Il y a plusieurs façons d'exprimer une même idée et les expressions y contribuent. Qui ne connaît pas cette expression colorée du répertoire québécois qui demande à une personne de se taire en prononçant le fameux « ferme ta boîte! »? Mais peut-être ne savez-vous pas d'où cette formulation nous provient? Lisez ceci si vous voulez en savoir davantage.

Se la fermer…
Évidemment, les expressions pour dire à quelqu'un de se la fermer dans la langue canadienne-française (au Québec, en Ontario et ailleurs au Canada français) sont nombreuses et en général assez claires. On entend fréquemment des choses comme « ferme-la! » en parlant bien sûr de la bouche. Il y a aussi « ferme ta trappe » ou le très cru « ferme ta yeule » ou tout simplement « ta yeule! » (ta gueule en joual). Mais l'expression qui nous intéresse dans cet article est tout aussi colorée. Dire à quelqu'un de se « fermer la boîte » est clair comme de l'eau de roche…

Vos boîtes!!!
Il faut remonter au XIXe siècle, avec l'apparition d'une des inventions les plus marquantes de notre époque, pour trouver les racines de cette expression typique. C'est en effet avec l'invention du téléphone que va se développer une série d'expressions modernes dont celle de « fermer sa boîte ». Les premiers appareils téléphoniques n'étaient ni plus ni moins qu'une boîte de bois qui contenait un cornet pour l'écoute de l'interlocuteur et un microphone dans lequel on devait parler bien fort. La voix était acheminée via des fils jusqu'à une centrale téléphonique où une opératrice effectuait les bons branchements entre deux abonnés.

À la campagne, jusqu'à encore assez récemment (j'ai connu ça dans ma jeunesse), les gens d'un même rang pouvaient être jusqu'à une dizaine de clients branchés sur la même ligne téléphonique, ce qui faisait que tout le monde entendait le téléphone sonner dès qu'un appel était logé chez un de ceux-ci. Mais comment faire pour éviter que tout le monde réponde en même temps tout le temps? Il y a avait une sonnerie spéciale pour chacun. Chez nous, à Sainte-Edwidge, notre sonnerie était un grand coup-un p'tit coup-un grand coup… Génial non? Mais il arrivait que des écornifleux écoutaient les conversations « privées » des voisins. On demandait alors aux curieux de fermer leur boîte (téléphonique) en raccrochant le cornet. Ferme ta boîte signifiait au départ de cesser d'écouter pour graduellement changer de signification pour dire d'arrêter de parler!

On raconte aussi que lors de la Première Guerre mondiale, dans le R22R (Royal 22e Régiment), les officiers et sous-officiers, pour faire taire leurs gars, employaient une version écourtée et tout aussi directe : « VOS BOÎTES!!! » C'est presque respectueux!

À l'ère du cellulaire
Le téléphone a bien sûr évolué, s'est raffiné jusqu'à devenir l'espèce d'ordinateur de poche qu'on connaît aujourd'hui. Par contre, les expressions liées aux premiers temps du téléphone demeurent dans notre langage quotidien. On n'a qu'à penser au célèbre « Allô » qui aurait été prononcé lors des premiers tests sur les téléphones et avec lequel on commence toutes nos conversations téléphoniques. Même si on a un téléphone intelligent, on « décroche » et on « raccroche » quand même le téléphone, etc. Et si quelqu'un parle sans arrêt mais que vous voulez demeurer un tant soit peu poli, un « ferme ta boîte » est quand même mieux qu'un « ta gueule! », n'est-ce pas?

Liens :
http://pages.videotron.com/micpreno/ferme%20ta%20boite4.htm
http://www.rpfo.ca/fr/Capsules_134/Ferme-Ta-Boite_380
 

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