BORNES ÉLECTRIQUES

                 Le journal d’un récit fictif (une histoire tirée de l’imaginaire de Bruno Laliberté)  
                                  
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                 Le vol étrange des bijoux de la Duchesse de Robertaille. FINALE             

… « j’me su piqué le bout du doigt sur un clou qui dépasse en dedans du trou, mais j’ai trouvé ce que l’on cherche. »  Il a sorti un sac de plastique contenant une nouvelle feuille. L’inspecteur Binette s’est essuyé le bout du doigt ensanglanté avec un mouchoir et a remis à l’inspecteur Martinbeau le sac. Celui-ci l’a ouvert et en a entrepris la lecture, pendant que Georges Binette se plaçait un diachylon sur son doigt : « Non, mais on en a marre de ces énigmes à la fin! Alors, allons-y quand même : formez un triangle en utilisant les trois points suivants; la rue Pasteur, la rue Fréchette et la première étoile de la poignée de la Grande Ourse. En liant ces trois points vous trouverez l’emblème du Canada, devant et sous celle-ci se cache la fin de votre quête. »   « Ça ben l’air qui va falloir revenir c’soir, parce que la Grande Ourse est dur à voir de jour.

On va t’y souper, réponds l’inspecteur Binette en ingurgitant trois jujubes. Après le souper, une fine pluie c’est mis à tomber ce qui a annulé leur plan et ainsi de suite les deux soirs subséquents, mais le quatrième soir était clair et étoilé. Un coup le triangle formé, le seul point d’intérêt était un érable rabougri loin au fond du champ. Les deux inspecteurs ce sont regardés et ont criés en chœur : « La feuille d’érable! » et l’inspecteur Binette a ajouté : «Et pour aller sous ce sigle le magot est enterré devant cet érable. Lampes de poche à la main, ils ont observé le sol pour y découvrir qu’un morceau de tourbe avait été découpé et replacé. Directement sous ce morceau, emballé dans un sac-poubelle vert une boite cartonnée contenait tous les bijoux dérobés à la duchesse de Robertaille, avec le message suivant encore en découpures de journaux : « Le jeu se termine ici, car ce n’était qu’un jeu. » L’inspecteur Martinbeau visiblement très contrarié s’exclame : « Mais ils se prennent pour qui? S’il croit vraiment que cette enquête est finie; ils se foutent un doigt dans l’œil. »   « Bon, bon, dit l’inspecteur Binette en utilisant sarcastiquement une piètre imitation d’un accent français. On va dormir la d’su ce soir et demain on complètera le tout. Avant une autre nuit à l’hôtel, un bon café fera du bien et on pourra comparer nos notes. « D’accord » a répondu l’inspecteur Martinbeau sur un ton moins frustré.           

     Le lendemain matin, aux quartiers généraux de la police de Sherbrooke, Martinbeau et Binette, devant une table de conférence remplie de papiers et de différentes preuves, discutaient un café à la main :   «J’ai, finalement, reçu toutes les composantes de preuve me permettant de retrouver les auteurs de ce vol étrange, a commencé par dire l’inspecteur Binette. Certaines de mes démarches ont déjà porté leurs fruits.

     Commençons par la présence des deux filles dans cette histoire; ce sont les blondes de nos voleurs. Elles se sont rendues à St-Johns en auto pour rencontrer leurs copains lors de leur transfert. Après vérification, j’ai su que les passagers sont passés aux douanes Canadiennes à St-Johns et que la dernière partie du vol n’est qu’un vol intérieur, c’est ainsi que les filles se sont retrouvée sur le vol et que nos voleurs ont peut bifurquer de route pour revenir chez eux. Par la connaissance du quartier, j’ai aussi déduit que ces dames sont natives de Sherbrooke : avec l’aide des enfants, nous avons pu avoir une bonne description et en ajoutant le fait que l’une d’elles avait probablement une plaie au doigt de par le sang séché sur le sac de la dernière énigme. Hier, elles ont été retrouvées et interrogées, nous fournissant certaines pièces manquantes de casse-tête. Nos deux apprentis voleurs étaient en été sabbatique qui s'est transformé en voyage d’horreur et qui les a poussés, à la suite d’un manque d’argent, à avoir cette idée étrange, dont le seul but était d’obtenir les fonds nécessaires pour revenir au pays. La mise en scène des énigmes me prouve qu’ils ne voulaient pas conserver les bijoux.   « Mais comment, par Dieu, ont-ils pu rendre les bijoux ici sans qu’ils ne soient détectés à la douane! »   « Cà cher inspecteur, a dit Binette en lançant un jujube dans sa bouche tout en en offrant un à son confrère, c’est la science qui nous aide. J’ai fait analyser la boite qui contenait les bijoux et grâce aux renseignements, je peux vous dire qu’un service de courrier a fait parvenir ce paquet aux filles pour qu’elles puissent le cacher à l’endroit préalablement très bien planifié.           

     Nos messieurs de leur côté, de par leur forme physique n’on fait penser à des étudiants en activités sportives. Nous avons appris qu’au cours de leur voyage ils avaient rencontré la duchesse par hasard alors qu’elle magasinait et ils ont remarqué qu’elle payait tout comptant et qu’elle transportait un gros montant d’argent sur sa personne. Cette rencontre a fait mijoter l’idée du vol. Nous avons aussi appris que demain nos deux voyageurs seront de retour au bercail et qu’un comité d’accueil les attendra.
         
     Par contre, aucun des participants de cette aventure n’ont de dossiers judiciaires et que la tache de ce vol, simplement une mauvaise idée pour se sortir d’un pétrin interminable, pourrait ruiner leur carrière. Inspecteur Martinbeau, je vous demande donc, de par vos relations diplomatiques de faire en sorte de convaincre la duchesse de laisser tomber les charges contre ces jeunes. Quand pensez-vous?   « Vous êtes bien compatissant, Georges. Je ferai des appels, mais sans rien vous promettre. »           

     Le lendemain, après l’arrestation des deux suspects, ils sont en présence des inspecteurs pour se faire annoncer par l’inspecteur Martinbeau : « Votre jeu d’enfant n’a pas fonctionné, mais étant donné vos aveux et les faits entourant cette affaire, j’ai réussi à retirer les charges portées contre vous et d’obtenir le pardon de la Duchesse, à la condition que vous ne recommencerais jamais un stunt pareil. Je vous accorde l’ingéniosité, mais l’illégalité l’emporte sur celle-ci! »           

     Le tout se termine par un soupir de satisfaction des deux couples en présence et par une tournée de jujubes qui fit sourire tout le monde.      

À LA PROCHAINE                                   

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