Dans cette série d’articles sur les véhicules que l’on peut admirer au musée Mercedes-Benz de Stuttgart, en Allemagne, voici le Benz trois tonnes 1912, un camion qui célèbre cette année ses 100 ans. Quelle façon de commencer l’année 2012! Le timing, comme le disent nos amis anglophones, ne pouvait mieux tomber. Après tout, on ne devient pas centenaire chaque année.

Devant ce camion au musée, je suis resté cloué sur place. C’est peut-être parce que je suis historien de formation, mais lorsque je me retrouve en présence d’un produit aussi âgé, je fige. Je me suis tellement attardé près de ce camion que j’ai perdu le groupe avec lequel j’étais; ça vous donne une idée.

Près de lui, j’essayais de m’imaginer le quotidien des gens qui l’utilisaient. J’en ai encore des frissons.

Ce qui m’a surtout frappé, c’est l’immense fossé qui sépare la conception des véhicules d’alors, les premiers de l’histoire de l’automobile, et ceux d’aujourd’hui, de conception tellement moderne qu’on en oublie les origines.

Le Benz trois tonnes nous rappelle à l’ordre.

Autre époque

Pour vous donner une idée, sa transmission est à chaîne et il roule sur des pneus en caoutchouc solide. Quant à son moteur à quatre cylindres, il fonctionne à l’essence conventionnelle; Carl Benz travaillait à ce moment au développement d’un moteur diesel.

Pour en revenir à la mécanique de ce Benz trois tonnes, sa taille était immense pour un moteur à quatre cylindres, soit 6,4 litres ou 394 pouces cubes. Il produisait l’incroyable puissance de 45 chevaux à 1200 tr/min et pouvait atteindre la vitesse affolante de 25 km/h; de quoi terroriser les vaches dans les pâturages!

Vous remarquerez aussi que le camion ne porte que le nom Benz. Ce n’est que plus tard que Carl Benz et Gottlieb Daimler vont fusionner leurs deux entreprises pour former le groupe Daimler, puis seulement vers la fin des années 20 qu’une première voiture portera le nom de Mercedes-Benz. 

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