Il y a plusieurs années, Jean-Sébastien Bérubé s’est rendu au Népal et au Tibet pour devenir moine bouddhiste. Mais à l’issue de son voyage, le bédéiste québécois a réalisé que la vie de monastère n’était pas faite pour lui. Il est revenu au pays et a débuté, peu de temps après, une belle carrière en bande dessinée. Sa série « Radisson », parue chez Glénat Québec de 2009 à 2012, a, par exemple, reçu un bel accueil de la part du public et de la critique. Avec « Comment je ne suis pas devenu moine », publié récemment par Futuropolis, l’auteur revient justement sur son voyage en Asie. Il y signe sûrement son œuvre la plus personnelle et la plus aboutie à ce jour. Un véritable chef-d’œuvre de la bande dessinée québécoise. Rien de moins.

L’histoire commence à Montréal en 1999. Jean-Sébastien entre dans un temple bouddhiste de la métropole avec une intention ferme : devenir moine. Les responsables lui apprennent alors qu’il devra aller en Inde ou au Népal pour réaliser son rêve.

Le 1er mai 2005, le jeune homme s’envole finalement pour le Népal. Il n’est même pas sorti de l’aéroport qu’il se fait accoster par une tonne de chauffeurs de taxi. Et, malheureusement pour lui, ce ne sera pas la dernière fois qu’on l’accostera en pleine rue. Son voyage sera parsemé de rencontres impromptues. La plupart des inconnus qui vont l’aborder ne voudront toutefois qu’une seule chose : son argent.

Heureusement, les Népalais et les Tibétains ne sont pas tous des voleurs et des mendiants. Quelques-uns lui offriront leur hospitalité. Il rencontrera également beaucoup de touristes venant des quatre coins du globe. 

Pendant son voyage, il va réaliser, peu à peu, que les bouddhistes ne sont peut-être pas aussi purs qu'il le croyait. Comme tous les autres êtres humains, ils peuvent mentir, être arrogants, voire carrément violents. Ce constat fera changer à jamais la façon dont il percevait le Bouddhisme... 

Dans la préface, Jean-Louis Tripp nous explique qu’à cause d’une tendinite, Jean-Sébastien Bérubé a dû changer sa façon de dessiner, car la douleur venait de la manière dont il tenait son crayon.

Visuellement, le dessinateur adopte donc un style très libre. Le dessin, exempt de couleurs, se trouve à mi-chemin entre le croquis et les récits de voyage de Guy Delisle. Même si on s’éloigne du photoréalisme, les décors sont souvent à couper le souffle. Je pense notamment aux nombreux monastères et temples qui parsèment les quelque 240 pages de l’album.

En fait, il y a quelque chose de très personnel dans le visuel, comme si Jean-Sébastien Bérubé avait dessiné pratiquement chacune des cases avec ses tripes. Il se dégage de chaque coup de crayon une grande sensibilité.

Cette candeur n’est pas seulement présente dans les illustrations. L’histoire que nous raconte l’auteur est très touchante. Comment je ne suis pas devenu moine est en réalité bien plus qu’un banal récit de voyage. Oui, à la fin de notre lecture, on aura appris des choses intéressantes sur le Népal et le Tibet. Mais on aura aussi vécu, avec le bédéiste, une véritable traversée initiatique. 

Verdict

Comment je ne suis pas devenu moine est mon grand coup de cœur du printemps. Une bande dessinée à lire impérativement! Faites vite, cependant. J’ai entendu dire que les exemplaires se vendent comme des petits pains chauds! Ce serait dommage de passer à côté de ce bijou du 9e art. 

 

Comment je ne suis pas devenu moine 

Jean-Sébastien Bérubé

Futuropolis

240 pages

 

Cote : 4,75 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Futuropolis

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