Le temps des fêtes est arrivé et vous avez fort probablement déjà commencé à faire le plein d’alcool à travers les soupers et les soirées… c’est d’ailleurs pourquoi à cette période de l’année on entend beaucoup de consommer avec modération et de reconnaître quand ne pas prendre le volant. Par contre je m’étonne toujours de voir qu’on ne parle jamais, ou très peu, des effets de la source réelle du problème : l’alcool!

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Je vais être aussi franc que réaliste, je ne m’attends pas à ce que la majorité des lecteurs aiment cet article car les gens n’aiment pas qu’on s’attaque à ce qu’ils aiment et dans notre société le fait de consommer a été banalisé au point d’être devenu la normalité. Si on faisait une enquête, je suis persuadé que pour la majeure partie de la société, des fêtes sans alcool seraient considérées comme un Noel sans cadeaux! Les autorités ont d’ailleurs bien compris qu’il ne leur servait à rien de dire aux gens de ne pas consommer et qu’il valait mieux tenter de les déculpabiliser en leur disant ce qui peut être « considéré comme de l’abus ». Ainsi les gens ont la possibilité d’avoir la conscience tranquille « s’ils n’en font pas trop ». De toute façon, on voit bien que la population en général n’écoute guère les recommandations en matière de santé. La preuve c’est que malgré le fait que cela fait plus d’un demi-siècle que le corps médical met les gens en garde contre les effets néfastes du tabagisme, on retrouve encore des gens qui commencent à fumer en 2016! Ce n’est pourtant pas faute d’avoir utilisé tous les moyens possibles pour tenter de les dissuader… on tente encore donc de niveler vers le bas en proposant des solutions de rechange qui seront considérées comme « moins pires » comme la gomme, le timbre ou la vapoteuse. Mais c’est une course sans issue car le véritable problème c’est qu’on ne s’attaque pas au cœur de celui-ci…car que ce soit le tabac ou l’alcool, lorsqu’une personne consomme une drogue elle le fait pour combler un manque et c’est sur ce point qu’il faut travailler pour espérer faire un pas dans la bonne direction.

Pour en revenir à l’alcool, nous en sommes au point où ceux qui ne consomment pas sont incompris (voire mal perçus) de la population en général et où ceux qui consomment se sentent mal à l’aise pour la personne qui ne les accompagne pas, pensant qu’elle ne peut qu’être malheureuse. Je vis moi-même régulièrement cette situation où vient inévitablement les fameux « enweye donc, juste un! » et « t’es sûr là que tu veux rien? ». Pourtant, ce qui est ironique c’est qu’autant ces gens ne semblent pas comprendre comment je puisse « résister » à la tentation autant de mon côté je ne comprends pas pourquoi je mettrais une toxine dans mon corps alors que la santé est l’une de mes valeurs fondamentales. Je sais d’ailleurs très bien que, comme ceux qui viennent vers moi pour retrouver une certaine qualité de vie, seuls ceux chez qui la santé est aussi une valeur importante (pour de vrai) accepteront les faits et oseront se remettre en question. C’est surtout pour ces personnes que j’ai entrepris d’écrire cet article, afin qu’elles puissent leur servir de discours lorsqu’elles auront à défendre leur point de vue. Et aussi un peu parce que de temps en temps, il faut exposer les faits tels qu’ils sont et choquer le public pour espérer éveiller en lui cette parcelle de bon sens qui sommeille quelque part en lui.

Vous trouvez que j’exagère ou que j’y vais un peu fort? En 2015, l’administrateur en chef de la santé publique du Canada a lui-même débuté son rapport sur la consommation d’alcool au Canada en disant :

« Notre société tolère et favorise la consommation d’alcool, voire en fait la promotion, par exemple avec les boissons « spéciales du jour », les prix réduits sur certaines marques et en associant alcool à amusement et sophistication. Bien qu’il soit davantage considéré au Canada comme un aliment, l’alcool est une drogue qui modifie l’humeur et dont la consommation est associée à des risques pour la santé. L’existence de nos directives de consommation d’alcool à faible risque ne signifie pas que l’alcool est sans danger. Au moins trois millions de consommateurs d’alcool au Canada risquent de souffrir d’une maladie aiguë comme une blessure et au moins quatre millions et demi risquent de développer des maladies chroniques telles que maladies du foie et cancer. »

On pourrait même dire que prendre de l’alcool a dépassé le stade de la normalité et est maintenant considéré comme étant une nécessité si on veut avoir l’impression de profiter de la vie ou comme le dit l’expression « d’abuser des bonnes choses ». Ce dicton est d’ailleurs paradoxal car il sous-entend que l’alcool est une bonne chose pour la santé, alors qu’il n’en est rien. Peu importe ce que vous avez pu entendre dire, il n'y a aucun avantage à boire, du moins pas pour votre corps ou votre santé. Et la liste de mauvaises choses que l’alcool peut faire à votre corps et votre santé peut être longue… En plus d’augmenter vos chances de développer du diabète, de vous blesser, de faire une chute, d’avoir un accident de voiture, de faire usage de violence ou même de vous suicider, l’alcool vous fait prendre du poids, diminue votre concentration, vos capacités motrices et vous rend plus susceptibles de développer une foule de problèmes de santé dont plusieurs cancers. À long terme, la consommation d'alcool affecte même la taille des cellules du cerveau ce qui se traduira par des pertes des capacités cognitives (problèmes d'apprentissage, de mémoire et de résolution de problèmes) et des troubles du sommeil et de gestion de l'humeur. Il y a aussi des preuves qu’à long terme, la consommation d'alcool affaiblit le muscle cardiaque et peut contribuer à l'hypertension, aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) et à l'insuffisance cardiaque.

Saviez-vous que l’alcool est impliqué d'une manière ou d'une autre dans plus de 100 000 décès par an en Amérique du Nord (États-Unis et Canada)? Au cours des derniers dix ans, le taux de départs de l’hôpital (patients hospitalisés qui obtiennent leur congé ou sont décédés) où l’alcool est cité comme la cause principale a augmenté au point de représenter plus de la moitié de tous les départs de l’hôpital liés à l’abus de substances. Le cancer du foie présente aussi l’un des plus hauts taux de croissance parmi les cancers au Canada! Il y a 15 ans (en 2002), le coût total des méfaits liés à l’alcool chez les Canadiens s’élevait à 14,6 milliards de dollars par année, dont 7,1 milliards en pertes de productivité en raison de maladies ou de décès prématurés, 3,3 milliards en coûts directs de soins de santé et 3,1 milliards en coûts directs d’application de la loi… pensez-vous que la situation d’est améliorée depuis? Bien sûr que non…

Et malgré le désir grandissant de la population d’atteindre un état de santé convenable avec d’innombrables diètes, produits naturels et techniques d’entraînement, celle-ci demeure toujours très réticente lorsqu’il s’agit de sacrifier l’alcool qui représente à leurs yeux quelque chose qu’on doit pouvoir se permettre pour au moins avoir l’impression de profiter un peu de la vie. Pourtant, si l’alcool a un effet sur la vie, c’est surtout d’en diminuer la durée et la qualité.

N’oubliez pas que l’alcool reste une drogue et que, comme c’est le cas pour plusieurs d’entre elles, les effets bénéfiques sont purement psychologiques. Ce que les gens aiment ou recherchent c’est principalement ce sentiment de célébrer quelque chose, de se laisser aller, d’être moins gêné, de pouvoir rire sans retenue, de partager quelque chose ou un moment avec d’autres, d’oublier les limites ou ses problèmes, etc. Ce sont pourtant là tous des états qui peuvent être atteints sans artifices. Les gens ont l’air d’avoir oublié d’ailleurs qu’il fut une époque où l’alcool était interdit. Mais comme nous sommes plutôt à l’ère de la revendication et de l’évasion nous risquons plus de voir de plus en plus de drogues légalisées que retirées du marché.

Ceux qui tentent de se réfugier derrière des arguments provenant d’études épidémiologiques ayant remarqué des effets soi-disant « protecteurs » doivent savoir qu’il faut faire attention avant de faire quelconque présomption et considérer qu’il s’agit là de simples corrélations et que plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dans ce genre d’étude où le but n’est pas de contrôler des variables mais de tenter de remarquer des relations. Bien sûr vous entendrez parler du resvératrol, un ingrédient du vin rouge qui semble avoir des vertus intéressantes pour la santé, mais non seulement de nouvelles recherches montrent qu'il ne prévient pas les maladies cardiaques ou le cancer mais les résultats de la recherche sont aussi mitigés. Il y a aussi ceux qui disent boire du vin pour le plein d’antioxydants. À ces gens vous pouvez répondre que les fruits et le chocolat aussi en ont! Pourtant on voit rarement les gens se jeter sur un panier de fruit ou une tablette de chocolat noir au restaurant ou le soir en rentrant à la maison. Au moins le cacao est un aliment tandis que l’éthanol est un poison. Pourquoi croyez-vous que l’alcool vous fait aller aux toilettes? Parce qu’elle stimule les réflexes d’expulsion (diurèse) pour que le corps puisse s’en débarrasser! Pourquoi croyez-vous que vos facultés diminuent et que vous êtes « feeling »? Parce que le corps est intoxiqué! D’ailleurs savez-vous pourquoi les gens disent de prendre un café aide à diminuer les effets? Parce que la caféine masque les indices que votre corps vous envoie sur votre niveau d'intoxication. Et pourquoi croyez-vous que vous vous réveillez avec un mal de tête le lendemain matin? Parce que le corps en a pris un coup! Les gens diront que c’est surtout lorsqu’on exagère et qu’on « prend un coup » que ces effets sont vraiment significatifs. C’est vrai qu’ils sont alors plus évidents mais chaque fois que vous buvez votre système est mis à l’épreuve. Le problème c’est que les dommages internes ne se voient que beaucoup plus tard à l’extérieur. Ce n’est pas pour rien que les femmes développent du « gras de bye-bye » et les hommes une « bedaine de bière », ce sont là de simples signes d’intoxication à long terme et particulièrement du foie.

Le foie est grandement impliqué dans l’élimination des toxines dans le sang et la production de la bile pour aider à digérer les aliments gras. En quelque sorte, il prend ce que vous mangez et buvez, et le transforme en énergie, en retire les nutriments et aide votre organisme à utiliser les glucides (sucres). Votre foie décompose l'alcool que vous buvez pour aider à l’expulser de votre corps. Boire de l'alcool fait travailler votre foie et peut que causer bien des problèmes et des dommages. C’est pour cela qu’on vous suggère si fortement de modérer votre consommation d'alcool. Il existe plusieurs types de maladies du foie ou « hépatiques » liées à l'alcool, la cirrhose étant considérée comme la pire de ces maladies. On ne peut pas inverser les dommages du foie découlant de la cirrhose, car il s’agit d’un dommage permanent (cicatrisation). Votre peau et vos yeux peuvent prendre une teinte jaunâtre lorsque le taux de bilirubine est élevé dans le sang. La bilirubine est un pigment jaune que le corps crée lorsqu’il dégrade les globules rouges. Normalement, le foie filtre la bilirubine, mais dans le cas d’une lésion hépatique, le foie ne suffit pas à la tâche et on risque d’obtenir ce que l’on appelle la jaunisse. Le foie est grandement impliqué dans l’élimination des toxines et l’éthanol, que l’on retrouve dans toutes les boissons alcoolisées, est justement très toxique. Comme c’est le foie qui décompose l’alcool pour l’expulser du corps il est tout à fait logique que la consommation d’alcool soit liée à la cirrhose du foie qui peut même conduire au cancer du foie. Le pire c’est que vous n’avez pas besoin d’avoir une dépendance à l’alcool pour engendrer des dommages. Il suffit que votre consommation soit fréquente (coutumière) et le temps (l’accumulation) fera encore une fois son travail… C’est comme recevoir un coup; si vous vous battez et que vous  « mangez une volée » c’est sûr que les traces seront évidentes et vous aurez peut-être même des séquelles qui seront permanentes… mais même une simple claque laissera des marques si vous en recevez une chaque jour pendant des années.

Mon but avec cet article n’est pas de vous convaincre d’arrêter de boire. Comme je le disais plus haut ce serait peine perdue de toute façon car la motivation à changer une habitude de vie doit venir de la personne elle-même. Il faut mettre le doigt sur ce qui pousse la personne à adopter cette mauvaise habitude ainsi que ce qui peut la pousser à changer sa situation (ses valeurs profondes). Ce n’est pas tous mes clients qui décident d’arrêter de boire non plus. La plupart diminuent leur consommation mais seuls ceux qui sont prêts et qui savent réellement pourquoi ils le font vont arrêter complètement. Chacun est responsable de ses propres choix, ce qui importe c'est d'en accepter pleinement les conséquences. Je peux vous dire cependant que ces derniers en voient les effets positifs assez rapidement : meilleur sommeil (plus profond, moins d’interruptions), plus d’énergie (sentiment de pouvoir en faire plus), perte de gras localisée (pectoraux, bras, ventre, fesses, cuisses, visage), diminution de l’inflammation, amélioration de la qualité de la peau (plus mince, plus souple, plus belle), etc.

Ce que j’espère plutôt c’est qu’en dehors d’avoir peut-être interpelé quelque chose en vous, vous soyez au moins en mesure de comprendre pourquoi certaines personnes vous accompagneront « sans alcool » pendant les fêtes et ce tout en étant bien avec cette décision. Et si cet article vous a suscité votre intérêt d’une certaine façon je vous suggère la lecture de mon article sur le tabagisme (ici en bas de page) ainsi que du document d’Éducalcool traitant de l’alcool et l’activité physique auquel j’ai collaboré et que vous pouvez télécharger gratuitement sur leur site. Sur ce, je vous souhaite un beau temps des fêtes, riez, amusez-vous et surtout pensez à vous!

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Alcohol abuse during holiday period

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