« T’es chanceux toi, tu conduis toujours de superbes voitures. » Voilà un commentaire que j’entends souvent. Oui, c’est vrai, je me retrouve souvent au volant de véhicules qui font l’envie, mais c’est faux de croire que nous, chroniqueurs automobiles, nous nous retrouvons toujours au volant de véhicules de rêve. À preuve, quand avez-vous rêvé pour la dernière fois de passer une semaine au volant d’un fourgon commercial?

Je vous ai eu, hein?

En ce qui me concerne, c’est simple, vous allez me trouver complètement cinglé. Voyez-vous, c’est que j’avais hâte de me retrouver au volant du nouveau fourgon offert chez nous par Nissan, le NV (pour Nissan Van). J’ai participé au lancement de ce véhicule en février 2011 à Miami, mais à l'occasion, nous ne l’avions conduit que sur de très courtes distances. J’avais besoin de plus que ça.

Une semaine plus tard, c’est plus clair dans ma tête.

Concurrence
D’abord, voyons ce que propose la concurrence. Chez GM, on retrouve le Chevrolet Express et le GMC Savana. Chez Ford, c’est la Série E (ou l’Econoline, si vous préférez). Chez Mercedes-Benz, la concurrence, c’est le Sprinter.

Ce dernier est de loin le plus intéressant du lot. Cependant, son coût d’acquisition en fait reculer plus d’un, sans compter que plusieurs ne veulent pas s’afficher au volant d’un véhicule Mercedes-Benz. Pourquoi? Parce qu’ils ont peur que leurs clients les pensent trop riches. Pas de farce!

Quant aux produits offerts par les constructeurs américains, ils sont aussi vieux que la Terre. À leur décharge, ils ont fait leur preuve, ils sont moins coûteux à l’achat et leur entretien peut être effectué par n’importe quel garage. Cependant, ils sont complètement dépassés sur le plan de la conception.

Arrive le NV
Nissan semble avoir flairé la bonne affaire. Le NV se veut un compromis fort intéressant entre ce que propose Mercedes-Benz et les bannières américaines. D’abord, le prix de sa version de base à toit standard (30 998 $) se veut très concurrentiel avec ce que proposent GM et Ford. Quant au prix de la version à toit élevée (34 988 $), il est inférieur à celui du seul produit similaire sur le marché, le Sprinter de Mercedes-Benz. À ce niveau, Nissan frappe dans le mille.

Au chapitre de la conduite, le NV se classe derrière le Sprinter et loin devant les produits américains. Bâti sur le châssis du Titan, il se veut aussi solide que confortable. Son habitacle est pensé pour le travail. Ce confort, on le retrouve au volant du Sprinter, mais pas aux commandes des produits américains.

Bref, le NV a tout pour séduire.

Approche douteuse
Là où Nissan manque d’audace, c’est dans son approche marketing. Avec un produit capable de faire mal à la concurrence, pourquoi avoir choisi de distribuer le NV à partir de seulement 22 concessions à travers le Canada? Celle-là, je ne la comprends pas encore. On verra si cette prudence trouvera une justification à long terme.

En ce qui me concerne, j’ai trouvé le moyen de joindre l’utile à l’agréable. J’ai profité de ma semaine au volant du NV pour aller faire quelques achats de meubles. Du coup, j’ai pu vraiment mettre le véhicule à l’essai.

Deux constats. D’abord, c’est lorsqu'il est chargé qu’on apprécie le plus la conduite du NV. Comme pour tous les fourgons et les camionnettes ultra-robustes, c’est lorsqu’on ajoute du poids à la carcasse que la rigidité des suspensions est moins perceptible. Ensuite, c’est en se retrouvant au volant d’un véhicule de la sorte que l’on comprend la véritable définition du mot « utilitaire ».

Conclusion
Au volant du NV, chargé à souhait, je n’ai pu m’empêcher de penser aux petits entrepreneurs, aux plombiers qui possèdent leur propre entreprise, aux livreurs, aux électriciens, etc. Ce véhicule est un outil de travail fort intéressant qui mérite de sérieuses considérations. Il sait se rendre très utile.

Sachez que Ford prévoit introduire son Transit, que Dodge prépare l’arrivée du Ducato, que Mercedes-Benz commercialisera son Vito et que Nissan compte écouler la NV200 prochainement. Et c’est sans compter GM, qui nous arrivera certainement avec un nouveau produit de son côté.

Ça va brasser dans le domaine du fourgon!  

Éléments enchanteurs

-        Espace intérieur (cabine)
-        Conduite agréable
-        Flexibilité d’aménagement

Irritants

-        Consommation élevée (14,5 litres aux 100 km)
-        Comportement sautillant à vide

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