Les "petits gars" reprennent du service. Le 19 janvier, le Canadien et les Maple Leafs croisent non pas le fer mais le bâton en carbone. Êtes-vous content? Moi, nnnoui. Voici pourquoi :

Je me suis tellement déconnecté* du hockey que la nouvelle sur l'entente de principe entre la NHL et l'Association des joueurs de la NHL a pris du temps avant d'apparaître sur mon écran radar. 

En fait, j'étais un peu comme Pierre Houde qui se met à parler de statistique et qui ne voit pas tout de suite qu'un joueur est étendu sur la patinoire ou quelque chose du genre jusqu'à ce que «OH! Marc! Il y a un joueur d'étendu sur la patinoire je crois. Est-ce qu'on peut voir la reprise?»

Et bien oui, comme dirait Ti-Guy La Lune, «la guerre est finie». Fans et fefans unis dans leur frustration d'être ainsi privés de leur NHL ont droit de se réjouir du grand retour de notre sport national, symbole d'action, de vivacité et de jeux virils (une façon polie de dire «effouarage dans la bande, suivie d'une commotion»). Or, avant d'envahir la boutique de souvenirs du Centre Bell et d'acheter des t-shirts avec le numéro de P.K. Subban à 30 $ (attention tout le monde, y a pas encore signé le P.K....), posons-nous la question suivante : doit-on nous précipiter aveuglément dans la brêche ou serait-ce plus prudent de jouer défensif et d'appliquer une sorte de trappe qui bloque la bullshit.

Parce que si Bullshit était un joueur, il se comporterait de toutes les façons possibles en dehors de la patinoire et on l'excuserait tout de suite parce qu'il ferait des tours du chapeau chaque partie... 

Je veux bien croire que joueurs et propriétaires s'excusent en se prenant les mains (c'est presque ça. C'est paradoxal, mais c'est presque ça), il faut tout de même pas croire que nous avons un filet désert entre les deux oreilles... (gens de RDS, vous pouvez me piquer cette métaphore anytime).  Alors, entamons dès maintenant un réapprentissage en douceur visant à s'intéresser de nouveau au hockey de la NHL, le tout de façon raisonnable et surtout sans aveuglement.

D'abord, avant d'acheter des billets pour le Centre Bell (de toute façon, il n'y en aura plus cinq minutes après la vente, merci aux stations de radio, aux scalpers et aux grandes entreprises), je vais plutôt encourager les commerces qui ont souffert de la pénurie de hockey, à commencer par les bars et les resto-bars de mon quartier.

Ah! Vous irez au Centre Bell? Et bien bravo! Je souhaite que vous vous restreignez un peu sur la bière. Parce que 10 $ le gobelet, c'est dans le «tu me niaises???», surtout en ces temps où Geoff Molson, du haut de sa loge (on aimait donc ça quand Ronald Corey était assis derrière le banc des joueurs), vous regardera tous avec des signes de piastre couleur lager dans les yeux... On se calme, svp. On se lance pas non plus comme des perdus sur les souvenirs. Par exemple, des t-shirts à 30 $ avec le numéro de joueurs qui ne seront peut-être pas là la saison prochaine... Parlant de joueurs, lorsqu'on les présentera en grandes pompes avec l'intonation et les petits jeunes qui font le tour de la patinoire avec des drapeaux, on applaudit poliment. Sinon, profitez-en pour aller à la toilette. Bien entendu, on se lève pendant les hymnes nationaux, mais on ne chante pas le Ô Canada.

Je suis sévère? Dans les stades de foot en France, lorsque les fans décident de bouder leur équipe, ils le font avec un sérieux déconcertant. Le silence lorsqu'ils comptent, lorsqu'ils sont présentés à la foule. Qui plue est, des kops entiers ne vont pas au match. Bref, ça joue dur.

Ensuite, il faudra des résultats rapides. C'est que la saison a été écourtée à 48 matchs (selon Billy Daly de la NHL. Autrement dit, ça ressemble à la fameuse «deuxième saison» qui commence après le match des étoiles. Dans ce cas-ci, les féfans auront (pour une fois) raison de chialer et de huer en cas de contre-performances. Et j'espère qu'ils le feront.

Il s'agit là de protester (gentiment) contre Bettman (on l'appelle tellement par son nom de famille que j'en ai oublié sont prénom), l'Association des joueurs, bref contre ceux qui nous ont privés de NHL (c'est vrai! Il se prénomme Gary!) pendant combien de jours, déjà, 113?

Cependant, il y a tout de même quelque chose d'excitant dans ce retour. On reprend un vocabulaire et des expressions qui sont propres à notre sport : «le puck roulait pas pour nous autres», «c't'un nouveau match qui commence (surtout après un tour du chapeau de Scott Gomez)», «Ce soir, on sépare les hommes des enfants», «C't'un coup légal», etc.

Il faudra aussi être indulgent envers nos blondes et leur préparer un somptueux souper d'adieu puisqu'à partir du 19 janvier (dans le cas du Canadien), elles redeviendront des veuves du hockey... Rappelez-vous qu'elles s'étaient habituées à votre présence, votre écoute, vos critiques constructives de la dernière émission de Académie Airoldi, etc.

Bonne saison tout le monde. Je bougonne, mais je me connais : après deux victoires consécutives, je vais lâcher plein de «ça sent la coupe» ... pour les Rangers !

*Je suis déconnecté, mais je sais quand même que les Scouts de Kansas City n'existent plus, là! En tout cas, j'espère que les Rockies du Colorado joueront avec aplomb! 

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