1re partie (série de quatre chroniques)
 
Les hommes de mon enfance : des géants…
 
Aujourd’hui, ils sont tous là : Ulric, Patrick, Rodolphe, Pierre, Raymond, mon père et son meilleur ami, Gaston. C’est une belle et chaude journée d’été, en pleine forêt. Ils se sont rassemblés pour construire un camp de chasse. J’ai huit ans. Je les regarde s’organiser et s’entendre pour la répartition du travail.
 
Je suis plein d’admiration. Ils sont costauds. Surtout Rodolphe. On raconte qu’il a sauvé un homme de la noyade et que c’est grâce à son courage et à sa force physique qu’il avait réussi cet exploit. La construction avance rapidement. Ils font des blagues, jouent des tours, tout en étant très soucieux de faire du bon travail et surtout de faire bien attention que personne ne se blesse. Sept hommes, dont cinq frères. Une équipe d’hommes heureux d’être ensemble et de pouvoir se servir autant de leur tête, de leur imagination, de leur ingéniosité que de leurs bras puissants.
 
À huit ans, je me sens à la fois si petit et déjà si grand d’être parmi ces hommes. Ils sont tous mes héros. J’ai la sensation d’être en totale sécurité et qu’il ne peut rien m’arriver lorsque je suis avec eux. Des hommes de cœur et de force.
 
Parfois, ils me demandent de participer à la construction. De petites tâches simples; j’ai l’impression d’être important, d’être un maillon de la chaîne.  Mon père semble réticent. Il trouve que je suis trop jeune, trop petit pour accomplir ces tâches. Heureusement, oncle Patrick rassure mon père en disant que je suis capable de le faire et que de toute façon, c’est comme ça qu’on apprend.
  
Ces hommes ont fait partie de mon enfance. Ils étaient des êtres exceptionnels pour moi. Je voulais leur ressembler : sensibles, humains, drôles, loyaux, solidaires et solides comme le chêne.
 
C’étaient les hommes de mon enfance... des géants.
 
 
Mabodu le psy       

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