Une fois, j’écoutais une émission de La Semaine verte dans laquelle on interviewait le propriétaire d’une compagnie qui construit des maisons préfabriquées. Dans son entrevue, la personne avait dit une phrase qui m’a marqué à tout jamais : « Du moment que tu peux mettre une maison dans un container, tu peux l’envoyer à l’autre bout du monde ». C’est simple et vrai comme concept, mais considérez-vous les implications que cela comporte? Envoyer une maison complète par bateau en Afrique, en Inde ou dans n’importe quel autre pays… Wow.
 
L’usine dans un conteneur
 
Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas de maisons préfabriquées, mais d’un autre produit qu’une entreprise a mis dans un conteneur. La compagnie Re:char a mis au point une usine portative dans un conteneur. Cet atelier de fabrication peut donc être envoyé partout dans le monde par bateau et dans les patelins les plus reculés par camion. Dans le conteneur se trouvent :
 
-         une table de fraiseuse (machine CNC) d’une dimension de 4 pi x 4 pi x 6 pi capable de recevoir une tête torchère à plasma pour le métal ou une tête de toupie pour le bois;
 
-         des panneaux solaires, des batteries qui génèrent assez d’énergie pour alimenter l’ordinateur de l’atelier ainsi que les petits outils;
 
-         une génératrice pour alimenter le tout pendant que la CNC et les soudeuses fonctionnent;
 
-         des transformateurs afin de pouvoir se connecter à n’importe quel réseau électrique;
 
-         des torches à plasma ainsi que des machines à souder au MIG/TIG et oxygène;
 
-         une imprimante 3D;
 
-         un ordinateur et tous les logiciels requis pour faire imprimer les modèles 3D;
 
-         quatre caméras et un enregistreur numérique pour garder des souvenirs des projets.
 
Personnellement, je trouve que c’est une petite révolution de pouvoir exporter un atelier complet qui est fonctionnel et indépendant. Il peut fonctionner à partir de l’énergie solaire, électrique ou fossile.
 
RE:CHAR
 
La raison première pourquoi la compagnie a décidé de concevoir ce projet était pour que les pays du tiers-monde puissent produire eux-mêmes les autres produits qu’offrent RE:CHAR. En fait, le but premier de cette entreprise est d’offrir des moyens de convertir la biomasse en charbon biologique, aussi connu comme Biochar. L’origine de la biomasse importe peu; il peut s’agir de restants agricoles (ex. : les plants de maïs une fois l’épi enlevé) ou même de restants humains. En gros, ce sont des barils qui, grâce à la pyrolyse, réduisent les déchets en charbon.
 
Le système qu’ils ont nommé Climate Kiln utilise un baril de 55 gallons standard auquel on attache le couvercle conçu par RE:CHAR. Ce couvercle fait en sorte qu’aucune émission de CO2 ne s’échappe du baril, ce qui rend cette technique très propre pour l’environnement. C’est ce couvercle qui doit être conçu dans l’atelier portable qui vit dans un conteneur.
 
Donc, je reprends ma phrase du début mais je l’adapte : « Du moment que tu peux mettre une manufacture dans un conteneur, tu peux changer le monde ». C’est ce genre d’initiatives qui peut avoir un impact réel sur notre société. Évidemment, j’espère que le tout ne coûtera pas 50 millions de dollars, sans quoi ça risque d’être une belle initiative qui n’ira nulle part…
 
Source : re-char.com

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