The Woods, tome 2 - Critique - #adg

La couverture du deuxième tome de « The Woods » aurait dû me mettre en garde. L’imposant roman graphique de James Tynion IV et Michael Dialynas est une aventure dont on ne sort pas indemne.

À l'instar du premier tome, cette suite met en scène un groupe d’élèves du collège de Bay Point. Ces derniers ont été transportés de leur école jusqu’à une mystérieuse planète. Ils ne savent pas trop pourquoi, mais ils aimeraient bien retourner chez eux...

Sans dire qu’ils se sont complètement acclimatés à leur nouvel environnement, on constate avec ce nouveau livre qu’ils sont un peu plus en confiance. Ils ont appris que ce n’était pas tous les habitants de cette planète qui leur étaient hostiles.

D’ailleurs, une bonne partie de ce second opus se déroule à New London, un petit village qui semble ne pas avoir évolué depuis au moins 200 ans.   

Malgré cette accalmie, la menace gronde au loin. Adrian, un des élèves qui s’est séparé du groupe pour aller vivre dans la forêt, a subi, disons, quelques transformations. Si ces modifications l’ont rendu plus puissant, elles lui ont également bousillé une grande partie de son cerveau. Maintenant, il ne souhaite plus qu’une chose : s’emparer de New London.

Comme toujours, l'univers de The Woods ne cesse de nous mystifier. Malgré un deuxième tome faisant près de 300 pages, on a l’impression d'en avoir effleuré qu'une toute petite partie. Chaque nouveau chapitre nous présente une nouvelle facette de son histoire, de son environnement ou de sa population. Et, chaque fois, on arrive à nous surprendre.

Comme avec East of West ou d’autres séries fantastiques, nous rencontrons une brochette de créatures étranges. Cependant, le scénario s’appuie moins sur celles-ci. Disons qu’elles font plus partie du décor.

En fait, ce nouvel album de The Woods, bien qu’il se déroule dans un autre univers, est profondément humain. Même si l’histoire n’a pas grand-chose à voir avec The Walking Dead, on y retrouve la même humanité « sincère » (sans, bien sûr, la violence graphique).

Le livre n’oublie jamais que les personnages principaux sont des adolescents. Oui, ils accomplissent des choses incroyables, mais ils n’ont pas forcément mis de côté les problèmes que traversent un garçon ou une fille de 16 ans.

L’un se demande, par exemple, s’il doit avouer son amour à un de ses camarades, un autre regrette ce qu’il a fait à un autre ami, tandis qu’un autre doit lutter contre la dépendance à la drogue. Bref, ce sont juste des adolescents qui tentent de faire de leur mieux vu les circonstances.

Michael Dialynas s’en est, encore une fois, donné à cœur joie pour illustrer le monde particulier de The Woods. Contrairement à bien des bandes dessinées, il n’y a pas un élément en particulier qui se démarque. C’est plutôt chacun des détails du dessin qui permet à l'album d’émerger du lot. Le dessinateur grec semble d’ailleurs avoir des standards plus élevés que beaucoup de ses collègues. Si les planches avaient une odeur, ça sentirait certainement la passion à plein nez.  

Verdict

Étrangement, la plus grande force de ce second tome de The Woods n’est pas sa mise en scène ou son univers, mais plutôt sa psychologie des personnages, laquelle est tout en finesse.   

 

The Woods, tome 2

James Tynion IV et Michael Dialynas

Ankama

270 pages


Cote : 4 étoiles sur 5

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Prologue

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