BORNES ÉLECTRIQUES

Avec « Associés contre le crime », Pascal Thomas nous offre le troisième volet de sa trilogie adaptée d'œuvres d'Agatha Christie et dont le premier chapitre, « Mon petit doigt m'a dit... », a vu le jour en 2005.

Une retraite bien méritée…
 
Prudence Beresford (Catherine Frot) et Bélisaire Beresford (André Dussollier), après une vie bien remplie, ont récemment décidé de prendre leur retraite. Bélisaire en a même profité pour lancer un livre vantant ses exploits de colonel. Prudence, de son côté, semble s'ennuyer de la vie active. Lorsqu'on lui propose de prendre en charge un bureau de détective privé, elle s'empresse d'accepter.
 
Sa première affaire est de taille. On lui demande d'enquêter sur la mystérieuse disparition d'une jeune milliardaire russe. Son enquête va la mener dans une clinique qui offre des chirurgies aux richissimes souhaitant avoir l'air plus jeune. Cependant, cet établissement abriterait un mystérieux savant qui aurait découvert la formule de l'éternelle jeunesse. Étonnamment, lui aussi manque à l'appel.


 
Un début trop long
 
La première heure de Associés contre le crime  m'a semblé passablement longue. Avant que l'enquête commence véritablement, le couple de retraités (surtout madame) s'occupe à diverses tâches plus ou moins utiles pour le récit. Prudence va, par exemple, rendre visite à sa fille et s'étonne qu'elle soit partie en laissant à son mari ses deux jeunes jumeaux. Plus tard, elle visite son vieux père qui travaille au zoo. Quand on sait que l'on vient voir une comédie policière, on se demande parfois qu'elle est l'utilité réelle de ces scènes.
 
D'ailleurs, l'enquête en tant que telle n'occupe pas une place vraiment importante dans le récit. L'intrigue policière est plutôt intéressante, mais manque un peu de profondeur. Le dénouement est aussi décevant.
 
Une fois que l'enquête est résolue, nous avons droit à une séquence finale qui dure environ de 10 à 15 minutes. Personnellement, je ne m'y attendais pas. Heureusement, malgré sa longueur, elle est assez loufoque (d'ailleurs, c'est la plus drôle du long métrage), même si elle est irréelle. Ceci étant dit, c'est ce qui fait son charme. 
 
Un duo de rêve
 
Autant le dire tout de suite, Catherine Frot et André Dussollier font partie de mes acteurs favoris. J'étais content de les retrouver de nouveau ensemble dans la même production. À l'écran, il forme un duo efficace. À l'opposé l'un de l'autre, ils se complètent à la manière d'un vieux couple. Les autres comédiens offrent une prestation correcte, mais qui semble souvent être en deçà du tandem.
 
En ce qui concerne la réalisation, elle fait parfois référence à de « vieux » films policiers. Les costumes, l'éclairage ou la mise en scène nous donnent souvent l'impression que l'on regarde un film d'une autre époque. Ce style particulier est toutefois loin d'être un défaut. Ça m'a même charmé.
 
On ne peut pas reprocher à Pascal Thomas de ne pas avoir pris de risques. Plus d'une fois, certaines scènes dérangent, sans pour autant provoquer l'indignation. En fait, ce sont presque les seuls moments où l'on peut rire.
 
Verdict
 
Associés contre le crime n'est pas vraiment une comédie policière. Il y a, bien sûr, une enquête menée par un couple de détectives, mais celle-ci occupe une place trop modeste pour qu'on le désigne comme tel. Bien que plusieurs scènes soient trop longues ou tout simplement superflues, le duo Frot-Dussollier réussit, du moins en partie, à sauver la mise.
 
Cote : 2,5 étoiles sur 5

Ne manquez rien des derniers articles de notre rédacteur en chef adjoint! Suivez Philippe Michaud sur Twitter via @Micph

Commentaires