BORNES ÉLECTRIQUES

La température, dans ses multiples facettes, a exigé de nos ancêtres l'usage d'expressions adaptées à chaque temps. La pluie nous offre quelques-unes de nos plus typiques expressions pour la décrire. Amusez-vous à les redécouvrir!

La pluie des dernières semaines m'a fait réaliser qu'au Québec, il y a plusieurs expressions typiques pour parler de la pluie. Parfois, faute de qualificatifs suffisamment précis, nos aïeux utilisaient des métaphores pour bien se faire comprendre en décrivant le type d'averse en question. Voici quelques exemples savoureux décortiqués pour se faire une image en mille mots!

Mouiller à boire « deboutte »
Les expressions les plus colorées, on s'en doute bien, concernent les grosses pluies. Lorsque survient un orage, on entend encore les gens dire qu'il pleut à boire debout. En fait, ça signifie que la quantité d'eau qui tombe du ciel est telle qu'on pourrait boire seulement en levant la tête au ciel; on pourrait boire debout! N'allez pas me dire qu'on pourrait aussi boire assis… c'est une image! À moins que vous ayez une bouche démesurément grande, vous verrez que boire de cette façon demande une patience de moine, même durant un orage!

Pleuvoir des cordes
Autre façon de marquer une pluie très forte, c'est de dire qu'il pleut des cordes. Lorsqu'il pleut intensément et qu'il n'y a aucun vent, on peut en effet s'imaginer que la pluie n'arrive pas en gouttes mais comme un fil continu, d'où l'allusion aux cordes qui sont encore plus grosses que du fil. C'est donc à dire qu'il pleut vraiment fort! On dit aussi que ça tombe comme des clous.

Pleuvoir à siaux
Alors là encore nos ancêtres avaient le sens de l'exagération en parlant des grandes quantités que le ciel déversait sur le pauvre monde. L'expression pleuvoir à siaux, que l'on entend bien sûr encore lors d'une bonne averse, fait référence aux siaux, soit une vieille prononciation de seaux ou chaudières. Il pleut alors si fort que c'est comme si on versait l'eau d'un seau sur le sol. Impressionnante exagération mais qui marque l'imaginaire quant à l'intensité à décrire. Dans le Jura, en France, on utilise aussi l'expression pleuvoir comme vache qui pisse. Allez chez un cultivateur et vous n'en reviendrez pas de la puissance d'une telle averse!

Pleuvoir ou mouiller?
Bien souvent, les expressions québécoises nous viennent de la France, mais plusieurs viennent de l'expérience de nos ancêtres sur le continent nord-américain. De dire qu'il mouille au lieu de pleuvoir n'est pas une erreur. Le terme est utilisé dans la langue française depuis le XIIIe siècle dans le sens qu'on lui donne encore aujourd'hui au Québec et au Canada français. Alors, ne vous sentez pas mal de dire « qu'y mouille en batêche » la prochaine fois que les mots vous manqueront pour décrire l'orage qui tombe!
 
Liens :
http://suite101.fr/article/mots-du-quebec-dictionnaire-differentiel-partie-41-mouiller-a24995
http://fr.wiktionary.org/wiki/pleuvoir_%C3%A0_boire_debout
http://www.expressio.fr/expressions/pleuvoir-comme-vache-qui-pisse.php

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