Julius Corentin Acquefacques tome 6 : Le décalage - - #adg

Du matin au soir, les hommes se posent toutes sortes de questions. Certaines sont simples (est-ce que j'ai bien verrouillé la porte?) et d'autres, un peu plus complexes (combien mesure l'Univers?). Mais qu'arrive-t-il lorsque des personnages de bande dessinée se mettent à philosopher et à se questionner sur leur place dans l'Univers? Bienvenue dans le monde de « Julius Corentin Acquefacques tome 6 : Le décalage » de Marc-Antoine Mathieu.

Un monde à part
 
Oubliez les bandes dessinées traditionnelles. Ici, vous pénétrez dans un univers à part! Pour s'en convaincre, on n'a qu'à regarder la couverture, qui est en fait la première planche de l'album. Vous avez bien lu. Le décalage n'a pas de couverture classique. Par conséquent, on est immédiatement projeté dans l'histoire.
 
Le lecteur non initié à ce genre de projet peut alors être légèrement déstabilisé durant les premières pages de sa lecture. Mais, une fois ce monde original apprivoisé, il ne voudra plus le quitter.

« Récapitulons. Nous sommes donc nulle part, sans espace, sans temps... et sans histoire. Â»
 
Dans ce sixième tome, notre héros, Julius Corentin Acquefacques, est en plein questionnement. En fait, il a « disparu Â» de l'histoire. Transparent, il ne peut plus être vu par les autres ni interagir avec ces derniers. Évidemment, cela est rapidement vu comme une catastrophe par les personnages secondaires. Ont-ils toujours leur place? Est-ce qu'une histoire peut exister sans héros?
 
Les personnages secondaires vont donc y aller chacun de leur propre réflexion. L'absurdité va ainsi se mélanger à la métaphysique, à la science et à la philosophie. Par contre, Marc-Antoine Mathieu ne va jamais faire l'erreur de tomber dans la lourdeur. Le but premier est bien sûr de divertir le lecteur, mais également de l'amener à réfléchir sur son propre monde.
 
Le scénario est, on s'en doute, tout le contraire d'un scénario typique d'une bande dessinée ou même d'un roman ou d'un film. Il n'en demeure pas moins qu'il est solide et bien ficelé, et qu'il réserve même quelques surprises. Je ne vais pas les évoquer ici pour vous les gâcher, mais l'une d'entre elles m'a littéralement fait sursauter de mon fauteuil. Je ne m'étais jamais senti autant impliqué comme lecteur.
 
Du côté du dessin, Le décalage s'en tire admirablement. Même s'ils ne sont qu'en noir et blanc, les dessins de Marc-Antoine Mathieu sont inspirés et sublimes. Les personnages sont peut-être un peu trop caricaturaux, mais d'un autre côté, c'est ça qui fait leur charme. Les environnements sont tantôt ultra-détaillés, tantôt très épurés. Certains pourraient reprocher à l'auteur d'avoir abusé du noir. Pour ma part, ça ne me pose pas de problème. La sombre couleur contribue à donner du relief aux personnages.
 
Verdict
 
Absurde, drôle et parfois dérangeant, Julius Corentin Acquefacques tome 6 : Le décalage fait figure d'ovni dans le monde de la bande dessinée. Si vous n'avez jamais lu d'Å“uvre du 9e art, je ne saurais vous recommander d'aller directement vers celle-ci; vous risqueriez de trouver l'expérience un peu « traumatisante Â». Par contre, si vous lisez à l'occasion des BD ou que vous êtes un fin connaisseur et que vous avez besoin d'un peu d'air frais, je vous invite à vous précipiter chez votre libraire pour vous en procurer un exemplaire.
 
Cote : 4,5 étoiles sur 5

Julius Corentin Acquefacques tome 6 : Le décalage
Marc-Antoine Mathieu 
Delcourt

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site Internet de Hachette Canada

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