Le journal d’un récit fictif
               (Une histoire tirée de l’imaginaire de Bruno Laliberté)
                             brunolaliberte.com
 
 
L’enlèvement bizarre du chien du fils du millionnaire (FINALE)
 
 
 
… et avec des points d’interrogation comme imprimés dans le visage. L’inspecteur Binette ne parle plus et se concentre intensivement tel quelqu’un qui aurait de la misère à entendre. La conversation se termine par : « Vos consignes sont très clair nous attendons votre appel demain à six heures trente. Vous nous assurez que Trigger est bien traité? »
 
~ « C’était le ravisseur, vous avait-il déjà joint? »
 
« C’est vrai, oui! J’étais en train d’oublier de vous en parlez, à dit Maxime j’ai trouvé un mini enregistreur sur le siège du chauffeur de la fourgonnette. »
 
Pendant ce temps M. Lewis un peu énervé par cet oubli cherche frénétiquement dans le tiroir central de son bureau pour y extraire l’objet en question et le remettre à l’inspecteur en baragouinant : « l’énervement me fais perdre la cervelle… où avais-je la tête?...
 
~ Ça va interrompt l’inspecteur. Avez-vous complété la liste que je vous ai demandée?
 
~ Oui, voici votre calepin. »
 
            L’inspecteur feuillète son calepin noir en marmonnant plusieurs hum hum, ah et des ouais à peine audibles. Il se lève brusquement et sur un ton déterminé, il déclare : « Au travail, j’ai toutes les données pour retrouver Trigger, je vous promets de vous le ramener en pleine santé!
 
Il serre la main au fils et au père, qui le regardent partir en prenant des notes dans son calepin rouge, en mâchouillant des jujubes.
 
            Dès le lendemain matin, l’inspecteur est de retour pour prendre l’appel du ravisseur qui lui donne les instructions suivantes: « un montant de deux cents milles dollars dans un sac de papier brun doit être déposé sur le quatrième banc à gauche à l’église du village de St-Glaude, cet après-midi à seize heures. Pour récupérer votre chien, d’autres instructions suivront une demi-heure plus tard.»
 
Après avoir raccroché, Binette dit au père et au fils Lewis : « Parfait! Nous avons tout le temps pour nous préparer. » Il ajoute, en encerclant deux mots dans son calepin bleu : «bien amateur ce kidnappeur! Au cas où, il nous surveille, je vous conseille, de vous rendre à St-Glaude avec la rançon. Un policier prendra la place de votre chauffeur pour votre sécurité. »
 
 
*****
 
 
            À quinze heures quarante-cinq, M. Lewis arrive dans le stationnement de l’église, se gare et attend, nerveusement le coup des seize heures.
 
            Garer un peu à l’écart, M. Lewis voit bien qu’une célébration se prépare par l’arrivée de quelques autos et de personnes à pied. Puis c’est le brouhaha qui se déchaine par l’entrée en scène de deux autos patrouille de la police provinciale et le véhicule non balisé de l’inspecteur Binette qui entoure la Cadillac de M. Lewis.
 
M. Lewis sort de son véhicule comme s'il sortait d’une boite à surprise, pendant que Binette de son côté sort du sien un air victorieux au visage, il ouvre la portière arrière pour laisser sortir un chien bien connu qui s’élance vers son propriétaire, qui jubile. L’inspecteur sourit à pleines dents et s’offre trois jujubes l'un à la suite de l’autre. M. Lewis, en flattant son chien, à nouveau bafouille :
 
~  ‘Qui… quoi …comment, mais expliquez pour l’amour du ciel!
 
~ Ben voilà, mes sens m’ont aidé à résoudre cet enlèvement bizarre; à deux endroits, une odeur de fumier se dégageait soit l’enregistreur, le siège du chauffeur du camion. L’ouïe a servi lors de ma conversation avec le ravisseur, car en bruit de fond j’entendais meugler et en faisant écouter l’enregistrement à Réginald, il a cru identifier la voix comme une voix connue. Ce que votre fils a vu au retour à la camionnette m’a permis d’établir la méthode avec laquelle il a pu faire disparaître aussi rapidement le chien. C’est vous, M. Lewis, qui avez mis le doigt sur le ravisseur en m’indiquant la grosse dispute et le congédiement houleux de votre jardinier il y a quatre mois; si le jardinier est celui qui lave toujours les véhicules, il connaissait bien la camionnette que se servait votre fils pour aller aux compétitions. »
 
L’inspecteur Binette fait signe à un autre policier en tenue civile, qui contrastait de par son format avec Georges binette, étant plus court, mais du type armoire à glace et lui dit : « Moreau montre nous dont ce kidnappeur amateur! » Le policier ouvre la portière arrière d’un des véhicules balisés et, en le tenant fermement par le collet, fait sortir un personnage bien connu de M. Lewis, qui s’écria agressivement : «Toi, mais pourquoi?
 
Et l’ancien jardinier répond : « Pour l’argent maudit vieux riche, tu crois vraiment qu’y a juste toé qui veut de l’argent maudit taba … »
 
Puis Moreau  serre son emprise en faisant le commentaire : « On reste poli, mon ami! »
 
~  « Envoie-moi ça à l’ombre Moreau, on se revoit Chez Jack pour le café et les rapports. »
 
Et, il se tourne vers M. Lewis puis continue son explication : « Votre ancien jardinier demeure sur sa ferme à quelques kilomètres de St-Glaude et parmi les bâtiments sur cette terre nous avons trouvé un garage de débosselage. Il s’agissait du ‘sideline’ de monsieur. Il lui a, donc, été facile de faire un duplicata de votre camionnette en modifiant les barillets des serrures grâce à une copie de vos clefs qu’il avait en sa possession. Pendant la compétition, il a changé votre véhicule pour la copie et c’est garé plus loin en appliquant les affiches aimantées de son biseness de débosselage pour en modifier l’apparence. Dès qu’il a vu votre fils placer le chien à l’arrière et retourné à l’intérieur, il a replacé votre camion derrière la copie, interverti les affiches et quitte sans presse le stationnement. Ça va lui couter plusieurs années à l’ombre, car lors de notre arrivée à sa ferme, il a refusé d’obtempérer; une très mauvaise idée devant l’inspecteur Moreau. »
 
 
À la prochaine 

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