Les 24 heures de la bande dessinée d’Angoulême est un événement très éprouvant pour les bédéistes. Ceux-ci doivent en effet concevoir une histoire de 24 pages en 24 heures. Et comme si ce n’était pas assez, chaque édition à son lot de contraintes (comme l'obligation d'ajouter une certaine phrase à un moment précis, d'utiliser une unité de temps donnée, etc.). Zviane a déjà participé à plusieurs de ces défis. D’ailleurs, l’auteure a eu l’idée de préparer une petite intégrale aux Éditions Pow Pow contenant le résultat de ses participations aux éditions 2012 à 2016. Ainsi, « Club sandwich » est né.

Club sandwich, c’est donc cinq histoires qui n’ont aucun lien entre elles, si ce n’est qu’elles ont été créées dans le temps de le dire. Ça se sent immédiatement dans le dessin qui est moins « poli » qu’une œuvre qui aurait demandé plusieurs mois. De l’autre côté, le visuel est loin d’être indigeste. C’est même fascinant de voir ce que Zviane a pu faire dans un délai aussi court.

Le style de Zviane est reconnaissable dans chacun des récits. Par contre, il diffère légèrement d’une histoire à l’autre. Les restes, une comédie dramatique qui tourne autour d’une drôle de fête de l’igloo (les gens doivent construire un igloo dans leur maison) a par exemple un trait plus irrégulier, tandis que Le son de la pluie, un récit poignant sur un compositeur de musique solitaire, propose une esthétique plus léchée.

À l’image du graphisme, le scénario de chacune de ces mini bandes dessinées est surprenant. Tantôt drôle, tantôt émouvant, chaque récit contient une part de folie. Par exemple, Faute de mieux se déroule dans un monde où les humains ne peuvent montrer leur paume de la main droite, car c’est indécent. Bref, c’est du Zviane tout craché!

Avant de commencer chaque histoire, la bédéiste nous indique la ou les contraintes qu’elle devait respecter. Il y en a qui étaient vraiment difficiles! Pour l’une d’elles, les participants devaient entre autres inclure 90 photos d’un certain compte Instagram.

Se transformant en juge, le lecteur peut ainsi voir comment Zviane s’est débrouillée pour intégrer ces différentes contraintes. Personnellement, je crois qu’elle s’en est admirablement bien sortie. Elle ne s’est pas contentée de faire des histoires « fonctionnelles ». Au risque de me répéter, elle a trouvé le moyen de mettre en scène des personnages intéressants évoluant dans des mondes chaque fois originaux et fascinants. N’oublions pas qu’elle ne disposait que de 24 heures…

Verdict

Je ne crois pas que tous les auteurs de bandes dessinées seraient en mesure de participer aux 24 heures de la bande dessinée d’Angoulême. Bon. Peut-être qu’ils le pourraient, mais leurs oeuvres ne seraient pas toutes aussi intéressantes que celles que l’on retrouve dans Club sandwich.

 

Club sandwich 

Zviane

136 pages

Éditions Pow Pow

 

Cote : 4 étoiles sur 5.

Source(s) image(s):
Éditions Pow Pow

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