BORNES ÉLECTRIQUES

Silvi Tourigny… la fille qu’on voit partout! On allume la télé et te voilà! On allume l’ordi et te voilà! On a pu te voir à Penelope McQuade, au gala des prix Gémeaux, à Un gars le soir, au gala les Olivier, dans Carole aide son prochain... Silvi, je pense que tu es dans les bonnes grâces de Dieu, non??!
 
Oui en effet, je crois que j’ai une bonne étoile. Jusqu'à maintenant, c’est Carole qui m’a permis d’être à toutes ces belles places-là. J’ai eu de la chance. Ce sont les bonnes personnes qui ont aimé Carole et tout a été une belle question de timing. Quand j’ai sorti ma série Web, j’étais pas mal dans les premières. J’étais comme une des premières filles à sortir sa propre série Web; le timing m’a favorisée. Les gens ont rapidement embarqué, ont vite partagé la série. Chantale Lamarre a adoré Carole, alors du coup, je suis allée Aux Lionnes, ensuite à Penelope McQuade… même MC Gilles a collaboré à une des capsules… De fil en aiguille, j’ai été chanceuse.
 
Tu es une jeune pousse dans le milieu de l’humour, tu t’es fait connaître par ton personnage dans Carole aide son prochain. D'où t'est venue l'idée complètement farfelue de faire une madame fade qui donne des conseils douteux et qui bouge de façon dangereuse?
 
Carole est née de l’École nationale de l’humour. Je pense que c’est venu en 2e année. On devait présenter un numéro chaque semaine, et vient un moment donné où tu manques d’inspiration. Je me suis dis que j’allais essayer d’être drôle, mais en faisant tout le contraire de ce que je suis. Je me suis mise à ne pas bouger, à être « drabe », à avoir l’air bête, à être condescendante, le tout avec un col roulé. J’ai eu droit à une belle réaction et ensuite, c’est devenu mon numéro de session au Club Soda. Tout le monde a trippé… sauf peut-être mes parents. Ma mère, c’est toujours ma fan numéro un et là, elle était comme pas sûre de Carole (sourire). Elle ne comprenais pas trop ce personnage bizarre tellement loin de moi. Même la série, ça leur a pris du temps. Mais maintenant, elle a fini par adopter Carole. C’est drôle même, car souvent elle m’appelle pour me dire quels bouts elle a aimés. Et après un Gémeau maintenant, on n'a plus le choix d’y croire un peu (sourire).
 
Tu as un immense fan base avec ton personnage de Carole. T’attendais-tu à une aussi grosse réaction du public?
 
Oui, c’est fou! J’ai fait le saut l’an dernier avec mon show de 60 minutes au Zoofest, tellement il y a avait de fans. Beaucoup de monde adore Carole, elle était comme une rock star ce soir-là. Les gais et les lesbiennes trippent beaucoup aussi sur Carole, alors c’était comme un phénomène assez intense. C’est spécial, je ne sais pas pourquoi ça rejoint autant ce groupe de gens. J’ai même eu une fois trois pages spéciales sur moi dans le Fugue. Je suis allée dans un bar gai à Québec, le Drag, pour y faire un show et c’était la folie furieuse! Ça criait, ça hurlait : « c’est Carole!... » « c’est Silvi!... » C’était tellement fou.
 
Souvent, on nous a dit que les personnages en humour c’était démodé, que tout convergeait vers le stand-up et voilà que toi, tu tires ton épingle du jeu sur le Web et avec un personnage!….
 
Tu vois, si quelqu’un me demandait un conseil pour commencer sa carrière, jamais je recommanderais de faire un personnage. La mode en ce moment n’est pas tellement aux personnages. Moi, quand j’y repense, j’ai été chanceuse. Peut-être aussi que les personnages répondent à un besoin. Mais dans les bars, en général, c’est plus rough avec un perso… quoique pour moi, souvent, ç'a bien été… ça dépend tellement. C’est du cas par cas.
 
Tu es sortie de l’école de l’humour depuis peu, tu as connu un immense succès Web; sens-tu de la pression pour tes prochains projets? Devient-on plus nerveuse avec les attentes?
 
C’est pas que ça me stresse, mais veut veut pas j’ai comme créé un monstre. Ça ne fait pas longtemps, mais j’apprends à dealer avec ça. Ç'a été très tough au début parce que les gens m’ont connue avec Carole. Alors disons qu’il y a dans mon fan base au moins 70 % des gens qui ne connaissent que Carole. Y a au moins un 30 % que j’ai réussi à convaincre « en Silvi » et qui réalise que je suis aussi drôle que Carole, mais ce n’est pas évident. Le « problème » en ce moment, c’est que les gens ne veulent que Carole. Et je ne veux pas faire que du Carole, car c’est une infime partie de ce que je veux faire dans la vie. Oui j’ai d’autres projets en vue, mais la journée où j'aurai mon one-woman show, ça va être dans le corps de « Silvi », avec seulement 15 minutes de Carole. C’est pour ça qu'il est important de bien doser tout ça. En même temps, je dois répondre à la demande des fans… bref, c’est beaucoup de gestion. C’est difficile souvent, car dès que je parle aux gens de quelque chose que je fais, ils sont tout heureux et me demandent si c’est du Carole. En dedans, ça me fait de quoi des fois quand les gens disent « ah, c’est poche, c’est pas du Carole! ». Faut comprendre aussi que j’étais drôle bien avant ce personnage. J’ai déjà fait un an en personnage sans arrêt et vient un moment où tu es tanné de toujours avoir l’air bête (sourire). J’avais hâte d’écrire autre chose; j’avais plein d’affaires à dire. En ce moment, Carole m’aide à ce qu’on parle de moi. C’est tout un défi de trouver l’équilibre.
 
Pour toi, c’est quoi la définition d’être humoriste?
 
Pour moi, la définition d’un humoriste à la base, c’est quelqu’un qui fait rire. Que ce soit à la radio, sur le Web, à la télé, il faut simplement faire rire. Je crois que ça a évolué avec les années. En 2012, un humoriste, c’est quelqu’un qui vit en faisant rire les gens, peu importe le média qu’il utilise.
 
Tu as gradué depuis peu de l’École nationale de l’humour. Tout ce chemin en si peu de temps. Comment as-tu trouvé ta sortie de l’école? 
 
J’ai trouvé ça tough en sortant de l’école. Mes deux ans à l’école ont été tellement fantastiques. Disons que le clash après est gros. J’avais beau avoir un gérant au début, il reste que ç'a été difficile. C’est une adaptation assez intense. Une fois que tu sors de l’école, tu réalises qu’on est vraiment nombreux dans la relève et que tous font le même combat que toi. Les premiers mois, j’ai trouvé ça difficile, même un peu déprimant par moments. J’ai pris six mois de break de la scène pour écrire du Carole. Y a rien qui peut te préparer à ça je pense, faut juste le vivre.
 
Tu as déjà été mariée et aussi, tu as étudié en santé animale et en kinésiologie... Parle-moi de tout ce parcours pour enfin finir en humour…
 
À l’école, j’étais une « bol » et j’étais partie pour collectionner les diplômes comme une machine! En plus, je trippais sur les animaux et je voulais travailler dans leur réhabilitation. J’avais découvert cette passion en faisant du bénévolat dans un centre de réhabilitation au Guatemala. Il y a beaucoup de contrebande d’animaux là-bas et on s’occupait des rescapés pour les remettre sur pied. C’était juste trippant! J’ai tellement adoré ça, mais ensuite, j’ai réalisé que c’était difficile de pratiquer ce métier-là au Québec. Alors j’ai pensé faire de la réhabilitation pour les humains, mais de fil en aiguille, j’ai fini par aller réaliser mon premier rêve qui était d’être humoriste. Mes parents étaient très contents et trouvaient qu’il était temps. Et oui, j’ai déjà été mariée. Ça faisait huit ans que j’étais en couple avec mon copain du secondaire et on s’est un peu marié pour avoir des prêts et bourses. Mais trois ans plus tard, nos chemins se sont séparés. On a pris beaucoup de temps avant de prendre notre décision. Mais en même temps, c’est troublant. Moi, je viens de Victo et toutes mes amies sont encore en couple avec leur chum du secondaire. Bref, ce qui était drôle, c’est que moi, j’étais casée à 15 ans et là, à 26 ans, je redevenais célibataire. Je n’avais jamais cruisé de ma vie, c’était tout un autre monde. C’était bien spécial au début et je comprenais fuck all à la cruise! Moi, je pensais que les gars étaient juste bien gentils (sourire). Des fois, je trouve ça fou... j’ai 30 ans, j’ai déjà été mariée, divorcée et je pourrais me remarier! Je suis comme une star d’Hollywood! (rire)
 
Silvi, qu’est-ce que les gens ignorent de toi?
 
J’ai eu mon permis de moto au mois de mai, et mon copain et moi on s’est achetés deux vieilles bécanes. C’était de me voir avec mon kit de cuir, mon bol pis mes lunettes! J’étais bien trop joyeuse sur mon vieux « bécyk » bruyant. C’était de voir mon sourire de graine! Le monde était crampé sur les terrasses. Sinon, j’aime aussi tricoter, c’est mon côté « matante ».
 
Tu es une femme intègre, franche et loin d’être show off. Tu sembles préférer opter pour la discrétion en général. As-tu parfois trouvé les autres filles lourdes avec leur « crêpage de chignon »?
 
Je suis effectivement un peu low profile. Je suis le genre de fille qui choisit ses combats, surtout dans le milieu où on est. Je me concentre vraiment sur ma carrière. Des fois, c’est amusant d’entendre les petits potins, mais je ne perds pas de temps en général. Je ne suis pas le genre à me tenir dans les soirées d’humour pour voir qui fait quoi et qui rentre mieux que qui. Vraiment, je choisis mes combats et je suis assez zen.
 
Qu’est-ce qu’on te souhaite pour l’avenir?
 
Mon one-woman show un jour, ce serait l'fun... et réussir à placer un bébé là-dedans (sourire). 

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