Depuis le temps qu’on en parle, c’est maintenant chose faite; des voitures entièrement électriques sont commercialisées. En liste, on retrouve la LEAF de Nissan et la i-MiEV de Mitsubishi et vous pouvez ajouter la Ford Focus électrique à cette liste. J’aurai d’ailleurs l’occasion de faire l’essai de cette dernière au début du mois de septembre.
 
Et la Chevrolet Volt dans tout ça? Et bien, n’oubliez pas que la Volt n’est pas une voiture entièrement électrique. GM parle d’elle comme d’une voiture électrique à autonomie prolongée. En fait, lorsque la batterie de la Volt ne suffit plus, un moteur à essence prend la relève.
 
Ce n’est pas le cas avec la LEAF.
 
Une question d’autonomie 
Nissan annonce une autonomie de 160 kilomètres pour sa LEAF. La vérité se situe plus autour de 130 kilomètres. Ça peut être un peu plus, un peu moins. En fait, ça varie beaucoup selon que l’on circule en milieu urbain uniquement ou que l’on emprunte l’autoroute. J’y reviens.
 
Toujours est-il que 130 kilomètres, c’est peu. En fait, ce n’est pas assez. Il faut toutefois se dire que c’est un début. Cependant, ça impose une limite au détenteur de la voiture.
 
Lors de ma semaine d’essai, si je n’avais pas eu une autre voiture à ma disposition, j’aurais été obligé de restreindre mes déplacements. On ne se risque pas à faire un aller-retour dans une ville située à 60 kilomètres de chez soi; c’est trop risqué.
 
Une question de prix 
Ça nous force à faire le constat suivant : la LEAF ne peut être qu’une « deuxième voiture ». À près de 40 000 $, disons que c’est un luxe. Oui des rabais gouvernementaux peuvent s’appliquer à l’achat de cette voiture, mais ils sont appelés à diminuer au cours des prochaines années.
 
Il faut bien sûr prendre en considération ce que l’on sauve au niveau de l’essence. Je dois vous avouer qu’on prend un malin plaisir à circuler tout en sachant que l’exercice n’exigera pas de visite à la station-service. Ç’a quelque chose de jouissif.
 
Cependant, les gens font rapidement le calcul. Une voiture électrique, disons à 35 000 $, plutôt qu’une voiture conventionnelle à 25 000 $, ça donne un manque à gagner de 10 000 $. Il faut donc compter quelques années avant de rentabiliser l’achat, sans compter qu’on doit posséder une autre voiture pour contrer le problème d’autonomie. Pour l’instant, on ne peut dire que l’achat d’une voiture électrique et un exercice rentable.
 
Ça nous ramène donc à l’autonomie de la voiture.
 
Le jour où cette dernière se chiffrera autour de 400 ou 500 kilomètres, la popularité de la voiture électrique va dépasser les bornes, sans vouloir faire de mauvais jeux de mots. On pourra ainsi rallier Québec de Montréal ou vice versa, sains craindre de tomber à sec. Pour l’instant, ça demeure impossible, à moins de s’arrêter en route où sont présentes des bornes de chargement afin de faire le plein d’énergie; pas très pratique si vous voulez mon avis.
 
Une citadine
Pour l’instant donc, la LEAF demeure une citadine. Lorsqu’utilisée seulement en ville, son autonomie s’approche des chiffres annoncés par Nissan, même qu’il est possible d’en faire plus. On demande moins aux composants électriques et en situation de freinage, on récupère de l’énergie. Par contre, lorsqu’on emprunte l’autoroute, on voit l’autonomie de la voiture baisser à vue d’œil. En fait, aussitôt qu’on dépasse les 70 km/h, on consomme beaucoup d’énergie.
 
Puisque mes trajets quotidiens sont relativement importants et que j’emprunte des portions d’autoroute pour rejoindre mon domicile, la LEAF n’est définitivement pas une voiture sur laquelle je pourrais compter tous les jours. Au mieux, j’ai réussi à parcourir 110 kilomètres derrière son volant. Je n’ai pas couru le risque de prendre la route alors que la voiture m’indiquait qu’il me restait 20 kilomètres d’autonomie.
 
Pour la première fois de ma vie, j’ai eu vraiment peur de manquer d’électricité…
 
Conclusion 
Néanmoins, on doit parler de la LEAF comme d’un grand pas dans la bonne direction. Avec les années, la technologie va progresser et l’autonomie va s’accroître, à coup sûr. Le jour n’est pas si lointain où nous verrons de nombreuses voitures électriques sillonner nos routes.
 
Serez-vous alors acheteur?

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