Le milieu des Centres de la petite enfance (CPE) est surtout un milieu de femmes. En effet, dans les services de garde au Québec, seulement 5 % des éducateurs sont des hommes. La professeure Thérèse Besnard, du Département de psychoéducation de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, a voulu connaître leur impact sur les principaux intéressés : les enfants.

Elle a donc décidé de mener une recherche pour mieux comprendre ce phénomène. L'étude s'est déroulée sur une période de 3 ans dans 25 CPE à travers le Québec; 200 enfants, ainsi que 60 éducateurs et éducatrices y ont participé.
 
Les chercheurs ont, dans un premier temps, filmé des éducateurs masculins et féminins seuls avec un enfant dans une situation de jeu. « Tous avaient le même bac de jouets. Ils devaient choisir à quoi ils allaient jouer, ranger les jouets après un certain temps et continuer à jouer sans le jouet », précise Thérèse Besnard.
 
Ensuite, ils ont filmé les éducateurs des deux sexes avec leur groupe d'enfants dans un contexte naturel, tout un avant-midi (quatre périodes de 20 minutes) dans des situations différentes.
 
Dans les deux cas, ils ont comparé la démarche des hommes et des femmes. « Autant d'hommes, autant de femmes, dans les mêmes CPE, essentiellement avec les mêmes enfants aussi », mentionne la professeure.


Des résultats surprenants
 
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'approche des hommes serait très semblable à celle des femmes. Il existe tout de même quelques différences.
 
Par exemple, quand est venu le temps de ranger les jouets, les hommes éducateurs étaient plus directs que les femmes. En effet, ces dernières préféraient utiliser des stratégies pour éviter que l'enfant ne se frustre.
 
Aussi, dans un contexte de jeu général, les hommes vont jouer plus directement avec les enfants. De leur côté, les éducatrices vont surtout préférer superviser leur groupe. 
 
Mais ce n'est pas tout. Un enfant qui évolue dans un CPE où il y a des femmes et des hommes éducateurs n'apprendrait pas la même chose qu'un enfant qui se retrouve dans un CPE exclusivement féminin.
 
« Dans les CPE où il y a seulement des femmes, les enfants se sont améliorés davantage sur les compétences sociales. Ça, ça veut dire que les enfants apprennent à coopérer, à échanger, à partager, à attendre leur tour. C'est ce qu'on appelle les compétences sociales, note la responsable de l'étude. Dans les CPE où il y avait des hommes et des femmes, on a vu plutôt une diminution des problèmes de comportement. Donc, moins de comportements agressifs, moins de comportements de timidité aussi. »
 
En bref, Thérèse Besnard croit que les milieux mixtes seraient plus riches, les enfants pouvant apprendre différentes habiletés sociales.

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