Si vous êtes un amateur d’automobiles, vous avez certainement vu la nouvelle passer concernant cette nouvelle version de la Dodge Challenger, la SRT Demon. Cette dernière, grâce à une version retravaillée du moteur de la variante Hellcat, propose à celui qui la gavera d’essence à 100 d’indice d’octane la bagatelle de 840 chevaux et un couple maximum de 717 livres-pieds.

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Démentiel!

Si vous avez fouillé à propos des détails entourant ce modèle, vous aurez découvert, peut-être avec stupéfaction, qu’il était livré sans banquette arrière, ni siège du passager, ni chaîne audio digne de ce nom et sans une quantité intéressante de matériaux isolants.

Et bien, sachez que cette pratique ne date pas d’hier au sein de la compagnie. En fait, ce qu’on a fait avec cette SRT Demon, on l’a fait à la fin des années 60 avec la Plymouth Road Runner.

Allez, un petit retour en arrière.

Les années 60

En 1964, la division Pontiac de GM frappait un grand coup avec la GTO. En gros, l’idée était fort simple, on installait le moteur le plus puissant de la division sous le capot de la voiture la plus petite de la gamme. Le but : obtenir un bolide puissant, compact, moins lourd et abordable pour la masse.

L’idée a rapidement fait des petits, d’abord à l’intérieur de la famille GM. En 1965, les autres divisions avaient leur petit Muscle Car; la GS chez Buick, la Chevelle SS chez Chevrolet et la 4-4-2 à l’enseigne Oldsmobile.

Ce qui s’est produit, c’est que la concurrence entre les différentes marques a fait grimper les prix. Lorsque la fin de la décennie s’est pointée, on ne parlait plus de modèles abordables. Même chez le groupe Chrysler, Dodge proposait des versions à moteur HEMI à condition que le consommateur sorte son chéquier.

Heureusement, on va avoir une idée de génie chez Plymouth. Pour vous résumer ça simplement, nous allons simplement vous retranscrire les propos de Joe Sturm, le responsable de la planification de produits à l’époque, qui expliquait à un groupe d’ingénieurs lors d’une présentation en 1969 :

« Nous avons reçu un appel de la division des ventes de Plymouth au début de l’année 1967. En gros, ces derniers nous demandaient s’il était possible d’offrir une voiture avec le plus gros moteur possible, mais sans une foule d’équipement qu’on retrouve généralement sur toutes les voitures. On parle ici de la banquette arrière, des tapis, des tapis protecteurs et de toute l’ornementation qui n’est pas jugée nécessaire. »

Joe Sturm a lancé l’idée à ses deux adjoints, Jack Smith et Gordon Cherry. Ensemble, ils ont convenu que l’idée était peut-être trop extrême, mais qu’une solution se situant quelque part entre les deux était probablement envisageable.

On a approché différents groupes de consommateurs, dont plusieurs amateurs de courses d’accélération.

On a finalement opté pour un compromis et l’objectif final de Plymouth était simple; proposer une voiture capable d’atteindre le quart de mille à 100 milles à l’heure et l’offrir pour moins de 3000 $.

Naissait alors la Plymouth Road Runner. La photo principal du présent article vous montre le modèle concept.

Mardi soir, lorsque la Challenger SRT Demon a été présentée, on a fait état de ses chiffres à la piste d’accélération.

Comme vous pouvez le constater, on n’a pas réinventé la roue chez Chrysler; on s’est simplement inspiré du passé de l’entreprise.

La principale différence, c’est que la voiture ne sera certes pas offerte pour une bouchée de pain.

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Source(s) image(s):
Plymouth

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