Le 22 septembre dernier se tenait, au Smithsonian National Atomic Testing Museum de Las Vegas (NV), une soirée intitulée : OVNIS MILITAIRES : LA LEVÉE DU SECRET. Rappelons qu'en décembre 1980, lors de deux soirées consécutives, les militaires de la base américaine Bentwaters, dans le Suffolk (Angleterre), ont été témoins d'étranges phénomènes aériens. Y a-t-il une conspiration orchestrée par les autorités politiques pour étouffer le sujet des ovnis? Si oui, que cherche-t-on à dissimuler?

Le 22 septembre dernier se tenait, au Smithsonian National Atomic Testing Museum de Las Vegas (NV), une soirée intitulée : OVNIS MILITAIRES : LA LEVÉE DU SECRET. Devant quelque 200 personnes réunies, des panélistes sont venus témoigner de leurs expériences avec les ovnis. La plupart étaient d'anciens militaires. Pour plusieurs d'entre eux, cette tribune était une première occasion de parler publiquement de leurs observations. Le récit le plus attendu était celui du lieutenant colonel Charles Halt (aujourd'hui retraité), de l'US Air Force (USAF) (photo 1). Et pour cause : Halt a été au centre de l'une des plus exceptionnelles affaires d'ovnis de tous les temps.
 
Pour l'histoire, rappelons qu'en décembre 1980, lors de deux soirées consécutives, les militaires de la base américaine Bentwaters, dans le Suffolk (Angleterre), ont été témoins d'étranges phénomènes aériens. À l'époque, Charles Halt, commandant de la base — et lui-même témoin d'une partie de ces manifestations —, avait adressé à l'état-major un long mémorandum décrivant les phénomènes (photo 2). Depuis, au moins trois livres consacrés exclusivement à ces événements ont été publiés.
 
Cela dit, Halt y est allé d'une charge contre l'armée de l'air. Lui qui s'était toujours exprimé de manière réservée sur ces événements, accuse à présent l'USAF d'avoir non seulement voulu dissimuler les événements de Bentwaters (photo 3), mais d'être également impliqué dans une conspiration visant systématiquement à faire disparaître toute preuve d'une quelconque visite extraterrestre (ou d'outre dimension).
 
Les déclarations du lieutenant colonel Halt, relayées à travers tout le pays par la presse américaine (voir le lien), ont ravivé chez les ufologues (spécialistes des ovnis) cette éternelle question : y a-t-il une conspiration orchestrée par les autorités politiques pour étouffer le sujet des ovnis? Si oui, que cherche-t-on à nous dissimuler ?
 
Je n'ai pas la prétention de répondre à cette question en quelques lignes. J'ai cependant côtoyé assez longtemps ce milieu pour savoir que, pour les ufologues, posez la question, c'est y répondre. Sans être un adepte des conspirations, j'aurais aussi tendance à me rallier de leur côté (du moins pour cette fois). L'histoire moderne des ovnis — qui fête cette année ses 65 ans (1947-2012) — est riche d'incidents où les autorités militaires et politiques ont volontairement étouffé des affaires fumeuses. J'ignore si cette « ligne de conduite » est encore en vigueur dans les arcanes du Pentagone, mais nul doute qu'elle a éclaboussé l'ufologie des années 1950-1960. Maintenant, la question est de savoir « Qu'a-t-on voulu nous cacher? »
 
Un décantage des documents historiques pour cette période — considérée comme « l'âge d'or » des ovnis — montre que si les autorités de l'époque craignaient une éventuelle menace extraterrestre, leur peur du communisme était encore plus grande. Dès 1953, la CIA est d'ailleurs intervenue auprès des responsables du Projet Blue Book (la commission d'enquête officielle de l'ASAF sur les ovnis) pour s'assurer que les observations de « soucoupes volantes » soient d'abord filtrées par ses services. Des échanges épistolaires entre l'armée et la CIA montrent que celle-ci ne croyait pas vraiment à la présence d'extraterrestres, mais voyaient plutôt dans ces ovnis une arme psychologique pour déstabiliser les populations. Durant cette même période, la CIA a aussi été impliquée — en collaboration avec le géant de l'avionique Lockheed Martin — dans la mise au point d'avions-espions comme le U2 ou le SR71 Blackbird  (photo 4). Or, il appert que plusieurs ovnis rapportés durant la Guerre froide étaient en réalité des avions secrets volants à de très hautes altitudes. La CIA préférait laisser croire que le ciel des États-Unis était sillonné par des visiteurs d'outre espace plutôt que de reconnaître l'existence de tels avions. Après tout, l'espionnage, ça n'existe que dans les films de James Bond!
 
Au fil des ans, cette peur du communisme s'est émoussée et les commissions d'enquête sur les ovnis se sont mutées en « services de relations publiques ». En 1969, après 20 ans d'enquête (!), les responsables du Projet Blue Book (photo 5) ont conclu que les ovnis n'étaient pas une menace pour la sécurité nationale. Or, comme le rôle premier de l'armée était (et demeure) d'assurer la sécurité du territoire, l'USAF en a profité pour tirer sa révérence.
 
Depuis, malgré les rumeurs, aucune preuve n'est jamais venue étayer l'existence d'un groupe qui, au sein du gouvernement américain, continuerait de s'intéresser aux ovnis et encore moins qu'il s'activerait à étouffer le sujet auprès du public.
 
Mais comme le disait si bien l'astronome Carl Sagan (1934-1996) : « L'absence de preuve n'est pas forcément la preuve de l'absence ».

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