un sujet encore plus profond et philosophique : le sens de la vie et de notre existence.

Véritable quête introspective, le roman graphique va nous transporter dans les coins les plus sombres de notre être, là où on ne va que très peu souvent. Tout comme la protagoniste, emprisonnée dans une sorte de demi-vie, nous sommes appelés à nous questionner sur notre identité et notre utilité dans ce monde qui n’en a que faire de nos questions existentielles. Sommes-nous, comme la demoiselle en blanc, une oeuvre inachevée?

Pour sa part, le dessin très libre de Goldberg nous captive dès la première planche. Très foncé, il nous plonge dans des ténèbres toujours plus profondes. On a vraiment l’impression de découvrir le monde par les yeux d’un négatif. C’est tout simplement brillant!  

Verdict

Du point de vue de la narration et de la mise en image, La demoiselle en blanc est l’un des romans graphiques québécois les plus audacieux des dernières années. Les auteurs semblent avoir tout donné dans cette oeuvre. Espérons que ça ne sera pas leur unique collaboration. Si on m’avait dit un jour que je serai ému en lisant l’histoire d’un négatif abandonné! Bravo! 

 

 

La demoiselle en blanc 

Dominick Parenteau-Lebeuf et Éléonore Goldberg 

304 pages

Mécanique générale  

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5

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Mécanique générale

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