BORNES ÉLECTRIQUES

Moins connu chez nous, The Lone Ranger est un personnage de fiction qui a vu le jour dans un feuilleton radiophonique en 1933 aux États-Unis. Mélange entre Robin des Bois et Zoro, le personnage a eu droit à quelques adaptations depuis sa création. La dernière en date est le film éponyme de Gore Verbinski, qui arrive en salles le 3 juillet.

Devenir un justicier masqué
 
John Reid (Armie Hammer) est un homme de loi qui croit en la justice. Lorsqu'un des prisonniers les plus recherchés du Far West, Butch Cavendish (William Fichtner), s'évade juste avant son procès, il décide de partir à sa recherche avec son frère, membre des Rangers Dan (James Badge Dale).
 
Malheureusement, les choses tournent mal et il est laissé pour mort. Peu de temps après, l'Indien Tonto (Johnny Depp) lui vient en aide. Ils vont devoir, bien malgré eux, travailler en équipe pour stopper le criminel et la corruption qui ravage le pays. Le Lone Ranger est né.

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Pirates des Caraïbes dans le Far West 
 
Les attentes pour The Lone Ranger : Le justicier masqué étaient très élevées. Il faut dire qu'une partie de l'équipe, dont le réalisateur, le producteur Jerry Bruckheimer et quelques scénaristes avaient, auparavant, travaillé sur la populaire saga Pirates des Caraïbes.
 
Sans grande surprise, on retrouve, en partie, ce qui avait fait le charme de la licence. Le premier rapprochement que l'on peut faire est, évidemment, à l'égard du rôle de Johnny Depp. Au lieu de jouer un drôle de pirate, il a pris les traits d'un Indien. Toutefois, par sa bizarrerie, il n'a rien à envier à Jack Sparrow. 
 
Un très bon travail a d'ailleurs été fait sur le maquillage et le costume de l'acteur de 50 ans. Il est tout simplement méconnaissable. Fidèle à lui-même, il offre une prestation originale et souvent déconcertante (même si certains pourraient lui reprocher qu'elle est souvent un peu trop caricaturale, mais c'est ça qui fait son charme). Il sait aussi s'émanciper de son personnage de Pirates des Caraïbes. Bref, il propose ici l'une de ses meilleures performances des dernières années.
 
Un autre rapprochement évidemment entre les deux licences concerne les scènes d'action. Comme on a l'habitude de le voir, celles-ci sont littéralement à couper le souffle. Au lieu d'admirer des batailles sur des bateaux pirates, on assiste ici à des affrontements sur des chevaux et sur des trains. Grâce à une réalisation inspirée, on peut profiter du jeu des acteurs, tout en admirant les effets spéciaux. La réalisation fait d'ailleurs référence à quelques belles images comme avoir du sang sur les mains ou encore se noyer avec son argent.
 
Plus un film d'action qu'un western
 
Depp partage la vedette avec Armie Hammer. Le duo m'a parfois fait penser à la relation Orlando Bloom/Johnny Depp. Les personnages, même si, à la base, ne s'entendent pas, ont besoin l'un de l'autre pour arriver à leurs fins. Cela ne va pas les empêcher d'y aller avec quelques coups bas à l'égard de leur coéquipier.   
 
La plupart des personnages du récit, les gentils comme les méchants, sont très charismatiques. Les scénaristes ont creusé en profondeur pour nous offrir des protagonistes assez crédibles. Ainsi, leurs motivations ne nous paraissent pas ridicules. Elles sont souvent justifiées par leur passé. Le meilleur exemple est Tonto, même si le criminel Butch Cavendish s'en tire également très bien. William Fichtner est, à ce propos, parfait dans son rôle.
 
Bien qu'ayant lieu dans le Far West, The Lone Ranger : Le justicier masqué n'est pas, à proprement parlé, un « vrai » western. Par exemple, il n'y a aucun duel au revolver (ce qui est un peu dommage, selon moi). Il s'agit plus d'un film d'action se déroulant dans un univers désertique du 19e siècle. Il y a également plusieurs scènes d'humour qui viennent atténuer l'impact des séquences plus violentes. Personnellement, je l'ai trouvé un peu plus violent et moins drôle que Pirates des Caraïbes
 
Pour ma part, le seul rapprochement avec les grands westerns du siècle dernier concerne la bande sonore. Mis à part l'ouverture Guillaume Tell, l'une des œuvres les plus connues de Rossini, qui sert d'accompagnement musical lors de la finale et de quelques scènes d'action, le reste de la bande sonore, composée par Hans Zimmer (The Lion King, The Dark Knight et Gladiator) m'a beaucoup fait penser à une composition que Enrico Morricone aurait pu faire pour un western spaghetti de Sergio Leone. C'est de toute beauté!

Mais alors, qu’est-ce qui cloche avec ce film ? Peut-être que mes attentes étaient un peu trop élevée, mais disons qu’à certains endroits le film m’a paru un peu trop long. Il faut dire qu’il dure quand même près de 2 h 30. On a aussi un peu de difficulté à faire le lien entre quelques séquences.  

Verdict
 
Au final, The Lone Ranger : Le justicier masqué est un film d'action qui s'en tire plutôt bien. Les effets spéciaux sont réussis, alors que Johnny Depp est encore une fois sublime. Cependant, certains pourraient reprocher au long métrage de Gore Verbinski de ne pas prendre assez de risques et de se contenter de reproduire une formule gagnante. Ce n'est certes pas totalement faux, mais, d'un autre côté, si ça plaît aux cinéphiles…
 
Cote : 3,5 étoiles sur 5 

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