Chaque fois que je mets la main sur le dernier tome de « Saga », c’est un peu Noël avant l’heure. C’est fou comment j’aime cette série créée par Brian K. Vaughan (scénario) et Fiona Staples (dessin) en 2012. Et ce n’est pas le sixième tome, publié récemment en français par Urban Comics, qui va me faire changer d’idée.

Enfin réunis, Marko et Alana ne sont pas heureux pour autant. Le couple interdit (chacun est issu d'une race extraterrestre ennemie avec l'autre) tente de retrouver leur fille Hazel, détenue avec sa grand-mère dans une espèce de centre de détention. Pour essayer de la libérer, ils vont demander entre autres de l’aide au prince Robot, leur ancien ennemi devenu finalement leur allié.

Pour sa part, le Testament, le fameux tueur à gages, se refait tranquillement une santé. Mais sa « résurrection » n’a pas eu que du bon. Ses hallucinations sont en train de le rendre fou et dangereux.

Annuellement, je lis des dizaines, voire des centaines d’albums. À un certain moment, quand je me replonge dans une série, j’ai de la difficulté à faire le pont entre le tome que je tiens dans mes mains et le dernier que j'ai lu.

Eh bien, même si je ne me rappelais plus exactement de ce qui s’était passé dans le cinquième tome de Saga, j’ai tout de suite embarqué dans ce nouvel album. Je ne ressentais aucun dépaysement. C’est comme si je retrouvais un vieil ami ou que je faisais du vélo pour la première fois au printemps, après l'avoir remisé tout l'hiver.

Comment aurait-il pu en être autrement? Ce sixième épisode, comme tous les autres, peut compter sur une narration aux petits oignons, une mise en scène adroite, des personnages originaux et attachants, un univers vaste et surprenant et, bien sûr, l’un des plus beaux dessins du comics américain. 

Visuellement, cet album est en effet d’une limpidité incroyable. Le niveau de finition de chacune des cases est étonnant et fait oublier que les dessinateurs de comics doivent respecter des dates de tombées très serrées.

Les fans de Saga le savent : Fiona Staples ne craint pas de montrer de la nudité. Toutefois, l’illustratrice canadienne semble ici aller encore plus loin. Je pense notamment à la scène de sexualité au début de l’album mettant en vedette Marko et Alana. On voit tout. 

Si vous êtes amateur de bandes dessinées européennes, vous êtes sûrement habitué à de la nudité. Il faut cependant comprendre qu’habituellement les auteurs de comics sont plus frileux dans ce domaine.  

C'est en tout cas rafraichissant de voir une dessinatrice de comics prendre de tels risques. 

Verdict

Brian K. Vaughan et Fiona Staples signent un autre tome exemplaire. La magie du premier opus y est toujours présente. Bref, au risque de me répéter, c’est une série que je verrais certainement adapter au grand écran ou dans une série produite par Netflix!

 

Saga, tome 6

Brian K. Vaughan et Fiona Staples

Urban Comics

152 pages

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5

 

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