BORNES ÉLECTRIQUES

Réalisez-vous que le bon vieux Rod n'avait pas offert de matériel original, écrit de sa main depuis « Vagabond Heart » en 1991? Que sa métamorphose en « crooner » avec les Great American Songbook a été si efficace que plusieurs en avaient oublié qu'il fut jadis un rocker, une star de la pop? Maintenant âgé de 68 ans, M. Stewart redevient lui-même, retrouve la plume et, avec un brin de nostalgie, propose l'album « Time ». Après une si longue pause créative, a-t-il toujours la touche magique?

Oui et non. Ce n'est pas clair, hein? Expliquons un peu... 

Pourquoi oui?

Simplement parce qu'on ne l'a pas senti si engagé dans un projet musical, aussi perfectionniste, depuis longtemps. Il voulait bien faire les choses et livrer un bon album. Mélodiquement, c'est très réussi et ça plaira à ses fans des années 70 à aujourd'hui. Bon, c'est un brin surproduit, mais ce n'est rien qui agace. Les mélodies sont fortes, entraînantes et vous restent dans la tête. Vocalement, c'est Rod Stewart, point à la ligne. Non, en fait, mentionnons que sa voix est plus sereine, il semble bien.

Pourquoi non?

Bien là, disons qu'il y a deux choses qui ressortent de façon plus importante. Il y a les paroles des chansons, trop faciles, trop inégales. C'est clair que Rod n'a jamais été le gars le plus songé au niveau des textes, mais on a connu mieux. Autre chose, sur chaque disque (ou à peu près), Rod Stewart a toujours été en mesure de livrer un éventuel classique ou à tout le moins, un incontournable de son catalogue grandissant. Pas cette fois.

Alors maintenant, on apprécie ou pas?

On apprécie, car les chansons ne sont pas mauvaises, loin de là, et le disque s'écoute bien dans son ensemble. Sans compter nécessairement de bombes, il n'y a pas non plus d'horreurs. C'est du bon rock à saveur acoustique, avec plusieurs ballades sirupeuses. On ne criera pas au génie, mais les morceaux suivants sont les plus réussis : She Makes Me Happy, It's Over, Brighton Beach, Beautiful Morning et celle que je vous recommande, Can't Stop Me Now, qui n'est pas sans rappeler l'époque Out Of Order (1988). Mentionnnons que toutes les plus fortes se trouvent en début d'album, mais que la suite s'écoute aussi très bien, même si elle est un peu moins substancielle.

Conclusion

Ce qui est bien, et même plutôt réconfortant, autre que sa voix, c'est que Stewart a repris la plume, qu'il retrouve sa créativité pour remettre sa carrière et sa musique originale à l'avant-plan. Non pas que d'écouter les chansons préférées de grand-papa était plate, mais ça fait du bien de voir qu'il a encore du bon matériel à offrir. C'est ce qui, au bout du compte, va prolonger sa carrière et son plaisir de faire de la musique. C'est ce désir de création qui le portera sur scène et qui renouvellera l'intérêt de son public pour encore au moins une autre décennie... N'est-ce pas Rod?

Note : 7,5 sur 10

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