On peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres et aux études. Du moins, c’est ce que m’ont répété de nombreux professeurs lorsque j’étais à l’université. Malheureusement, je dois souvent leur donner raison. Tapez un sujet sur Google et vous verrez une quantité astronomique d’études douteuses aux résultats insipides apparaître sur votre écran.

La plus récente d’entre elles provient de la Florida Atlantic University et de l’Online Privacy Foundation. Avec la collaboration de 3 000 sujets desquels on a analysé des « tweets » de même qu'un questionnaire préalablement rempli, ces institutions en sont venues à la conclusion que de simples mises à jour de votre statut sur Twitter peuvent permettre de diagnostiquer des tendances psychopathiques dans votre for intérieur. Ainsi, « twittez » des mots tels que « mourir », « enterrer » ou « tuer » et cela laisse des signes qu’un beau psychopathe sommeille en vous. Les tenants de l'étude déclarent que 1,4 % des sujets étudiés ont des traits s'apparantant à la psychopathie.

Les chercheurs soulignent toutefois que leurs résultats peuvent ne pas être tout à fait exacts. C’est une affirmation qui fait beaucoup de sens parce que cette étude est du beau gros n’importe quoi.

La psychopathie est un état que je connais bien, non pas parce que j’en suis porteur, mais bien parce que j’ai étudié ce concept en profondeur durant mes études. J’ai suivi un cours de 45 heures portant uniquement sur ce sujet, en plus d’autres cours qui ont touché à cette problématique. Pour affirmer que quelqu’un est psychopathe ou même pour déterminer que cette personne a des traits psychopathiques, il faut la rencontrer lors de multiples entrevues afin de déterminer si elle possède certains traits de personnalité. Puis, il faut prendre ces traits et les reporter sur le PCL-R, une échelle standardisée connue de nombreux criminologues et psychiatres, et qui comprend une vingtaine de points, allant de l’absence de remords jusqu’à la proximité sexuelle (pour en savoir plus, cliquez ici). Si la personne cote assez haut sur cette échelle, elle peut être considérée comme psychopathe.

Bref, on est loin des petits « tweets » quand on parle de traits psychopathiques, encore plus à une époque où on cherche l’attention en lançant des mots percutants pour avoir le plus grand nombre de vues, être « retwitté » ou pour que son statut soit aimé. La personnalité d’une personne n’est pas toujours conforme à la réalité sur le Web tant il est facile d’être plus hargneux et dur dans ses propos derrière un écran d’ordinateur.

À croire que certains chercheurs produisent des études simplement pour justifier leurs subventions…

Photo : presse-citron.net

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