BORNES ÉLECTRIQUES

« Silas Corey, Le réseau Aquila 1/2 » est la nouvelle bande dessinée de Fabien Nury (scénario) et Pierre Alary (dessin). Elle nous plonge dans un Paris de 1917 meurtri par les intrigues politiques et par la Grande Guerre. Que vaut leur nouvelle création? C'est ce que vous saurez tout de suite.

« Détective. Espion. Tueur. Héros ou escroc, ça dépend de l'employeur… »
 
Cette BD met en vedette Silas Corey, un ancien reporter devenu membre du 2e Bureau. Il est recruté par Georges Clemenceau, le chef de l'opposition. Il doit enquêter sur la disparition d'un journaliste qui détiendrait de précieuses informations sur la trahison du chef du gouvernement français.
 
Cette BD présente un héros atypique. On connaît en fait très peu de choses sur Corey. Tout ce que l'on sait, c'est que ses motivations sont inconnues. Il n'hésite pas à être engagé par plusieurs employeurs pour travailler sur le même contrat, tout cela pour se faire un peu plus d'argent (du moins, le croit-on).
 
Il est donc tout le contraire d'un héros classique de bande dessinée puisqu'il est arrogant, aime le luxe et ne semble pas être animé par des valeurs patriotiques. Personnellement, j'adore ce choix original de la part du scénariste!
 
Beaucoup de mystères
 
Pour apprécier cette bande dessinée, il faut aimer le mystère. Tout d'abord, on ne connaît pratiquement rien de la vie antérieure du héros. On sait qu'il n'est pas un soldat sur les tranchées, mais qu'il l'a peut-être été.
 
Il y a aussi l'intrigue qui est pleine de mystères. Pourquoi ce journaliste a-t-il disparu? Qui lui voulait du mal? Que cherchait-il?
 
À mesure que l'on avance dans le scénario, on obtient des réponses au compte-gouttes, mais je pense qu'il faudra lire le deuxième tome pour connaître toute la vérité.
 
Globalement, donc, l'histoire est très prenante, même si le début est un peu aride, surtout si on ne connaît pas l'histoire de la France du début du 20e siècle. Cependant, je vous rassure tout de suite, ce livre n'est pas une œuvre historique où on nous bombarde de faits historiques.
 
Des dessins recherchés
 
Pierre Alary nous présente de très belles planches de ce vieux Paris. Les environnements extérieurs sont crédibles et originaux. J'ai particulièrement aimé le jeu de lumières et d'ombres des scènes qui se déroulent le soir.
 
Les séquences à l'intérieur sont également bien réalisées. J'aime l'attention qu'il a portée sur de petits détails, comme cette tapisserie. Il est doué et méthodique. Rien n'est laissé au hasard.
 
Pour ce qui est du style des personnages, c'est plutôt classique. Par contre, l'artiste a mis beaucoup d'effort sur leur regard. Dans les BD, il est, en effet, souvent difficile de montrer l'état dans lequel se trouve un protagoniste. Si on ne fait pas attention, ils peuvent vite sembler vides et sans la moindre émotion comme des robots. Dans le cas des aventures de Silas Corey, c'est tout le contraire. En une fraction de seconde, on sait si tel ou tel personnage est étonné, frustré ou craintif. C'est du travail de haut niveau.
 
Verdict  
 
Par son intrigue pleine de mystères et par son héros atypique, qui fait parfois penser à Arsène Lupin, Silas Corey, Le réseau Aquila 1/2 plaira aux amateurs de romans policiers. Il est vrai que ça prend quelques pages avant d'embarquer, mais une fois dans le train, vous ne voudrez plus en descendre.
 
Cote : 4 étoiles sur 5
 
Merci à Hachette Canada de nous avoir permis de lire cette bande dessinée.
 

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