BORNES ÉLECTRIQUES

Je ne le cacherai pas, j'adore les produits Apple. Très jeune, j'ai baigné dans l'univers Macintosh. Plus tard, je me suis acheté un iPod, puis un iPad. Et devinez avec quel ordinateur j'ai écrit cette critique! Inutile de vous dire que j'attendais avec impatience la sortie de « JOBS ».

Un visionnaire
 
Il y a quelques années, on m'avait offert à Noël la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson. Évidemment, je l'avais dévorée et j'avais été surpris de découvrir un homme qui ne prenait pas toujours des gants blancs avec ses collègues. En connaissant un peu la vie de ce visionnaire, j'avais, bien malgré moi, quelques attentes à propos de JOBS.
 
Bien sûr, il est difficile de dresser un portrait exhaustif d'un homme comme Steve Jobs dans un film de 2 h 02. Il y a des choses que l'on doit couper. Dans JOBS, Joshua Michael Stern (Neverwas, Swing Vote) a pris la décision de ne pas se concentrer sur l'enfance de Jobs. Après une courte introduction, où on le voit d'ailleurs présenter l'iPod au début 2000 devant une partie de l'équipe d'Apple, le long métrage nous transporte au Reed College au début des années 70. On y voit un jeune Jobs (bien souvent pieds nus) en ébullition et amoureux de la culture et de la spiritualité indienne. 
 
Ashton Kutcher joue le jeu
 
Ashton Kutcher est d'ailleurs méconnaissable dans le rôle de Steve Jobs. Je n'ai jamais eu la chance de voir le cofondateur d'Apple en vrai, mais, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'acteur de 35 ans a travaillé très dur pour lui ressembler. On n'a qu'à observer sa démarche particulière tout au long du récit. Certains pourraient néanmoins trouver son jeu un peu trop caricatural. Pour ma part, je crois qu'il en fait juste assez.
 
Sans grande surprise, on retrouve la plupart des gens qui ont, un jour ou l'autre, joué un rôle important dans l'entreprise comme Steve Wozniak (Josh Gad), Mike Markkula (Dermot Mulroney) et John Sculley (Matthew Modine). La plupart sont talentueux, mais n'entrent pas vraiment dans la caricature, sauf peut-être un peu Josh Gad (qui demeure tout de même l'un des personnages les plus attachants du long métrage).


 
Apple et compagnie
 
JOBS se concentre donc sur la carrière professionnelle de Steve Jobs. On assiste à la fondation de la société dans le garage familial jusqu'à l'annonce de l'iPod. Même si on sent que le film souhaite rendre hommage à ce grand nom, le scénariste, Matt Whiteley, n'a pas peur de nous montrer les moins bons côtés de ce visionnaire. Comme je l'ai dit plus haut, Jobs n'a pas toujours été un enfant de chœur et, si on se fie à la biographie, il a fait de la peine à plus d'une personne. On retrouve ce côté là dans le long métrage, mais peut-être un peu moins que dans le livre.
 
Dans sa vie mouvementée, Steve Jobs a eu des bons coups, mais également des moins bons. Évidemment, le récit aborde l'évincement de Jobs et de sa compagnie. Ce moment est sans aucun doute le plus touchant, puisqu'on y voit un homme vulnérable et qui est en colère d'avoir été trahi.
 
Plusieurs événements n'ont pas été abordés ou que très peu dans JOBS. Sa vie amoureuse et familiale (et la relation qu'il avait avec ses parents) n'est qu'effleurée, alors qu'on ne parle tout simplement pas de son aventure chez Pixar.
 
Les décors (ainsi que tous les produits Apple) du film sont crédibles et accentuent le sentiment d'immersion. La reconstitution historique est aussi de qualité.
 
La trame sonore est riche et variée. Bach et Chopin se retrouvent aux côtés de Cat Stevens et Bob Dylan. J'ai toutefois remarqué que, parfois, la musique prenait peut-être un peu trop de place, enlevant un peu de subtilité à JOBS. 
 
Verdict
 
Il est clair que JOBS ne plaira pas à tout le monde. Certains détesteront, alors que d'autres tomberont amoureux. Il reste que l'œuvre de Joshua Michael Stern est inspirante et nous montre brillamment comment un seul homme (entouré d'une bonne équipe) peut changer le monde. Un film à voir si vous êtes un amateur d'Apple ou de biographies de personnages célèbres.

Cote : 3,5 étoiles sur 5.

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