Et si Hitler ne s'était pas suicidé comme on nous l'a laissé croire? Et si tout cela n'était en fait qu'une mascarade orchestrée par son état-major? C'est ce qu'a voulu explorer la série de bandes dessinées « L'apogée des dragons ». Le deuxième tome, intitulé « Le Calice de Thulé », est maintenant arrivé chez les libraires. Que vaut ce nouveau chapitre?

C'est la fin de la guerre… vraiment?
 
Bien que se déroulant en 1945, juste après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, cette œuvre de Corbeyran (scénario), Denis Rodier (dessin) et Cristina Toniolo (couleurs) commence par un prologue nous présentant une bataille survenue il y a plus de 500 ans et mettant en scène une malédiction et un mystérieux bâton.
 
Évidemment, cela ne prendra pas beaucoup de temps avant que l'on se rende compte que ce bâton aura une importance capitale sur le récit. D'ailleurs, il faut aimer les artefacts, car ce récit en contient quelques-uns. Heureusement, ils sont tous assez bien présentés et ont tous une réelle utilité. Ce ne sont pas que de vulgaires jouets.
 
Après le court prélude, on retrouve notre petit groupe d'amis, composé notamment de l'ancien SS et archéologue Ernst Shäfer et d'Eva Wilson. Avec l'aide de l'Ordre des Dragons, ils vont devoir arrêter les plans d'Hitler. Ils ont appris que celui-ci s'était allié à l'étrange société de Thulé et qu'il souhaite boire bientôt le calice d'immortalité qui lui ferait devenir le maître de Thulé. On se doute que cela n'apporterait rien de bon à l'humanité. En fait, si ses plans se réalisent, le Führer pourrait plonger le monde dans des évènements bien plus tragiques que la Deuxième Guerre mondiale. Bref, le sort du monde est entre les mains de nos héros.
 
Un univers vaste
 
En tant que tel, le scénario du très prolifique Corbeyran (qui a collaboré récemment à Châteaux Bordeaux) comporte quelques clichés (le happy end m'a un peu dérangé), mais a le mérite de nous présenter un univers convaincant, original et détaillé.
 
L'histoire elle-même est divertissante. Les scènes d'action s'alternent bien avec les séquences un peu plus calmes. On nous laisse le temps de respirer et de bien comprendre le scénario et ses protagonistes. Ce n'est pas l'album où les choses bougent le plus, mais les quelques moments spectaculaires – je pense notamment à la scène de la poursuite – sont bien mis en scène.
 
Pour bien saisir toute l'étendue ce cette nouvelle BD, il est impératif d'avoir lu le premier tome. Il serait aussi préférable d'avoir mis la main sur la série L'ordre des dragons parue également aux Éditions Soleil. Sinon, vous risquez d'être un peu déstabilisé et de ne pas bien comprendre quels sont les personnages qui ont de l'importance dans le récit.
 
Un monde sous-terrain sombre, mais assez chaleureux
 
Je ne l'ai pas encore dit, mais une bonne partie de l'action se déroule dans le monde souterrain d'Agartha. Là, on y apprend que quelques races y ont élu domicile. En fait, le peuple de Thulé est déchiré par un conflit remontant à des temps immémoriaux. Deux factions, les Atlantes et les membres de la loge de Thulé, s'affrontent pour le calice d'immortalité (le même que Hitler veut).
 
Rodier nous propose ici des illustrations plaisantes à regarder. Il faut dire qu'il a dû dessiner, en plus des personnages humains, une foule de créatures plus ou moins humanoïdes. Heureusement, celles-ci sont visuellement fascinantes (on n'a qu'à mentionner la beauté du visage apparaissant sur la page couverture) et somme toute originales.
 
Contrairement à d'autres albums, je dois avouer avoir porté une moins grande attention au décor. Comme je l'ai dit plus haut, une partie de l'action se déroule dans des cavernes. Comme on le sait, les environnements souterrains sont sombres et fades. Ici, sans grandes surprises, beaucoup de lieux paraissent ternes. Par contre, cela ne veut pas dire qu'ils sont sans importance. Même s'ils sont moins plaisants à regarder que des séries comme Elfes, on sent que le dessinateur a fait des pieds et des mains pour nous offrir quelque chose de relativement chaleureux pour ne pas nous dégoûter et pour nous encourager à poursuivre notre lecture jusqu'à la fin. 
 
Verdict
 
L'apogée des dragons – Le Calice de Thulé n'est pas la première œuvre à revisiter la Seconde Guerre mondiale. Cependant, elle le fait avec une certaine dose d'originalité, même si elle ne peut pas s'affranchir de certains clichés. Bien que l'histoire se déroule en grande partie dans un environnement terne et sombre, Denis Rodier a tout fait pour nous offrir des dessins inspirés et inspirants. 
 
Cote : 3,5 étoiles sur 5

L'apogée des dragons – Le Calice de Thulé
Corbeyran (scénario), Denis Rodier (dessin) et Cristina Toniolo (couleurs) 
48 pages
Éditions Soleil

Pour plus d'informations, consultez la page de Hachette Canada

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