Il n'y a pas si longtemps, un lecteur d'Affaires de gars a commenté un de mes textes en disant qu'il trouvait difficile de lire les chiffres romains que l'on retrouve très souvent dans les ouvrages à caractère historique. Il est vrai que ce n'est pas toujours évident de lire les chiffres romains (même pour moi... je dois calculer dans ma tête pour obtenir le bon nombre). Je vais vous expliquer comment lire les chiffres romains et dans quelles circonstances nous les utilisons. J'espère, M. Richard Petit, que ce texte vous réconciliera avec ce mode d'écriture des chiffres.

D'où viennent les chiffres romains?
L'origine exacte de la numérotation romaine est très ancienne et celle-ci serait elle-même dérivée de la numérotation étrusque. Les historiens s'entendent généralement pour reconnaître que l'origine des symboles, ou lettres, qui représentent des nombres, est très ancienne (voire antérieure à l'écriture elle-même!) et qu'elle serait liée à une façon dont les bergers comptaient leurs moutons à l'époque. Ils auraient utilisé des bâtons ayant des encoches, chacune représentant un mouton. À chaque mouton compté, le berger glissait son ongle sur le bâton d'une encoche et quand il en avait compté quelques-uns (généralement 5, ou le nombre de doigts dans une main), il gravait un repère, une ligne plus prononcée. L'unité, ou chiffre un en romain, s'écrivant « I », 5 x 1 correspondait à une barre plus un repère… le « V » étant une barre et un repère fondu… Pas facile, mais ça explique le choix de ces lettres. Lorsqu'on achète une règle aujourd'hui encore, chaque mesure est une encoche avec un repère aux 5 mm!

Du romain à l'arabe
Les chiffres romains furent utilisés durant tout l'empire romain et une partie du Moyen Âge. Cependant, très tôt on se rendit compte des limites de ce système, notamment en science et en mathématique. Il était ardu, voire presque impossible de calculer avec des chiffres romains. Il fallait avoir recours à des abaques, sortes de machines à calculer. Aussi, les mathématiciens occidentaux se tournèrent lentement vers les chiffres arabes (qui sont un dérivé en fait des chiffres indiens), ces derniers surpassant de beaucoup l'ancien système en matière d'efficacité et de rapidité des calculs. Il commença à s'implanter en Europe grâce aux conquérants arabes en Espagne vers le VIIIe siècle.

Utilisations modernes
Malgré l'incontestable supériorité du système décimal des chiffres arabes, les chiffres romains sont encore largement utilisés par convention dans plusieurs domaines. Comme M. Petit l'a fait remarquer, on l'utilise pour noter les siècles ou les millénaires, comme « XXe siècle » ou « IIIe millénaire ». On retrouve aussi les chiffres romains sur les cadrans d'horloges ou de montres. Si vous avez le sens de l'observation, vous verrez que souvent, le quatre est écrit « IIII » sur les horloges au lieu de « IV ». Il s'agit d'une exception purement esthétique…

Puis, les chiffres romains servent aussi dans l'identification des souverains comme Louis XIV, Benoît XVI ou Ramsès II. Vous avez sans doute remarqué également qu'à la fin d'une émission de télé ou dans un générique de film, l'année de production est écrite en chiffres romains.

Ce sont toutes des utilisations modernes de ce système de chiffres (et il y en a d'autres : chapitres de livres, plans cadastraux, etc.). Gageons que nous ne sommes pas à la veille de voir sa disparition à court terme dans notre vie quotidienne. Aussi, pour le bénéfice de tous, voici un tableau (voir mes images) qui donne la valeur de chaque symbole afin de démystifier les chiffres romains. Pour apprendre à lire et à écrire ces chiffres, consultez les liens ci-dessous.

Bonne lecture!
Liens :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Num%C3%A9ration_romaine
http://www.recreomath.qc.ca/am_romains_c.htm

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