BORNES ÉLECTRIQUES

Pour son neuvième film en tant que directeur, Robert Redford a décidé d'explorer le monde des anciens membres du Weather Underground, un groupe d'activistes très actif à la fin des années 60 et qui s'opposait à la guerre du Vietnam. Est-ce que « The company you keep » est un long métrage réussi?

On ne peut oublier son passé
 
Jim Grant (Robert Redford) est un ancien militant du Weather Underground. Il vit maintenant une vie rangée et tranquille d'avocat de la défense dans la région d'Albany, dans l'État de New York aux États-Unis. Lorsqu'il apprend que Sharon Solarz (Susan Sarandon), une ancienne membre de la même organisation, est arrêtée, la vie de Jim s'effondre.
 
En effet, en enquêtant sur cette affaire, un jeune journaliste, Ben Shepard (Shia LaBeouf), fait une découverte stupéfiante. Jim n'est peut-être pas l'homme qu'il semble être. En fait, il aurait été impliqué dans le vol d'une banque, il y a plusieurs années de cela, et aurait alors tué quelqu'un.
 
Dans un article de journal, Ben révèle à tous le vrai visage de Jim. Évidemment, cela vient rapidement aux oreilles du FBI qui lance une gigantesque chasse à l'homme pour le retrouver. Ne désirant pas passer le reste de sa vie en prison, l'ancien militant prend la fuite dans l'espoir de retrouver quelqu'un qui pourrait l'aider à prouver son innocence. Et si Jim n'avait pas commis les crimes qu'on lui reproche?
 
Une chasse à l'homme, une enquête journalistique et une poursuite policière
 
The company you keep se divise donc en trois axes. Il y a, tout d'abord, la fuite de Jim Grant. Ce sera pour lui l'occasion de reprendre brièvement contact avec son frère Daniel (Chris Cooper), ainsi que de rencontrer des anciens membres de son organisation qui ont tous tenté de tourner la page : Mimi Lurie (Julie Christie), Jed Lewis (Richard Jenkins) et Donal Fitzgerald (Nick Nolte).
 
Les séquences avec les anciens amis de Jim sont parmi les meilleures du film. Mis à part la prestation des acteurs, qui est toujours juste, il est intéressant de voir comment chaque ancien activiste a tenté de refaire sa vie après ce qui s'est passé il y a 30 ans. Chacun des personnages est distinct et réagit de façon très différente à la vue de Jim.
 
Dans ces scènes, le personnage principal agit comme un fugitif. Cependant, même s'il est poursuivi par les forces de l'ordre, il est rare que l'on ressente un sentiment d'oppression ou d'angoisse. Même si ce long métrage se qualifie de thriller, il faut bien avouer que l'élément de suspense est assez faible. On a envie de découvrir la vérité, mais on est rarement vissé dans notre fauteuil. On sait que les forces policières sont là, mais elles représentent rarement une menace pour le héros. Ce n'est pas non plus une mauvaise chose en soi. Jim est présenté davantage comme quelqu'un qui est à la recherche de réponses que comme une personne qui fuit, ce qui est assez différent de ce qu'on a l'habitude de voir.
 
Le deuxième axe de The company you keep est l'enquête journalistique de Ben. Ces séquences nous présentent un reporter agressif qui ne recherche pas forcément la vérité absolue, mais plutôt des éléments lui permettant de faire la manchette et, par ricochet, de se faire connaître. Il va, par exemple, rencontrer le premier policier qui a été appelé à enquêter sur les lieux où s'est déroulé le vol de banque, Henry Osborne (Brendan Gleeson).
 
Le jeu de Shia LaBeouf est par ailleurs très impressionnant. Le personnage qu'on lui demande d'incarner est peut-être un peu cliché (le journaliste assoiffé d'exclusivités), mais l'interprétation qu'il en fait est sans reproche et très inspirée.
 
Finalement, le troisième axe présente la vision du FBI. L'agent spécial Cornelius (Terrence Howard) est responsable de la chasse à l'homme. Ces moments, il faut bien l'avouer, occupent beaucoup moins de place dans le film que les deux autres. Les agents sont souvent dans leur bureau en train de communiquer avec des hommes sur le terrain qu'on ne voit pas beaucoup. En fait, on ne sait pas trop ce que font les autorités et quels sont leurs plans.
 
Tout comme le suspense, le volet action est, on s'en doute, assez peu présent. Les traditionnelles courses en voiture ou à pied sont quasi inexistantes. Même chose pour les scènes de tir ou de combat. Si vous vous attendiez à voir un film d'action, vous serez peut-être déçu.
 
Une bonne distribution
 
Robert Redford sait s'entourer d'acteurs de haut calibre. La plupart des rôles secondaires sont joués par des comédiens que l'on a pu voir dans beaucoup de productions cinématographiques. Même si vous n'êtes pas un fan du 7e art, la plupart des visages vont sûrement vous dire quelque chose.
 
Le fait d'avoir choisi des acteurs doués et d'expérience donne au film un caractère crédible et authentique. Il s'en dégage quelque chose de fort et de puissant.
 
Cependant, aussi bizarre que cela puisse paraître, le nombre élevé de personnages a aussi un effet négatif sur le film. En effet, ça vient quelque peu nuire à la compréhension de l'histoire. Dans une série télé, cela n'aurait pas causé de problème, mais dans un film de 2 h 05, le cinéphile peut être un peu perdu. Personnellement, j'aurais aimé en connaître plus que le strict minimum sur plusieurs personnages. Le réalisateur aurait pu profiter un peu plus de sa magnifique distribution.
 
Verdict
 
Nageant entre film à suspense et film d'action, The company you keep est une œuvre impressionnante du point de vue de la distribution. Il aurait cependant été bien de traiter les personnages secondaires avec un peu plus de profondeur. On aurait eu le sentiment d'être moins perdu et plus impliqué dans le récit. 
 
Cote : 3 étoiles sur 5

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