Le domaine de la transcription (l'adaptation d'une composition pour un ou plusieurs instruments) ne date pas d'hier. Dans le domaine de l'opéra, la plupart des grands airs ont eu droit à au moins une transcription, souvent écrite pour le clavier. Le Trio Hochelaga nous propose, dans son nouvel album « L'Opéra concertant » sur ATMA Classique, d'explorer la musique peu connue du compositeur suisse Ernest Alder (1853-1904).

Redécouvrir 7 œuvres
 
Anne Robert (violon), Paul Marleyn (violoncelle) et Stéphane Lemelin (piano) nous proposent de redécouvrir 7 œuvres parmi les plus connues du répertoire lyrique, dont Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns et Werther de Jules Massenet.
 
Chaque pièce dure environ une dizaine de minutes; 10 minutes, c'est quand même long pour un air d'opéra, je vous le concède. En fait, ces transcriptions ne sont pas des réductions fidèles à 100 % de l'œuvre. Il s'agit plutôt de pots-pourris. Je sais que ce mot a une connotation négative pour plusieurs mélomanes, mais ici, il ne faut pas voir ça d'un mauvais œil. En effet, Alder s'est inspiré de plusieurs passages d'opéras pour concevoir, chaque fois, une œuvre unique.
 
Par exemple, dans sa transcription de Mignon, on peut entendre le chant du violoncelle évoquant le fameux air de Connais-tu le pays où fleurit l'oranger?, ainsi que la polonaise tout aussi célèbre Je suis Titania la blonde.
 
Pour en finir avec les préjugés
 
Je dois quand même avouer qu'avant d'écouter ce disque, je n'étais pas certain de la qualité des transcriptions. Je dois dire que j'avais quelques préjugés dans ce domaine. Heureusement, dès les premières minutes, j'ai été conquis et mes doutes se sont dissipés.
 
Il est important de mentionner que chacune des 7 œuvres au programme a bénéficié d'un travail solide d'écriture. Comme dans beaucoup d'œuvres du répertoire romantique, il y a des temps lents et des temps plus rapides. En effet, on nage souvent entre lyrisme, danse et chant. C'est souvent de toute beauté. On pourrait presque dire que chaque transcription est un peu une synthèse de son opéra.
 
Par ailleurs, vous n'êtes pas obligé d'avoir déjà entendu les opéras en question pour avoir du plaisir en écoutant ce disque. L'une des transcriptions s'inspire de Les Huguenots de Giacomo Meyerbeer. On comprend aisément que ce n'est pas tout le monde qui a eu la chance d'assister à une représentation de cet opéra de près de 4 heures.
 
Un trio en pleine forme
 
Le Trio Hochelaga est encore une fois en pleine forme dans cet enregistrement. Il faut dire qu'il a été fondé il y a plus de 10 ans déjà, soit en 2000. Depuis tout ce temps, les trois musiciens ont appris à se connaître et ont créé des liens solides entre eux. Dès les premières minutes d'écoute, on est surpris par cette harmonie si grande entre le piano, le violon et le violoncelle.
 
Je pense que les œuvres qui figurent sur ce disque ont été bien choisies. Dans un premier temps, elles permettent de découvrir ce compositeur presque tombé dans l'oubli et, dans un deuxième temps, d'apprécier la sonorité exceptionnelle de cet ensemble québécois. 
 
Verdict
 
Avec son nouvel album L'Opéra concertant, le Trio Hochelaga sort des sentiers battus et nous propose des œuvres que l'on a rarement entendues. Grâce à une solide interprétation, le groupe québécois nous permet d'apprécier ces petits joyaux qui n'auraient peut-être pas dû tomber si facilement dans l'oubli. Bref, c'est un CD que je recommande à ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'opéra, ainsi qu'à la musique de chambre.

Cote : 4 étoiles sur 5

Pour plus d'informations sur cet album, consultez la page d'ATMA Classique

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