BORNES ÉLECTRIQUES

Francis Ford Coppola est l'un des plus grands noms du cinéma américain. On le connaît surtout pour des productions d'envergure comme « Apocalypse Now » et « Le Parrain ». Ces dernières années, le vénérable réalisateur a abandonné les méga-productions pour se concentrer sur de plus petits films, plus personnels. Voici donc « Twixt », le dernier volet d'une trilogie réalisée sans aucune aide de grands studios et débutée en 2007. Est-ce du grand Coppola?

Un écrivain sur le déclin
 
Hall Baltimore (Val Kilmer) est un écrivain dont le succès est sur le déclin. Il est surtout connu pour avoir écrit des romans sur les sorcières. Un beau jour, il s'arrête dans une petite ville pour faire la promotion de son livre. Là, il y fait la connaissance du shérif local, Bobby LaGrange (Bruce Dern), qui lui apprend qu'une jeune fille a été assassinée. Il l'invite même à aller la voir à la morgue. Drôle de policier…
 
Grave erreur, puisque dès qu'il voit le corps de la fillette sans vie, il est bouleversé. La jeune fille ne va cesser de hanter ses rêves. Chaque nuit, l'écrivain, qui a récemment lui-même perdu sa fille dans un accident de bateau, va, en effet, rêver d'un monde imaginaire. En plus de croiser la fille assassinée, il va discuter avec nul autre que Edgar Allan Poe (Ben Chaplin), qui l'aidera même à écrire sa prochaine histoire. Que pourrait demander de plus un romancier?


 
Entre rêve et réalité
 
L'intérêt de Twixt réside surtout dans les scènes fantastiques. Visuellement, elles nous apparaissent sorties tout droit d'un autre univers. Souvent en noir et blanc, les images sont sombres et parfois lugubres. Les personnages que Hall rencontre sont aussi fort étranges. Ils font ou disent des choses qui semblent n'avoir, la plupart du temps, aucune logique.
 
Si, au début, on peut facilement faire la différence entre le rêve et la réalité, Twixt nous réserve quelques belles surprises, surtout vers la fin du récit. Coppola (qui signe également le scénario) ne se gêne pas pour s'amuser avec notre esprit. À un certain moment, il nous joue des tours; ce qu'on croit être la réalité est la fiction et vice-versa.
 
Val Kilmer porte littéralement le film sur ses épaules. Sa prestation n'est pas la plus mémorable ni la plus charismatique de sa carrière, mais il arrive tout de même à bien incarner un homme fragile qui a été éprouvé par la vie et qui est en plein questionnement existentiel.
 
Les autres acteurs sont corrects, mais les personnages qu'ils interprètent ont souvent peu d'intérêt.
 
Avec une durée de 1 h 28, le film coule très bien; il n'est ni trop long ni trop court.
 
Verdict
 
Sans doute l'une des œuvres les plus énigmatiques de Coppola, Twixt est un long métrage qui, sous ses aspects de film à petit budget, dérange. Pas au point de ressembler à une création de Lars von Trier, mais juste assez pour sortir le cinéphile de son train-train quotidien.
 
Cote : 3,5 étoiles sur 5
 
Twixt est présenté en exclusivité au Cinéma du Parc à partir du 5 juillet 2013. 

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