B
o
u
t
i
q
u
e
+

Critique cinéma : « Insaisissable » avec Morgan Freeman

27/05/2013, par Philippe Michaud, dans Divertissement - Cinéma

Avec des artistes comme Messmer et Luc Langevin, on peut dire que la magie et l'art de l'illusion connaissent un réel renouveau. Le cinéma semble aussi s'intéresser de plus en plus à ces disciplines. C'est notamment le cas du nouveau « Insaisissable » (version française de « Now You See Me ») de Louis Leterrier, qui doit arriver en salles le 31 mai.

Des Robin des bois modernes
 
Un agent du FBI, Dylan Rhodes (Mark Ruffalo), assisté de l'agent d'Interpol Alma Vargas (Mélanie Laurent), tente d'arrêter un groupe d'illusionnistes et de magiciens se faisant appeler « Les Quatre Cavaliers ». Un peu comme des Robin des bois des temps modernes, ils volent, pendant leurs spectacles, des banques et autres personnalités riches pour ensuite redistribuer l'argent aux spectateurs présents dans la salle.
 
Bien que le public semble apprécier les tours de magie de ces artistes, les autorités, elles, n'ont pas le même avis sur le sujet. Il faut dire que l'argent qui est redistribué au public est bien réel et n'a rien à voir avec la magie. Pour venir à bout de ces criminels, le FBI va faire appel à Thaddeus Bradley (Morgan Freeman, que l'on a pu récemment voir dans L'oubli), un homme qui s'est donné comme mission de démystifier les tours de magie.
 
Une distribution éclatante
 
Même s'il réunit un grand nombre de personnages importants, le long métrage ne fait pas l'erreur d'en oublier. Aucun n'est traité de manière trop superficielle. Il faut dire que le film peut compter sur une solide distribution. Outre les acteurs mentionnés ci-dessus, on retrouve notamment Michael Caine et Jesse Eisenberg. Contrairement au film The company you keep, le réalisateur a su tirer pleinement profit de sa distribution.
 
On s'en doute, tous ces grands acteurs nous permettent de profiter d'échanges particulièrement croustillants et parfois assez rigolos. Je dois toutefois avouer que les quelques dialogues entre Morgan Freeman et Michael Caine sont difficiles à battre. C'est un vrai délice de voir les deux vénérables comédiens se donner la réplique.
 
La magie au cœur du scénario
 
Le scénario laisse une grande place à la magie. Évidemment, les magiciens s'en servent dans leurs spectacles, mais ils utilisent aussi quelques trucs pour perpétrer leurs crimes, ou encore semer les policiers. Plus d'une fois, on n'y voit que du feu et on se demande comment ils ont bien pu réussir leur tour. Heureusement, vers la fin du récit, la plupart des secrets sont révélés, nous permettant de nous émerveiller davantage. Disons que certains sont vraiment très bien pensés.
 
Le thème de la magie se retrouve également dans la bouche des personnages. Comme dans la vraie vie, il y a les éternels sceptiques comme Dylan Rhodes, mais aussi les crédules comme Alma Vargas.
 
Mais par-dessus tout, on sent que la magie et les tours ont été traités avec un grand respect. Il ne s'agit pas ici que d'un prétexte pour faire un film de suspense. Elle est bien exploitée, sans pour autant dresser un portrait trop cliché de cet univers.
 
Une belle alternance entre action et moments plus calmes
 
L'histoire en tant que telle est basée sur une course-poursuite. Après une courte introduction nous présentant sommairement les quatre membres des Quatre Cavaliers, le récit se transporte du côté des agents du FBI que l'on suivra presque jusqu'à la fin. Malgré tous les efforts déployés, ils auront beaucoup de difficulté à arrêter les magiciens.
 
Comme dans presque toutes les productions du genre, on a droit à quelques rebondissements. Cela est rendu possible grâce à un scénario bien ficelé qui alterne à merveille les scènes plus calmes et celles où ça bouge. Les temps morts sont aussi chose inexistante.
 
Même s'ils arrivent presque toujours à nous surprendre et à créer un effet de surprise, ces rebondissements ne sont pas trop tirés par les cheveux et s'emboîtent bien avec le reste du récit. Je dois dire que j'ai été étonné par la révélation finale. Je ne m'attendais vraiment pas à cela!
 
Les amateurs d'action seront également heureux d'apprendre que l'on peut voir plusieurs séquences très ludiques où les illusionnistes et les policiers jouent au chat et à la souris. Il y a des chasses à l'homme à pied dans des rues bondées de la Nouvelle-Orléans, mais aussi des poursuites époustouflantes en véhicules dans des artères congestionnées de New York.
 
Il arrive toutefois qu'on ne sache pas trop dans quel clan se positionner. Veut-on que les magiciens échappent aux forces de l'ordre ou souhaite-t-on plutôt qu'ils se fassent coincer? Si j'avais des réserves à formuler, je dirais que l'on a de la difficulté à s'associer à un protagoniste tout au long du film et à croire en sa cause.
 
Verdict
 
Insaisissable fait partie des meilleurs films à suspense que j'ai vus ces derniers mois. Le scénario est bien écrit, intelligent et bourré de rebondissements. Les personnages sont bien traités et les scènes d'action sont fluides, dynamiques et s'emboîtent à merveille avec le reste du récit. Bref, ce long métrage est comme un tour de magie réussi. Il provoque en nous un grand sentiment d'émerveillement, que l'on ne voit que trop peu souvent.
 
Cote : 4 étoiles sur 5

Ne manquez rien des derniers articles de notre rédacteur en chef adjoint! Suivez Philippe Michaud sur Twitter via @Micph

Inscris-toi à notre infolettre

À propos de l'auteur

Philippe Michaud
Philippe Michaud

Même si ma spécialisation est d’abord la techno (j’ai écrit pour nombre de médias, dont Québec Micro, Branchez-Vous, Game-Focus, le blogue de Best Buy, et MSN), je m’intéresse depuis ma plus tendre enfance au cinéma. Lorsque j’étais encore enfant, ma mère m’a offert une caméra pour Noël. La fin de semaine (et tout l’été) avec mes amis, je m’amusais à faire des courts métrages calqués sur mes films d’action préférés. À l’adolescence, j’ai eu une autre caméra et j’ai continué à faire des films, à mesure que j’améliorais mes techniques. Au cégep, je me suis beaucoup impliqué dans le milieu des films étudiants où j’ai joué dans quelques courts métrages, en plus d’occuper divers postes. À l’université, même si j’avais moins le temps, j’essayais de voir beaucoup de films (de toutes les époques et de tous les styles). 


On dit souvent que la bande dessinée se rapproche du 7e art. Comme le cinéma, j’ai été attiré très tôt. Quand j’allais au primaire, on m’avait offert un exemplaire de Tintin. Ça a été le coup de foudre. Depuis, ce temps, le monde du 9e art fait partie de ma vie.