Les Alouettes de Montréal ont perdu un gros morceau en l'entraîneur-chef Marc Trestman, alors que ce dernier a été engagé pour occuper les mêmes fonctions, mais cette fois, avec les Bears de Chicago. Pendant ce temps, son successeur prend pleinement conscience du défi qui l'attend. Mais qui est Dan Hawkins?

L'ère Trestman parle d'elle-même : 59 victoires, 31 défaites, 4 titres de division et 2 conquêtes de la Coupe Grey. Le tout en seulement cinq saisons. Est-ce que le changement de garde au sein de l'équipe montréalaise s'annonce mal pour l'avenir de la franchise? En s'attardant à son historique, on s'aperçoit que le modus operandi est le même qu'au moment de l'embauche de Trestman, ce qui laisse présager de beaux jours pour les Alouettes de Montréal.

Car il faut se le dire, depuis que la franchise montréalaise de la ligue canadienne est revenue à Montréal, les fans n'ont pas eu raison de stresser au sujet de l'embauche de nouveaux entraîneurs-chefs. Nous n'avons qu'à penser, en 1997, à Ritchie (13-5), Taaffe (12-6) en 1999, la Coupe Grey avec Don Matthews (13-5) en 2002, ainsi que le début du règne Trestman (11-7) en 2008.

Cumulant plus d'une trentaine d'années d'expérience en tant qu'entraîneur de football, Dan Hawkins s'amène à Montréal à la suite d'une pause de deux ans dans le domaine. Pendant cette pause, il a occupé le poste d'analyste de la NCAA pour ESPN. Ayant joué son football à l'Université de Californie, à Davis, il a commencé sa carrière d'entraîneur comme assistant pour cette formation en 1983. Dix ans plus tard, il commençait sa carrière d'entraîneur-chef pour les Bearcats de Willamette University avant de joindre les rangs du réputé programme de la NCAA division I des Broncos de Boise State.

Pendant ses cinq saisons passées avec le programme, il aura été en mesure de s'approprier quatre fois le titre de sa conférence (Western Athletic Conference) et aura cumulé une fiche de 53 victoires et 11 défaites. Voyant une opportunité se dessiner au Coloroda pour lui, il a quitté le programme pour rejoindre les Buffaloes en 2006, où il a eu la vie dure. En effet, en cinq saisons, il n'a pas été en mesure de mener son équipe à une seule saison gagnante, alors que la fiche totale de son séjour à Denver s'établit à 19 victoires et 39 défaites. Il a été licencié du programme en 2010 avant de joindre le groupe d'experts d'ESPN.

Dan Hawkins s'amène donc à Montréal en ayant des choses à prouver. Par contre, le pourra-t-il? En 2008, Marc Trestman s'est amené dans la métropole québécoise en tant qu'inconnu et avait également des choses à prouver. La différence marquante que je vois entre les deux hommes : l'expérience professionnelle. Trestman a été embauché par les Alouettes à la suite de quelques saisons décevantes dans la NFL et avec NC State, c'est vrai. En revanche, il cumulait plus d'une vingtaine d'années d'expérience comme entraîneur offensif dans la NFL. Il faut donc se le dire, Hawkins part défavorisé sur ce point. Peut-être voit-il cette opportunité comme une façon de redorer sa carrière comme Trestman l'a fait? Je l'espère sincèrement pour la franchise montréalaise.

Lors de sa conférence de presse, sa position sur le sujet parlait d'elle-même : « Un jour, un de mes mentors m'a dit : Hawk, n'accepte jamais un boulot que tu n'aurais pas le goût de conserver toute ta vie. » Ses premiers pas dans la métropole ont été couronnés de succès, alors qu'il a été en mesure de démontrer ses fortes habiletés de communication aux nombreux journalistes présents. Il s'est même partiellement exprimé en français, chose unique pour un entraîneur-chef à Montréal.

Le sport étant ce qu'il est, rien n'est acquis et, même si nous disposons d'une tonne de données et de statistiques, le passé n'est pas garant de l'avenir. En revanche, l'administration Jim Popp a été en mesure d'établir une structure gagnante à Montréal. Parions que sa décision d'embaucher Hawkins va en ce sens, mais disons que le pari est plus risqué cette fois-ci.

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