Talk-Show - critique BD - #adg

C’est bien rare que je regarde des talk-shows. J’avais cependant très hâte d’avoir entre les mains l'album « Talk-Show ». Sa couverture m'intriguait. L’oeuvre, publiée aux éditions Mécanique générale, est le deuxième livre de Catherine Ocelot. Et comme le laisse présager son titre, ça parle de… talk-shows!

Bruno, un ours polaire, est animateur dans un populaire talk-show. À son émission, il reçoit une ribambelle de personnalités connues du milieu artistique. Toutes ont un point en commun : elles sont profondément égocentriques. 

À chaque émission, l’animateur est devant un dilemme : sortir des sentiers battus en posant à ses invités des questions pointues et originales ou donner au public ce qu’il veut en leur posant des questions générales et ennuyeuses. 

Entre chaque tournage, Bruno se retrouve avec deux amies dans un bar. Chacun raconte ses petits problèmes du quotidien. Personne ne semble vraiment s’écouter. Leurs discussions prennent souvent des allures de longs monologues à plusieurs voix. 

Parler avant d'agir

Les dialogues occupent d’ailleurs une place très importante dans cette bande dessinée. Finement écrit et d’une grande intelligence, le texte, qui nage souvent entre l’humour léger et l’absurdité la plus totale, demande une certaine concentration au lecteur pour lui permettre d’en saisir toutes les subtilités, les nuances et les doubles sens. 

Si on fait l’effort de lire entre les lignes, on réalise que Talk-Show met le doigt sur un problème très actuel et qui ne cesse de prendre de l’ampleur : l’individualisme. Sans le vouloir, le personnage principal devient en quelque sorte le vecteur, mais aussi la victime, de cette tendance du Moi.  

Si, d’une part, les dialogues sont sublimes, la mise en scène, elle, est très statique. L’action est lente et on peut passer plusieurs planches avec le même plan. Tout ce qui change, ce sont les nombreuses bulles au-dessus de la tête des personnages. Ce n’est pas forcément un mauvais choix de l’auteure qui empêche son dessin de voler complètement la vedette.  

En même temps, cela ne veut pas dire que ce dernier soit de mauvais goût ou bâclé. Bien au contraire! L’auteure s’accorde une grande liberté artistique et s’amuse à jouer avec les couleurs et les textures pour créer des effets hypnotisant et envoûtants. Plus d’une fois, elle nous étonne par son audace. Elle s’approprie les codes de la bande dessinée, puis les réinvente et les transforme pour servir son récit. Bref, graphiquement, Talk-Show surprend sans être trop expérimental.

Verdict

Mécanique générale ajoute à son catalogue une autre oeuvre mémorable!  Avec sa mise en image audacieuse et ses dialogues savoureux, le roman graphique de Catherine Ocelot ne vous laissera pas indifférent. À lire... que vous soyez ou non adepte des talk-shows!

 

 

Talk-Show

Catherine Ocelot 

144 pages

Mécanique générale

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5. 

Source(s) image(s):
http://catherineocelot.com/blog/

Commentaires