BORNES ÉLECTRIQUES

Avec la venue de la période estivale vient bien sûr la saison de la crème solaire. Déjà, dans les médias, on nous vante ses bienfaits et l'importance de son application lors de l'exposition prolongée au soleil. Toutefois, certains lancent des cris d'alarme quant à son utilisation. Faisons la lumière sur le sujet!

La crème solaire se veut être une protection pour la peau contre les rayons UV (ultraviolets) du soleil. Ce sont ces rayons qui causent les coups de soleil et l'augmentation des risques de cancer de la peau. Il existe différentes forces de crème solaire, qui sont indiquées par le facteur de protection solaire sur les bouteilles, ou FPS. Par exemple, une crème avec un FPS de 15 signifie qu'elle peut protéger pour environ 150 minutes d'exposition.

Il existe deux grandes catégories de rayons UV : les UVB et les UVA. Les UVB sont responsables des coups de soleil, tandis que les UVA pénètrent plus profondément dans la peau et sont responsables du vieillissement cutané photo-induit et des mutations cancéreuses. Or, sur le site de Santé Canada, on nous explique bien que le FPS ne protège que contre les UVB. Ainsi, nous sommes protégés des coups de soleil mais non des risques de cancer.

Les fabricants de crèmes solaires ont donc concocté des formules à large spectre pour bloquer également les UVA (cela doit être mentionné sur la bouteille). Pour ce faire, on doit intégrer plusieurs composants chimiques et métaux, et chacun est responsable de bloquer une certaine longueur d'onde. Certains affirment que ces mixtures pourraient être toxiques pour l'organisme et qu'au contact du soleil se produit une photodégradation de certaines molécules, entraînant leur désactivation.

Si les rayons UV correspondent à 4 % de tout le rayonnement solaire, le rayonnement proche infrarouge représente 47 %. En entrant en contact avec la peau, il détruit le collagène et l'élastine de la peau, et ainsi induit un vieillissement. Les crèmes solaires ne bloquent pas ces rayons.

Des études ont avancé plusieurs effets néfastes de certains composants des crèmes solaires. Certaines de ces molécules seraient des perturbateurs endocriniens, ou hormonaux, comme le benzophénone-3. On retrouve ces molécules dans le sang et même parfois dans le lait maternel. Le site de l'émission Légitime dépense va presque jusqu'à suggérer de choisir une crème sans ces molécules. D'autres molécules, par exemple les oxydes métalliques comme le dioxyde de titane et de zinc, endommagent l'ADN.

Et dans tout ça, est-ce que la crème solaire protège contre le cancer de la peau? Une étude australienne serait venue à la conclusion que l'application quotidienne réduirait de 50 à 73 % les risques de mélanome. Toutefois, l'étude était financée par L'Oréal et les résultats ont été un peu remis en question. Épidémiologiquement parlant, les cancers de la peau ont explosé depuis les années 60, et ce, même si les lotions solaires sont apparues. Dans un article de 2008, des chercheurs ont suggéré que les crèmes solaires qui n'absorbent que les UVB ne prévenaient pas les cancers de la peau.

Comment se protéger alors? Premièrement, faire confiance à notre protection naturelle : notre peau. Limiter notre exposition, surtout lorsque le soleil est à son plus fort (11 à 15 h). Deuxièmement, manger des aliments riches en antioxydants qui servent à combattre les effets du solaire. En attendant plus d'études, utilisez des crèmes bio et le GBS (gros bon sens!).
 
- Dr Elizabeth Plourde. « Crèmes solaires : comme un poisson dans l'eau », Nexus, juillet/août 2012, no 81.
- http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=cancer-de-la-peau-creme-solaire-est-elle-suffisante-pour-prevenir_20110225
- http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/life-vie/sun_soleil-fra.php

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